Reporters sans frontières (RSF) a condamné l'assassinat massif de journalistes palestiniens par Israël et le blocage des services de communication pour empêcher la diffusion de l'information, affirmant que ses actions équivalaient à « l'éradication du journalisme et du droit à l'information à Gaza par l'armée israélienne ».
Cette condamnation fait suite à l’assassinat d’un autre journaliste jeudi par Israël, portant le nombre de morts à 124 depuis le 7 octobre.
« Des journalistes palestiniens tués, blessés et empêchés de travailler sans aucune possibilité de refuge sûr », a déclaré mercredi RSF, basée à Paris, dans un communiqué.
Il a appelé les organisations internationales à accroître la pression sur Israël pour qu'il « mette immédiatement fin à ce carnage ».
« Les journalistes sont décimés au fil des jours de cette guerre interminable, à cause des frappes israéliennes incessantes du nord au sud de la bande de Gaza », indique le communiqué.
RSF ajoute que les journalistes qui ont survécu à ces quatre mois vivent « un enfer au quotidien », confrontés à des pénuries de toutes sortes, notamment de matériel, ainsi qu'à des coupures de courant régulières dans les médias.
Notant qu'elle a déposé deux plaintes auprès de la Cour pénale internationale (CPI) et lancé des appels répétés aux pays et aux organisations internationales, l'organisation non gouvernementale (ONG) a déclaré qu'elle exhortait une fois de plus le Conseil de sécurité de l'ONU à « appliquer immédiatement la résolution 2222 (2015) sur la protection des journalistes. »
Le groupe a également évoqué la situation à Rafah, la zone précédemment décrite par Israël comme une « zone de sécurité », notant que la grande majorité des journalistes, qui ont dû fuir vers le sud de Gaza, se sont réfugiés à Rafah, où le point de passage avec l'Egypte est toujours fermé.
Citant le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS), le communiqué indique qu'une cinquantaine de médias locaux et internationaux à Gaza ont été « totalement ou partiellement » détruits par l'armée israélienne depuis le 7 octobre, « en plus du bilan effroyable des morts ».
Jeudi, un autre journaliste palestinien a été tué dans une frappe aérienne israélienne dans la bande de Gaza, portant le total à 124 depuis le 7 octobre.
Nafez Abdel Jawad, journaliste à la chaîne officielle de télévision palestinienne, a été tué dans le centre de la bande de Gaza, a indiqué le bureau des médias dans un communiqué.
Une dizaine de journalistes palestiniens ont également été arrêtés par les forces israéliennes à Gaza, selon un communiqué antérieur du bureau.
Israël a bombardé sans discernement la bande de Gaza depuis le 7 octobre, tuant jusqu'à présent au moins 27 840 Palestiniens, pour la plupart des femmes et des enfants, et blessant 67 317 autres personnes lors de son attaque, selon les autorités sanitaires locales.
Environ 85 % des habitants de Gaza ont été déplacés par l'offensive israélienne, alors qu'ils souffrent tous d'insécurité alimentaire, selon les Nations Unies. Des centaines de milliers de personnes vivent sans abri et moins de la moitié des camions humanitaires entrent sur le territoire par rapport à avant le début des attaques.


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