Un groupe d'étudiants de l'une des universités les plus prestigieuses de France a défié la police vendredi pour protester contre la guerre brutale menée par Israël dans la bande de Gaza.
Les étudiants de Sciences Po ont occupé un bâtiment universitaire et manifesté sur le campus après que la police a dispersé une manifestation de solidarité pro-palestinienne mercredi soir.
Les manifestations surviennent alors que la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza a déclenché une vague de colère sur les campus universitaires aux États-Unis.
Les étudiants de Sciences Po ont accusé la direction d'avoir fait appel à la police pour disperser une manifestation pro-palestinienne rassemblant des dizaines d'étudiants rassemblés sur un campus du centre de Paris plus tôt mercredi.
« Le directeur a franchi une ligne rouge en décidant d'envoyer la police », a déclaré à l'AFP Inès Fontenelle, membre du syndicat étudiant de Sciences Po, alors que quelque 150 étudiants se rassemblaient jeudi.
« La direction doit prendre des mesures pour rétablir un climat de confiance. »
La porte-parole du syndicat, Eléonore Schmitt, a déclaré que les étudiants continueraient à se mobiliser « malgré la répression ».
Le syndicat avait précédemment déclaré que la décision des responsables de l'université d'appeler la police était « à la fois choquante et profondément inquiétante » et reflétait « un tournant autoritaire sans précédent ».
Mercredi soir, des dizaines de manifestants pro-palestiniens ont occupé l'amphithéâtre situé devant l'un des campus de l'université, dans le 7e arrondissement de la capitale française.
Dans une déclaration à l'Agence France-Presse (AFP), les responsables de l'université ont déclaré que la manifestation avait ajouté aux « tensions » à Sciences Po.
Après discussions avec la direction, la plupart des manifestants ont accepté de partir mais « un petit groupe d'étudiants » a refusé de le faire et « il a été décidé que la police évacuerait les lieux », précise le communiqué.
Sciences Po a regretté que « les nombreuses tentatives » visant à faire quitter les locaux pacifiquement aux étudiants n'aient abouti à rien.
Les étudiants avaient installé une dizaine de tentes.
A l'arrivée des forces de l'ordre, « 50 étudiants sont partis seuls, 70 ont été évacués dans le calme dès 0h20 » et la police « est repartie à 01h30, sans incident à signaler », a indiqué la police.
Les manifestants ont exigé que Sciences Po « coupe ses liens avec les universités et les entreprises complices du génocide à Gaza » et « mette fin à la répression des voix pro-palestiniennes sur le campus », selon des témoins.
« Refuse le dialogue »
La manifestation était organisée par le Comité Palestine de Sciences Po.
Dans un communiqué jeudi, le groupe a indiqué que ses militants avaient été « évacués de l'école par plus de 50 membres des forces de sécurité », ajoutant qu' »une centaine » de policiers « les attendaient également à l'extérieur ».
La direction de Sciences Po « refuse obstinément d'engager un véritable dialogue », a déclaré le groupe.
Les organisateurs ont appelé, entre autres demandes, à « une condamnation claire des actions d'Israël par Sciences Po » et à un événement commémoratif « à la mémoire des innocents tués par Israël ».
De nombreuses grandes universités américaines ont été secouées par des manifestations ces dernières semaines, certains étudiants étant furieux de la réponse massive d'Israël et de la crise humanitaire qui en a résulté dans le territoire palestinien assiégé de Gaza.
La France abrite la plus grande population juive au monde après Israël et les États-Unis, ainsi que la plus grande communauté musulmane d'Europe.
La guerre à Gaza a commencé avec l'incursion du Hamas le 7 octobre, qui a fait environ 1.170 morts, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels israéliens.
Israël a ensuite lancé une offensive militaire brutale qui a tué au moins 34 305 personnes à Gaza, pour la plupart des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé du territoire.


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