Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que le Canada réduirait le nombre de travailleurs étrangers temporaires qu'il autorise à entrer au pays pour occuper des emplois mal rémunérés dans des endroits où il y a beaucoup de Canadiens au chômage.
« Nous réduisons le nombre de travailleurs étrangers temporaires à bas salaires au Canada », a tweeté Trudeau lundi.
« Le marché du travail a changé. Il est temps pour nos entreprises d’investir dans les travailleurs et les jeunes du Canada. »
Dans les régions du Canada où le taux de chômage est de six pour cent ou plus, le gouvernement fédéral commencera à refuser les demandes de travailleurs étrangers temporaires pour des emplois peu rémunérés à compter du 26 septembre.
Les changements limiteront également l'embauche de travailleurs étrangers temporaires à 10 % de leur effectif, une baisse par rapport aux 20 % précédents, et ces travailleurs étrangers temporaires ne seront autorisés à travailler au Canada que pendant un an au maximum, une baisse par rapport aux deux années précédentes.
Les secteurs de la construction et de la santé feront exception à ces changements.
Le premier ministre a déclaré que le ministre de l'Emploi, Randy Boissonnault, pourrait également apporter des changements au volet des salaires élevés de ce même programme, réduisant ainsi encore davantage le nombre de résidents temporaires au Canada.
« Nous avons besoin que les entreprises canadiennes investissent dans la formation et la technologie et qu’elles n’augmentent pas leur dépendance à la main-d’œuvre étrangère à bas prix », aurait-il déclaré.
« Ce n’est pas juste pour les Canadiens qui ont du mal à trouver un bon emploi, et ce n’est pas juste pour les travailleurs étrangers temporaires, dont certains sont maltraités et exploités. »
La répression contre les travailleurs étrangers temporaires a commencé lorsque le Québec a demandé à Ottawa de réduire le nombre de ces nouveaux arrivants occupant des emplois mal payés à Montréal.
« Il faut réduire le nombre de résidents non permanents, qui a plus que doublé depuis 2021 », a tweeté la semaine dernière la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), Christine Fréchette.
« Aujourd’hui, nous annonçons un moratoire sur les nouvelles demandes et les renouvellements du PTET à Montréal, pour une durée de six mois. Les secteurs stratégiques sont exemptés. Nous devons protéger nos services publics, notre économie et la langue française. »
Cette pause temporaire annoncée dans le traitement des demandes d'étude d'impact sur le marché du travail (EIMT) pour le volet à bas salaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) dans le Grand Montréal, qui débutera début septembre, a été rapidement suivie par des demandes sur les médias sociaux pour une mesure similaire à Toronto.
Une EIMT est un document qu’un employeur au Canada peut avoir besoin d’obtenir avant d’embaucher un travailleur étranger. Une EIMT positive démontrera qu’il existe un besoin pour un travailleur étranger pour occuper le poste. Elle démontrera également qu’aucun travailleur canadien ou résident permanent n’est disponible pour occuper le poste.
Le ministre de l'Emploi affirme que des changements sont nécessaires pour préserver l'intégrité du PTET
« Écrivez à vos représentants du gouvernement local, écrivez au premier ministre Doug Ford », a exhorté un utilisateur sur Reddit. « Lorsque vous remarquez que des entreprises font appel à des travailleurs étrangers temporaires pour des emplois auxquels nous savons que des Canadiens postulent (Tim Hortons, Walmart, etc.), ne faites pas vos achats à cet endroit (et) n'acceptez pas l'aide de ces employés.
« Il faut que ce programme soit un succès pour ce qu’il était, pour les gens qui viennent pour un travail agricole saisonnier, et non pour prendre des emplois à temps partiel le soir et le week-end à ceux qui les veulent ici : les gens qui veulent un deuxième emploi, les parents qui ont besoin de flexibilité pour les besoins de garde d’enfants et les étudiants canadiens. »
Dans la plus grande ville du Québec, la pause temporaire dans le traitement des demandes d'EIMT s'appliquera uniquement aux emplois payant moins que le salaire horaire médian de la province, soit 27,47 $ l'heure.
La pause dans le traitement des demandes d'EIMT au Québec n'inclura pas les emplois payant 57 000 $ ou plus ni les emplois dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de la transformation alimentaire ou de la construction.
« Notre gouvernement s’efforce de préserver l’intégrité du PTET, en veillant à ce que les employeurs y recourent uniquement lorsqu’il n’y a pas de travailleurs qualifiés déjà au Canada pour occuper les postes vacants », a déclaré la semaine dernière Randy Boissonnault, ministre fédéral de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles.
« L'annonce d'aujourd'hui s'inscrit dans le cadre de nos efforts continus pour nous adapter à l'évolution du marché du travail tout en collaborant avec les provinces et les territoires pour garantir que les règles sont respectées afin de protéger les travailleurs canadiens et les travailleurs étrangers temporaires, ainsi que pour soutenir l'économie canadienne. »
Le gouvernement du premier ministre du Québec, François Legault, a pris la décision de suspendre temporairement le traitement des demandes d'EIMT dans la région de Montréal pour les emplois peu rémunérés en raison de l'afflux massif de travailleurs étrangers temporaires dans la province au cours de la dernière année.
«Au cours des deux dernières années, le nombre d'immigrants temporaires au Québec a doublé, passant de 300 000 à 600 000», a écrit Legault sur Facebook.
« Le gouvernement fédéral est en grande partie responsable de cette explosion du nombre d’immigrants temporaires. On lui demande de réduire de moitié le nombre de ceux qui relèvent de sa responsabilité. Il faut réduire le nombre d’immigrants pour protéger nos services publics, pour soulager la pression sur le logement et pour protéger la langue française, particulièrement à Montréal. »
Les difficultés du Québec avec son nombre élevé de travailleurs étrangers temporaires ont commencé au dernier trimestre de l'année dernière, lorsque la province a atteint un nouveau record de résidents temporaires, atteignant 528 034, selon les données de Statistique Canada.
Un an plus tôt, on comptait seulement 360 936 résidents temporaires dans cette province.
Souvent, les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux cherchent ensuite à immigrer au Canada par l'intermédiaire du système fédéral Entrée express, soit du programme des travailleurs qualifiés (fédéral) (TQF), du programme des travailleurs de métiers spécialisés (fédéral) (TMS) et de la Catégorie de l'expérience canadienne (CEC), soit des programmes des candidats des provinces (PCP) des provinces.



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