A la cour d’assises spécialement composée,
A peine a-t-elle fait quelques pas dans la vaste salle de la cour d’assises spécialement composée, qu’elle se fige net. En un instant, ses sanglots étouffés inondent la salle. « Je ne peux, je ne peux pas », s’étrangle-t-elle avant de faire demi-tour. Dans le box des accusés, Peter Cherif reste impassible, pas un regard pour celle qui fut, il y a plus de quinze ans, sa première femme. Peut-être parce qu’il sait que le témoignage qu’elle s’apprête à livrer risque d’écorner l’image relativement lisse qu’il tente de donner depuis le début de son procès, malgré son souhait de garder le silence. Quelques minutes plus tard, Fatma, aujourd’hui âgée de 32 ans, réapparaît. Vêtue d’un chemisier à fleurs, ses longs cheveux noirs retenus par une natte, elle s’approche de la barre et se replonge dans…
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