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Borne reçoit les groupes parlementaires avant une session sous haute tension

Budget, retraites, énergies renouvelables : Elisabeth Borne reçoit mercredi les présidents de groupes parlementaires, conformément à sa nouvelle méthode de « concertation », pour tenter de déminer une session qui s’annonce musclée, le gouvernement ne disposant que d’une majorité relative à l’Assemblée.

Avec à ses côtés le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement Franck Riester, la Première ministre a reçu dès 08h00 les présidents des groupes de la majorité à l’Assemblée, Aurore Bergé (Renaissance), Jean-Paul Mattéi (MoDem), et Laurent Marcangeli (Horizons), et au Sénat, François Patriat (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, à majorité Renaissance).

La cheffe du gouvernement les reçoit « conformément à la méthode de concertation qu’elle porte depuis sa nomination », a précisé Matignon, en amont d’une session parlementaire qui s’ouvre le 3 octobre.

Il s’agit de « passer en revue » et « balayer » le calendrier législatif, selon plusieurs participants, notamment les premiers textes sur l’assurance chômage, les énergies renouvelables, mais aussi le budget, ou encore la sécurité intérieure (Lopmi).

Les projets de loi de budget pour 2023 doivent être examinés lundi en Conseil des ministres, alors que le gouvernement songe à présenter un amendement controversé sur les retraites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Une hypothèse qui divise la majorité.

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– « Elus pour agir » –

A sa sortie, Mme Bergé a plaidé « collégialement » en faveur d’une « décision rapide » sur les retraites, en rappelant que le président Emmanuel Macron veut les réformer en 2023. Si le gouvernement doit recourir à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote sauf motion de censure, « c’est la responsabilité des oppositions », selon elle.

Mme Borne est « à l’écoute » mais « ils sont encore en réflexion » sur la manière d’avancer sur les retraites, a rapporté M. Mattéi, qui a redit à la Première ministre l’opposition des députés MoDem à un tel amendement, même s’il approuve « la nécessité d’une réforme ». Le président du MoDem François Bayrou y voit un « passage en force ».

« Nous avons été élus pour agir, non pas pour procrastiner », a plaidé pour sa part M. Marcangeli, qui sera « au rendez-vous de la réforme », tandis que M. Patriat a souhaité « aller vite » sur les retraites, en rappelant que le Sénat, à majorité de droite, amendait chaque année le budget sur cette question.

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Un amendement, « ce n’est pas un scandale » mais « je comprends aussi qu’il y ait le temps du dialogue et que ce n’est pas une décision évidente pour le gouvernement », a estimé le président du groupe Les Indépendants au Sénat, Claude Malhuret, lui-même soutien d’Edouard Philippe.

Amendement ou pas, la question « n’est pas tranchée », a-t-il insisté à sa sortie.

– « Test » sur les énergies renouvelables –

« On veut nous faire acheter un âne dans un sac, on ne sait pas comment la question retraite va être traitée », a déploré le président du groupe communiste à l’Assemblée, André Chassaigne, qui a par ailleurs demandé un « geste fort » pour les collectivités locales, confrontées à la flambée des prix.

Son homologue au Sénat Eliane Assassi a déploré l’absence de « réponses » sur l’assurance-chômage et les retraites, réformes combattues par le PCF.

Cyrielle Châtelain, co-présidente du groupe écologiste à l’Assemblée, est arrivée sans l’autre co-président Julien Bayou, suspendu de ses fonctions après des accusations de violences psychologiques par une ex-compagne.

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Elle a réclamé à la cheffe du gouvernement une « politique à la hauteur (du) bouleversement » climatique et redit son « opposition complète » aux réformes qu’elle juge « libérales » de l’assurance-chômage et des retraites.

Son homologue au Sénat, Guillaume Gontard, a jugé « inacceptable » de faire passer une réforme des retraites dans un amendement, y voyant un « passage en force » et plaidant pour un « vrai débat parlementaire ».

Pour lui, le projet de loi sur les énergies renouvelables « sera un bon test » de la méthode d’Elisabeth Borne, pour « voir si le gouvernement est en capacité justement de rebondir sur (les) propositions » d’EELV et parvient à « trouver d’autres majorités ».

Elisabeth Borne, qui ne s’est pas encore prononcée sur les retraites, prône le dialogue dans l’espoir de bâtir des « majorités de projet ».

Mais elle n’a pas exclu le recours à l’article 49.3 pour le budget à l’automne, car « les Français ne nous ont pas demandé l’immobilisme ».

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