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L'attitude des Canadiens à l'égard de l'immigration évolue, selon une étude

L'attitude des Canadiens à l'égard de l'immigration évolue, selon une étude

Après deux décennies de soutien croissant des Canadiens aux niveaux d'immigration du pays, les attitudes envers le nombre croissant d'immigrants au pays ont commencé à changer en 2008, selon une nouvelle étude.

« Entre 1988 et 2008, on a observé une baisse notable de 41 % du nombre de Canadiens favorables à une réduction du nombre d'immigrants », souligne Mohsen Javdani, professeur agrégé d'économie au programme de l'École de politique publique et d'études urbaines de l'Université Simon Fraser.

« Pourtant, après 2008, cette tendance a changé : les Canadiens qui souhaitaient une réduction des niveaux d’immigration ont vu leur part augmenter à 40 % d’ici 2019. »

Dans Le Canada à la croisée des chemins : comprendre les changements d’attitudes face à l’immigrationLe professeur associé affirme que les opinions des Canadiens sur l’immigration sont profondément influencées par des aspects comme la religion, l’origine ethnique, l’histoire personnelle et familiale de l’immigration et les convictions politiques.


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« Nos recherches révèlent, par exemple, que les chrétiens sont ceux qui soutiennent le moins l’immigration. En revanche, les musulmans, le deuxième groupe religieux en importance au Canada après les chrétiens, sont les plus favorables à l’immigration. Les Canadiens juifs, les athées et les agnostiques sont également très favorables à l’immigration », écrit Javdani.

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« L’ethnicité et l’histoire de l’immigration jouent également un rôle essentiel dans la formation de notre identité sociale. Nos recherches indiquent que les personnes blanches nées au Canada ont une préférence nettement plus marquée pour une diminution de l’immigration que les immigrants blancs et les minorités ethniques. »

Partout au pays, les Néo-Écossais ont les sentiments les plus favorables à l’égard de l’immigration, tandis que ceux de l’Alberta et de l’Ontario ont les sentiments les plus négatifs.

L'Ontario, la province la plus peuplée du Canada, est constamment un pôle d'attraction pour l'immigration, attirant régulièrement la plus grande partie des nouveaux résidents permanents.

Au cours des cinq premiers mois de cette année seulement, 88 250 nouveaux résidents permanents ont choisi de s’installer en Ontario et 27 800 se sont installés en Alberta.

En comparaison, la province canadienne atlantique de la Nouvelle-Écosse n’a accueilli que 7 135 nouveaux résidents permanents au cours de ces cinq mois.

Le facteur le plus important qui façonne l’attitude des Canadiens à l’égard de la politique n’est cependant ni leurs croyances religieuses ni leur province d’origine, mais plutôt leur orientation politique.

« L’une de nos conclusions les plus frappantes est la polarisation politique croissante autour de l’immigration », écrit Javdani.

« Nos recherches ont révélé que depuis 2006, l’appartenance à un parti politique est devenue le principal facteur expliquant les divergences d’opinions des Canadiens sur l’immigration.

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« Cette polarisation met en évidence que l’immigration n’est pas seulement un problème social, mais aussi un outil politique. Elle est souvent présentée et politisée dans le but apparent de galvaniser les bases des partis plutôt que de s’attaquer aux complexités de l’immigration et de l’intégration.

« Les partis politiques associent l’immigration aux pressions sur les finances publiques ou aux pénuries de logements en période difficile. Cela amplifie les sentiments anti-immigration, même s’il n’y a pas de lien direct entre les deux. Cette tactique fait également de l’immigration un problème central, l’entrelaçant avec les préoccupations actuelles et amplifiant son impact négatif perçu sur la société. »

Le professeur associé tire la sonnette d’alarme, avertissant que l’évolution des attitudes à l’égard de l’immigration au Canada constitue un signal d’alarme pour les dirigeants politiques, les décideurs et la communauté au sens large.

« La montée des sentiments négatifs à l’égard de l’immigration, en particulier dans un contexte difficile, pourrait avoir des conséquences profondes sur l’harmonie sociale et la prospérité économique du Canada », écrit-il.

Cette étude, qui montre une baisse du soutien en faveur de niveaux élevés d’immigration au Canada, survient après des années d’immigration record.

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Et les niveaux d’immigration continuent d’augmenter cette année.

Après un mois de mars morose, l'immigration mensuelle a augmenté de 22 % en avril, puis a augmenté de nouveau de 9,3 % en mai, avec 46 550 nouveaux arrivants ce mois-là, portant le nombre total de nouveaux résidents permanents au pays au cours des cinq premiers mois de l'année à 210 865, révèlent les dernières données d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Sur la base de ce volume d’arrivées, le nombre total de nouveaux résidents permanents au Canada cette année pourrait atteindre 530 556 si cette tendance se poursuivait pendant le reste de 2024.

Cela représenterait 12,5 % de plus de nouveaux résidents permanents au Canada cette année que les 471 815 de 2023, une année record en matière d’immigration.

Ce niveau d'immigration projeté serait également bien supérieur aux 485 000 nouveaux résidents permanents que le Canada a indiqué qu'il accueillerait dans le pays en vertu de son Plan des niveaux d'immigration 2024-2026.

Le nombre prévu de nouveaux résidents permanents cette année serait de 9,4 pour cent supérieur au niveau d'immigration visé par le pays pour l'année.

Le Canada exploite un système d'immigration à deux vitesses qui permet aux ressortissants étrangers d'obtenir leur résidence permanente grâce aux programmes FSW, FST et CEC du système fédéral Entrée express, ainsi qu'aux programmes des candidats des provinces (PNP) des 10 provinces canadiennes.

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