in

Pourquoi le Québec ne parvient pas à attirer les meilleurs travailleurs internationaux francophones

Pourquoi le Québec ne parvient pas à attirer les meilleurs travailleurs internationaux francophones

Le dernier tirage au sort Entrée express du gouvernement fédéral montre que les francophones les plus talentueux du monde font un choix clair lorsqu'ils décident où immigrer au Canada. Ce n'est pas le Québec francophone.

La perte du Québec est le gain du reste du Canada en ce qui concerne le profil des nouveaux immigrants francophones qui s'installent ici.

Le gouvernement libéral d'Ottawa a l'intention de dynamiser les communautés francophones et la crème des nouveaux arrivants francophones potentiels est résolument opposée à la politique de droite de la Coalition Avenir Québec, au pouvoir au Québec.

Les 7 000 nouveaux arrivants francophones invités via Entrée express – le système de sélection phare du gouvernement fédéral – le 1er février, portent à 14 700 le total d'ITA délivrées depuis le début des tirages ciblés l'année dernière.

En lançant tant d'invitations aux francophones, le message d'Ottawa au Québec est le suivant : si vous n'en voulez pas, nous le faisons.


En savoir plus

Un grand tirage au sort d'Entrée express voit 7 000 invitations à postuler envoyées aux francophones
De nouvelles initiatives canadiennes pour soutenir l'immigration francophone hors Québec
Le Québec aliène les étudiants internationaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre sans précédent
Le Québec maintient les niveaux d'immigration à 50 000 et prévoit un test de français pour les travailleurs temporaires

A Lire aussi  Tirage au sort du PCP de la Colombie-Britannique : la province émet 183 invitations à l'immigration au Canada

Le premier ministre du Québec, François Legault, chef de la CAQ, a catégoriquement déclaré qu'il souhaitait que seuls les immigrants francophones s'installent dans sa province.

Parallèlement, il s’entête à limiter l’immigration au Québec à environ 50 000 personnes. Cela inclut l’immigration des familles et des réfugiés, ce qui signifie que l’immigration économique n’est que d’environ 32 000 pour 2024 et 2025. Lorsqu’il a annoncé ces niveaux en novembre, il a également révélé son intention de mettre en place un test de français pour les nouveaux arrivants temporaires dans la province.

Le Québec, avec 8,5 millions d'habitants, représente 23 % de la population du Canada. Pourtant, les niveaux d'immigration prévus en 2024 ne représenteront qu'environ 10 % de l'immigration prévue à Ottawa dans le cadre du volet économique.

Le problème est que les nouveaux arrivants instruits connaissent la politique de Legault. Ils font leurs recherches et décident que le Québec n'est pas pour eux.

Les défis de traitement persistent également au Québec, le site Web du gouvernement fédéral estimant un délai de traitement de 10 mois pour les demandes de travailleurs qualifiés du Québec contre six pour le Programme des travailleurs qualifiés fédéral. En réalité, les délais de traitement sont souvent beaucoup plus longs sous la bureaucratie québécoise de l'immigration.

A Lire aussi  Le Canada augmente les frais de demande de citoyenneté

Tout nouvel arrivant instruit qui fait ne serait-ce qu'un peu de recherche se rendra vite compte que l'option de postuler dans le reste du Canada est bien plus avantageuse que de passer par le Québec.


Regarder la vidéo


Le résultat doit être que les meilleurs immigrants francophones partent ailleurs au Canada, le Québec n'acceptant qu'un petit nombre de ceux qui sont disponibles.

La difficulté à laquelle Legault est confronté est que les politiques mêmes conçues pour attirer les meilleurs et les plus brillants francophones dissuadent ces personnes de considérer le Québec comme une option.

Tant que le statu quo actuel persistera, la situation persistera.

Le ministre fédéral de l'Immigration, Marc Miller, qui est d'ailleurs député de la circonscription fédérale de Ville-Marie-Le Sud-Ouest Île-des-Soeurs à Montréal, a déclaré qu'Ottawa s'engageait à assurer le développement des communautés francophones hors Québec. Cela signifie accueillir davantage de nouveaux arrivants francophones.

Legault et son gouvernement caquiste sont également attachés à leur politique prétendument pro-française, avec très peu de soutien à Montréal, la principale ville du Québec et où la majorité des nouveaux arrivants chercheraient à résider.

A Lire aussi  Le Canada réduit le nombre de permis d'études pour l'année prochaine, mais en délivrera quand même 437 000

Le résultat ne fera qu’augmenter le nombre d’immigrants francophones de haut calibre qui émigreront ailleurs au Canada.

Il y a aussi un élément de jeu politique dans cette situation.

Les libéraux du premier ministre Justin Trudeau souhaiteraient que le Québec accueille davantage d'immigrants. Il pourrait augmenter ses niveaux à plus de 100 000 s’il le souhaitait.

En ciblant les francophones les plus instruits, les libéraux s’en prennent à Legault et à la CAQ, dont ils savent qu’ils ne sont pas près de changer de politique.

Le résultat est que les entreprises québécoises continueront de lutter pour trouver le calibre de travailleurs requis pour combler une pénurie chronique de main-d'œuvre où le taux de chômage est de 4,5 %, le plus bas au Canada.

Le reste du Canada continuera de bénéficier de travailleurs qualifiés et francophones bien instruits et prêts à s’intégrer directement sur le marché du travail. Pendant ce temps, le Québec, tout en essayant d'attirer les mêmes candidats, les repousse en raison de la politique de son parti au pouvoir borgne et de droite.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

    Jean-Jacques Tizié fait une grosse révélation sur Emerse Faé

    Jean-Jacques Tizié fait une grosse révélation sur Emerse Faé

    Le Valais se dit « satisfait de sa régulation proactive » du loup

    Le Valais se dit « satisfait de sa régulation proactive » du loup