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A Paris, tensions autour d’un campement de migrants déjà évacué deux fois

Migrants transis de froid, associations démunies et riverains usés: une visite de la maire de Paris Anne Hidalgo dans un campement d’Afghans, vendredi, a fait ressurgir les tensions autour de ce lieu déjà évacué deux fois en six semaines.

Démantelé à deux reprises le 27 octobre et le 17 novembre, ce campement situé dans le nord de la capitale est à nouveau occupé par environ 300 personnes, « à 95% des Afghans » selon Paul Alauzy, chargé des questions migratoires à Médecins du monde (MdM). « C’est un cycle infernal », dit-il.

« La majorité viennent pour demander l’asile et ont fait leur demande en préfecture », précise-t-il à l’AFP. C’était déjà le cas avant les deux précédents démantèlements.

Une centaine de tentes et quelques containers transformés en abris de fortune composent ce campement installé sous le métro aérien, à La Chapelle. Quand un homme, dans une tente, met une chanson afghane sur son téléphone, la voix de la chanteuse est vite recouverte par le passage d’une rame quelques mètres au-dessus.

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« Il n’y a pas assez de tentes et de sacs de couchage pour tout le monde. Certains nous disent dormir sous des morceaux de plastique », ajoute Paul Alauzy.

Il le reconnaît: face à un grand nombre de personnes à la rue, « les aides vont aux personnes les plus vulnérables », femmes et enfants, au détriment des hommes qui occupent ce campement.

« Une situation humanitaire qui n’est pas digne », a estimé Anne Hidalgo, qui s’est rendue sur place vendredi après-midi pour une courte visite. « Nous devons trouver des solutions, nous voulons les trouver aux côtés de l’Etat ».

– « Pas d’argent, pas de toit » –

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Les « mises à l’abri » des personnes dormant à la rue relèvent de la compétence de l’Etat. Mais pour la maire de Paris, « nous sommes face à une inaction de l’Etat ».

Prise à partie par des habitants excédés par l’apparition de multiples campements dans le quartier ces dernières années, l’édile a assuré à la presse « vouloir dire aux riverains (…) que nous sommes là aussi pour régler cette situation ».

« Nous reviendrons autant qu’il le faudra », a-t-elle assuré sur Twitter après sa visite.

Les températures peuvent descendre la nuit sous 0°C et les occupants du campement témoignent de leur dénuement. « On n’a pas d’argent, pas de nourriture, pas de chaussures, pas de toit », déclare à l’AFP Mostafa (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille), arrivé en France en décembre 2021 en provenance du Parvan, une province afghane limitrophe de celle de Kaboul.

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« Quand on allume un feu, les policiers viennent nous dire d’arrêter », ajoute Abdullah Saleh, qui vient de la province du Nangarhar, frontalière avec le Pakistan. Ou l’éteindre eux-mêmes « pour des raisons de sécurité », précise Paul Alauzy.

Face au froid cinglant, les feux sont pourtant l’une des rares sources de chaleur: le soleil décline et l’un des occupants allume un brasero de fortune. Une dizaine de migrants, certains vêtus d’un simple sweat-shirt, affluent vers les flammes.

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