Des rapports et révélations récents des législateurs et du gouvernement sud-africain ont suscité une controverse sur l'utilisation par Israël de milliers de mercenaires alors qu'il mène l'une des attaques les plus impitoyables contre Gaza.
Israël a l’habitude d’utiliser des mercenaires de divers pays, dont les États-Unis, la France, l’Espagne et l’Ukraine, dans ses guerres depuis 1948, mais le gouvernement israélien a choisi de garder le silence cette fois-ci.
Le 7 décembre, Abu Obeida, porte-parole de la branche militaire du Hamas, les Brigades Al-Qassam, a affirmé que le nombre de soldats israéliens tués par les forces de résistance était nettement plus élevé que ce que prétendait l'armée israélienne.
Sur la base de cette divergence, il a suggéré qu’Israël pourrait utiliser des mercenaires à Gaza.
Le problème dépasse les soupçons de la Brigade Al-Qassam. Des appels sont lancés au Parlement français pour que soient poursuivis en justice les doubles citoyens français combattant aux côtés de l'armée israélienne à Gaza.
L'Afrique du Sud a également pris une mesure audacieuse en menaçant de poursuites judiciaires ses citoyens combattant aux côtés de l'armée israélienne à Gaza, confirmant la présence de mercenaires pour soutenir Tel-Aviv dans sa lutte contre le groupe de résistance palestinien Hamas.
L'entretien mené par le journal espagnol El Mundo avec un mercenaire espagnol de l'armée israélienne fournit des preuves irréfutables qu'Israël emploie une petite armée de mercenaires pour un salaire hebdomadaire de 3 900 € (environ 4 300 dollars).
Mercenaires français
La révélation par la radio française Europe1 de l'enrôlement de 4 185 Français-Israéliens ayant la double nationalité dans l'armée israélienne pour le conflit de Gaza a suscité une controverse en France et au-delà.
Le rapport comprend le témoignage d'Ethan (22 ans), un mercenaire juif français et actuel sergent dans l'armée israélienne qui s'est enrôlé il y a deux ans et sert actuellement sur les lignes de front dans la bande de Gaza.
Cela a incité le Parlement français à agir, le député Thomas Portes appelant à la poursuite et à la condamnation des mercenaires à double nationalité impliqués dans des crimes de guerre. Portes a exhorté le ministre de la Justice à assurer leur procès sur le sol français.
L'Association France Palestine Solidarité (AFPS) est également intervenue, qualifiant de « honteuse » la présence de soldats français dans l'armée israélienne.
La démarche audacieuse de l’Afrique du Sud
Les États-Unis, la France, l’Espagne et l’Ukraine tolèrent que leurs citoyens servent dans l’armée israélienne, les décrivant souvent comme des « héros » plutôt que comme des « criminels de guerre » dans les médias locaux, tandis que l’Afrique du Sud adopte une position différente.
Lorsque le ministère sud-africain des Affaires étrangères a appris que des citoyens envisageaient ou avaient déjà rejoint l'armée israélienne, il a immédiatement menacé de poursuites judiciaires et d'éventuelles révocations de citoyenneté pour les doubles citoyens.
L'Afrique du Sud, l'un des cinq pays ayant porté plainte auprès de la Cour pénale internationale contre Israël pour crimes de guerre à Gaza, a vu son président, Cyril Ramaphosa, qualifier les événements de Gaza de « génocide ».
Le ministère des Affaires étrangères a exprimé sa profonde inquiétude dans un communiqué publié le 18 décembre suite aux informations selon lesquelles des citoyens sud-africains et des résidents permanents envisageaient de rejoindre ou de rejoindre l'armée israélienne.
Une telle décision violerait le droit international, ouvrirait la voie à de nouveaux crimes et pourrait conduire à des poursuites contre ces individus, a déclaré le ministère dans un communiqué, avertissant ses citoyens de rester à l'écart de telles mesures.
Israël reste silencieux
Malgré de nombreuses informations selon lesquelles Israël utilise des mercenaires à Gaza, l'administration de Tel Aviv reste silencieuse sur la question et refuse de révéler le nombre de ces mercenaires.
L'Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'homme, basé à Genève, a rapporté en 2014 qu'il y avait 6 000 mercenaires dans l'armée israélienne, dont au moins 2 000 venant des États-Unis.
Un rapport du Centre de recherche et d'information de la Knesset israélienne indique qu'entre 2002 et 2012, le nombre annuel moyen de mercenaires, également appelés « soldats solitaires », était de 5 500.
Le silence d'Israël sur la question des mercenaires est remarquable, mais la déclaration faite par le mercenaire français Ethan avec l'approbation du commandant de son unité ressort.
Cela indique également qu’Israël ne s’oppose pas à ce que des soldats étrangers fassent des déclarations aux médias étrangers si cela sert à recruter davantage de mercenaires.
La présence de mercenaires dans l’armée israélienne contribue à réduire le nombre de morts et permet aux soldats de réserve de reprendre leur rôle civil, soutenant ainsi l’économie.
Les dépenses liées aux mercenaires sont couvertes par l’aide généreuse des États-Unis et par les dons de la diaspora juive.
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