Un nouveau rapport souligne l’importance cruciale de l’équilibre entre les politiques d’immigration du Canada, la croissance démographique et l’intégration des nouveaux arrivants.
Les immigrants doivent être absorbés et le plein potentiel de la main-d’œuvre canadienne existante exploité, selon le rapport de la Banque TD.
Un tel équilibre est essentiel au développement économique et social durable du Canada face à l’évolution des changements démographiques.
L’an dernier, le gouvernement du Canada a tenté de remédier aux pénuries de main-d’œuvre en mettant en œuvre une multitude de politiques.
Cependant, l’augmentation du nombre de travailleurs étrangers qualifiés qui en résulte est si sans précédent qu’elle s’accompagne de préoccupations imminentes concernant les bouleversements potentiels dans d’autres segments de l’économie, tels que l’abordabilité du logement, la disponibilité des soins de santé, l’expansion des infrastructures et les plateformes de soutien social.
« Une réflexion et une estimation plus approfondies doivent être effectuées sur ce qu’est un véritable taux d’absorption de la croissance démographique », ont déclaré les auteurs du rapport Beata Caranci, James Orlando et Rishi Sondhi.
« La politique ne peut pas être uniquement axée sur les demandes perçues des employeurs, et même des établissements d’enseignement. »
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La poussée démographique du Canada
En combinaison avec plusieurs facteurs, la population du Canada a connu un boom de 1,2 million au cours des 12 derniers mois, ce qui a soutenu le marché du travail et alimenté les perspectives de croissance économique du pays.
Cette accélération de la croissance devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2023, en raison d’un afflux de résidents non permanents (RNP) sous forme de permis de travail, de permis d’études et de titulaires du statut de réfugié.
D’une part, l’année dernière, IRCC a supprimé la limite du nombre de postes à bas salaire qu’une entreprise peut combler en utilisant des travailleurs étrangers temporaires (TET) dans les industries saisonnières.
De plus, la limite des TET autorisés a été portée à 20 % de la main-d’œuvre pour les entreprises, et les entreprises des secteurs où les postes vacants sont nombreux pourraient pousser cette limite encore plus loin à 30 %.
En raison d’une combinaison des deux mesures, il y a eu une augmentation observable du nombre de postes de TET approuvés en 2022.
Le Canada accepte également un nombre important d’étudiants internationaux chaque année, dont beaucoup font partie de la population active après l’obtention de leur diplôme.
En favorisant l’admission de ce groupe démographique, un comité consultatif fédéral canadien a recommandé de doubler le nombre d’étudiants internationaux d’environ 240 000 en 2011 à 450 000 en 2022. Cependant, les établissements d’enseignement canadiens ont même dépassé ces chiffres, avec 807 000 permis d’études délivrés l’année dernière.
La dernière catégorie NPR – les demandeurs d’asile – est généralement dépendante des événements mondiaux, et donc fluctuante. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a déplacé des millions de personnes, dont plus de 1,1 million de demandes ont été soumises en vertu de l’Autorisation canado-ukrainienne de voyage d’urgence (CUAET). Parmi ceux-ci, plus de 800 000 ont été approuvés jusqu’à présent.
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Les effets de l’essor démographique du Canada
Le Canada a tiré d’importants avantages de ces immigrants. La croissance mensuelle de l’emploi a été en moyenne d’environ 40 000 depuis le printemps dernier et les postes vacants ont été maîtrisés.
Cela a également stabilisé le taux de chômage qui, sans l’immigration, serait tombé à 4,5 %.
Néanmoins, il y a eu quelques points négatifs pour le marché canadien. Il y a des signes d’une pénurie de logements, selon le rapport de la TD, qui devrait se poursuivre à mesure que la population augmente.
Ce qui doit être fait
Selon les auteurs du rapport, « la croissance démographique est une bonne chose et un remède nécessaire au vieillissement de la démographie nationale ».
Ces avantages pourraient cependant s’éroder si l’augmentation est trop rapide par rapport à la capacité du Canada à planifier et à absorber les nouveaux arrivants dans les infrastructures socio-économiques du pays.
Les politiques récentes ont eu un impact positif sur la lutte contre ces lacunes. Par exemple, les initiatives récentes visant à réduire les obstacles à la reconnaissance des titres de compétences parmi les professionnels de la santé, les ingénieurs et les autres professionnels atténuent la pression sur le secteur de la santé.
Par exemple, le College of Registered Nurses of Alberta a simplifié son processus de demande, de sorte qu’un plus grand nombre d’infirmières formées à l’étranger et vivant déjà au Canada ont commencé à postuler. Cela a réduit la pression sur le système de logement/social.
« Beaucoup peut être fait pour mieux intégrer les nouveaux Canadiens et les Canadiens existants afin que les gens puissent atteindre leur plein potentiel », ont écrit les auteurs.
« De cette façon, le gâteau économique ne fera pas qu’augmenter en taille, mais la qualité augmentera également. »



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