Le Rassemblement national a sobrement célébré ses 50 ans jeudi, lors d’un colloque à l’Assemblée nationale insistant sur le caractère « républicain » du parti, et en l’absence de son fondateur Jean-Marie Le Pen.
« Il n’y a pas de parti plus républicain que le nôtre », a affirmé la candidate à la présidentielle Marine Le Pen en conclusion de ce colloque intitulé « De l’espoir au pouvoir ».
Parlant de « mue » et d' »aggiornamento », elle a assuré que « cette refondation entamée en 2011, et qui s’est accélérée en 2017 au lendemain de la présidentielle, nous allons la poursuivre pour continuer à faire du Rassemblement national un parti de gouvernement, le parti de la grande alternance ».
« Pour autant nous n’avons pas à rougir de notre histoire », a-t-elle assuré lors de ce discours où elle a une seule fois évoqué le nom du fondateur Jean-Marie Le Pen, qui n’était pas présent au colloque.
Commentant cette absence très remarquée, Marine Le Pen a assuré à des journalistes que « notre objectif n’est pas du tout de le faire disparaitre, il a permis à ce mouvement d’exister dans des conditions pas faciles ».
Mais « chaque génération prend le relais en essayant d’obtenir des résultats qui nous rapprochent du pouvoir », a-t-elle ajouté, en précisant n’avoir « pas prévu » de se rendre à la réception organisée par son père à son domicile de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) pour les 50 ans du parti.
Jean-Marie Le Pen apparaissait discrètement dans la brochure distribuée lors du colloque, surtout sur des reproductions d’articles de presse.
« Ce n’est pas renier ses racines, sont invités aujourd’hui ceux qui sont adhérents au Rassemblement national et surtout des élus », a de son côté affirmé le président par intérim du RN Jordan Bardella, candidat à la présidence du parti.
Ce colloque était aussi l’occasion d’affirmer des ambitions gouvernementales, alors qu' »au début nous étions pratiquement une force supplétive », a rappelé le conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier.
« Nous avons réussi à imposer le tempo » de la vie politique « en imposant toutes les thématiques qui le structurent », s’est félicitée Marine Le Pen.
Un petit film, diffusé en ouverture du colloque, rappelait que « 2022 acte la fin du plafond de verre » pour un parti « prêt à exercer le pouvoir ».
Avec 89 députés élus en juin, « nous sommes au cœur des institutions », a assuré le député Laurent Jacobelli.
« Nous sommes ici chez nous, nous avons la conviction que nous allons succéder à Emmanuel Macron, l’alternance se prépare aussi ici à l’Assemblée nationale », a affirmé à des journalistes Jordan Bardella.
Le parti élira son nouveau président lors d’un congrès le 5 novembre et pour la première fois « il ne sera pas un Le Pen », a ajouté la candidate à la présidentielle, voyant là une « preuve de la grande maturité » du parti.
Egalement candidat, Louis Aliot, qui fut directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, n’était pas présent à ce colloque. Il avait « des obligations comme maire de Perpignan », selon Jordan Bardella. Mais l’entourage de M. Aliot a bien fait savoir que ni lui, si ses soutiens n’avaient été invités à prendre la parole.
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