Saisie de munitions, assassinats de civils et militaires, agressions quotidiennes, enlèvements plus demandes de rançons, attaques de Boko Haram, le Cameroun semble devenu un État et dangereux où les citoyens vivent dans la peur.
Sous la coupe d'une insécurité grandissante depuis plusieurs années, la situation sécuritaire au Cameroun s'est dégradée ces derniers mois. Assassinats de civils et militaires, agressions quotidiennes, enlèvements plus demande de rançons, attaques de Boko Haram, les criminels de droits communs continuant de semer la terreur, en toute aise, dans les quatre coins du Cameroun. Ces dernières heures, une nouvelle affaire est venue s'ajouter à ce tableau sombre. Celle de la saisine d'une importante cargaison de munitions dans la région de l'Adamaoua. Selon un communiqué du ministère des Finances, 3144 munitions ont été saisies, le 28 octobre dernier au poste de douane de Tchabal, en provenance de Maroua et à destination de Yaoundé. Les 3144 munitions comprenaient 3000 pour fusils M21, 119 pour AK47 et 25 munitions pour armes de poing (PA). Selon les premières informations obtenues, le détenteur du colis serait un militaire, ce qu'il a initialement affirmé lors de l'interrogatoire des douaniers. Il a été conduit sous bonne garde à la Sécurité Militaire (SEMIL) de Ngaoundéré, le suspect aurait ensuite été transféré à Yaoundé pour la suite de l'enquête.
Le même jour, 02 militaires du BIR ont été tués par les séparatistes dans le département du Bui au cours de l'opération de lundi. Dans le cadre d'une opération de pacification du département du Bui, les éléments du bataillon d'intervention rapide (Bir) sont déployés à Treban, village situé à 3 kilomètres à l'ouest de Wainama. Y étant, ces forces spéciales ont procédé à des perquisitions après un accrochage avec un combattant séparatiste en faction – grièvement blessé – qui a immédiatement rendu l'âme.
Cette opération a permis de mettre la main sur : 02 armes de guerre ( 1 AK47 n°1975 et 1 Sar Galil n° 2109) ; 4 boîtes chargeurs ; 4 armes de traite ; 28 munitions calibres 7,62×39 ; 30 munitions calibres 5,56×45 ; 03 poignards ; 01 bonnebonne de gaz ; des gris-gris odeshi ; des uniformes de gendarmerie.
Insécurité urbaine
Les chiffres officiels sur la situation sécuritaire dans les grandes villes sont inquiétants. Il y a quelques semaines, le groupement des Transporteurs terrestres du Cameroun a indiqué que 20 taximen ont été tués dans la région du Centre. Des chiffres comportant il faut ajouter des agressions quotidiennes dans les taxis. Des disparitions de personnes dans les différentes villes, ainsi que des enlèvements et demandes de rançons, des assassinats et des crimes rituels.
Du coté de Douala, en dehors des cas d'insécurité qui sont communs aux autres villes du pays, les microbes, ces jeunes armées qui sèment la panique dans la ville, règnent également en maître.
La mort se balade dans le septentrion
Dans les trois régions du Nord, Adamaoua et Extrême-Nord, la situation semble encore plus catastrophique. Les témoignages recueillis auprès des personnes vivant à la frontière avec le Nigeria sont glaçants le curé de la paroisse saint Luc de Ldubam-Tourou, l'abbé Basile Tegamba, s'exprime chez nos confrères de Vatican News déplore une crise sécuritaire qui perdure depuis plus d'une décennie dans la région de l'Extrême-Nord. Il faut que cela cesse. « Boko Haram effectue des incursions de façon récurrente. Ils pillent des maisons, volent et parfois tuent des gens. La semaine dernière par exemple, le poste de gendarmerie de Tourou a été attaqué et un gendarme est mort. Nous avons aujourd'hui beaucoup de villages qui ne sont plus habités. Les maisons ont été abandonnées, détruites. Les structures sociales aussi notamment les centres de santés et les écoles. Dans notre paroisse nous avons 4 écoles privées catholiques, il y a déjà une qui a été fermée et une autre ne tardera pas à fermer ses portes. Cette année scolaire on a constaté une baisse drastique des effectifs dans les classes. On avait presque mille élèves il ya deux ou trois ans et on a terminé l'année scolaire en cours avec à peine 200 élèves présents. C'est une catastrophe», déclarer-t-il désespérément.
Les deux autres régions ne sont pas en reste. Dans l'Adamaoua, la recrudescence des actes de violence a fini par plonger les populations dans la peur. Plusieurs actes de violences sont recensés allant des assassinats ciblés, notamment ceux des chefs traditionnels, aux vols avec violences, des prises d'otages
Selon les autorités, cette montée de l'insécurité est liée à la pression exercée par le Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) dans le département du Mayo-Rey dans la région du Nord. Poussés par cette offensive, les malfrats ont trouvé refuge dans la région de l'Adamaoua faisant du village Nganha leur nouvelle base arrière.
Joseph Essama
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