Un récent scandale a éclaté au Groenland, où un groupe de soixante-sept femmes, certaines âgées de seulement 12 ans au moment des faits, affirme avoir été soumis à des stérilisations forcées par le Danemark. Ces femmes demandent une indemnisation de 300 000 couronnes danoises (40 200 euros) pour les conséquences graves que ces actes ont eu sur leur vie. Si le gouvernement danois ne répond pas à leur demande, elles menacent de porter l’affaire devant les tribunaux.
L’affaire a été révélée en 2017 lorsque Naja Lyberth, la première femme à se manifester, a déclaré qu’on lui avait posé un stérilet sans son consentement lors d’un examen médical à l’école. Elle a qualifié cela de tentative de « stérilisation concertée » de la part de l’État danois. Depuis lors, près de 4 500 femmes auraient été victimes de ces pratiques imposées par le pays scandinave. Les avocats des victimes affirment que les droits humains et la loi ont été violés.
Les conséquences de ces stérilisations forcées ont été dévastatrices pour de nombreuses femmes. Alors que certaines ont réussi à concevoir des enfants plus tard dans leur vie, d’autres n’ont jamais pu le faire. Les soins postopératoires ont également été critiqués pour leur médiocrité, avec de nombreuses femmes souffrant de douleurs intenses, d’hémorragies internes et d’infections abdominales. Les cas les plus graves ont entraîné une ablation de l’utérus ou une stérilité totale. Ces femmes estiment que les médecins ont manqué à leur devoir de veiller à leur santé et ont au contraire causé des dommages à leur utérus et à leur capacité à concevoir des enfants.
L’affaire a mis du temps à être portée à l’attention du public danois, mais grâce à la diffusion de podcasts sur le sujet, elle a finalement suscité un intérêt général. En réponse à ces révélations, l’État danois et le gouvernement groenlandais ont ouvert une enquête sur les pratiques de contraception imposées aux femmes groenlandaises entre 1960 et 1991. Les résultats de cette enquête sont attendus pour mai 2025.
La ministre danoise de la Santé, Sophie Løhde, a qualifié cette affaire de tragique et a exprimé son soutien aux femmes victimes de stérilisations forcées. Elle a souligné l’importance d’une enquête approfondie et a déclaré qu’une équipe de chercheurs travaillait actuellement sur le sujet. Pour ces femmes, la reconnaissance de leur souffrance par le gouvernement serait un premier pas important vers la guérison.
Les stérilisations forcées sont une violation flagrante des droits humains et il est essentiel que les responsables soient tenus pour compte. Les femmes groenlandaises méritent de recevoir une indemnisation pour les souffrances qu’elles ont endurées et pour les conséquences majeures que ces actes ont eu sur leur vie. Espérons que cette enquête permettra d’établir la vérité et de faire en sorte que de tels actes ne se reproduisent plus à l’avenir.



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