L'Ontario a annoncé une nouvelle législation réglementant les conseils en immigration qui vise à protéger les nouveaux arrivants contre la fraude et l'exploitation lorsqu'ils naviguent dans le système d'immigration au Canada. L'Ontario compte la plus grande proportion de nouveaux arrivants au Canada, recevant 43 % du nombre total. Ils seront environ 173 000 en 2025, tous programmes d’immigration permanents confondus. Elle devient la troisième province à réglementer les services-conseils en immigration, avec le Québec et la Saskatchewan.
Le Programme ontarien des candidats à l'immigration (POCI) est le Programme des candidats de la province (PCP) de l'Ontario qui permet à la province de désigner des personnes pour la résidence permanente au Canada, dans le cadre de ses programmes d'immigration économique.
Ces dernières années, une attention accrue a été accordée aux voies offertes par les provinces aux immigrants pour obtenir la résidence permanente dans le cadre des programmes d'immigration économique. Les derniers niveaux d'immigration annuels présentés au Parlement continuent de mettre l'accent sur le rôle des provinces qui seront confrontées, en 2025, à une réduction de 55 % du nombre annuel de candidats admissibles à la nomination par les provinces. Cela laissera aux immigrants moins d’options vers le Canada et un risque accru d’exploitation, après des années d’augmentation substantielle des niveaux d’immigration annuels au Canada qui devraient culminer d’ici la fin de 2024 à près de 500 000.
Ottawa, par l'intermédiaire Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC)réglemente la pratique de la consultation en immigration dans l'ensemble des programmes fédéraux, en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR).
La réglementation des consultants en immigration au Canada a considérablement évolué au cours des deux dernières décennies, passant par trois phases clés d'organismes de réglementation fédéraux visant à accroître la surveillance, à protéger les consommateurs et à professionnaliser le domaine.
Le régulateur fédéral actuel, introduit en 2021, le Collège des consultants en immigration et citoyenneté (CICC)est la troisième itération de cette évolution. Avec plus de 12 000 consultants qui fournissent des conseils et une représentation sur les questions fédérales d'immigration et des milliers de plaintes en attente, dont beaucoup remontent à l'organisme de réglementation précédent. Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada (CRCIC)les autorités fédérales sont confrontées à des défis constants dans la réglementation des consultants en immigration. La réglementation des consultants en immigration par les provinces suscite un intérêt croissant à mesure que les cas de malversations augmentent.
Le rôle des provinces dans la réglementation des consultants en immigration : une compétence partagée avec Ottawa
Le pouvoir d'Ottawa de réglementer les services-conseils en immigration est primordial et découle de la Loi constitutionnelle de 1867 qui attribue la compétence en matière d'immigration aux gouvernements fédéral et provinciaux en vertu Article 95. Cela fait de l’immigration une responsabilité partagée, permettant aux provinces d’adapter ou d’influencer les politiques d’immigration au sein de leurs juridictions spécifiques, sous réserve de la loi fédérale. Les provinces négocient des accords sur l’immigration avec le gouvernement fédéral pour répondre à leurs besoins spécifiques en matière de marché du travail et démographiques.
Au niveau fédéral, l'article 91 de la loi fédérale Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR)exige que les consultants en immigration soient agréés par un organisme de réglementation désigné : le Collège des consultants en immigration et citoyenneté (CICC)…pour représenter les particuliers dans les affaires d'immigration au niveau fédéral. Cela exclut les PNP comme l'OINP.
Ainsi, alors que Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), conserve le pouvoir de réglementer les consultants qui donnent des conseils sur les questions d'immigration impliquant des programmes fédéraux, on constate une participation accrue des provinces dans les demandes de résidence permanente dans le cadre des programmes des candidats des provinces. La complexité des politiques d'immigration actuelles nécessite de plus en plus le soutien des provinces pour que les candidats réussissent au Canada, dans le cadre de ce qui est devenu un processus d'immigration en deux étapes.
Les consultants en immigration représentent fréquemment des demandeurs de résidence permanente impliquant une nomination provinciale. La Saskatchewan, dans sa réglementation introduite en juillet 2024, exige que les consultants soient membres du Collège des consultants en immigration et citoyenneté (CICC) et s'inscrire officiellement auprès de la province comme condition pour représenter les candidats au SINP. L’Ontario suivra probablement un processus similaire.
Le Québec a ajouté des critères supplémentaires, en grande partie liés aux compétences en français, pour que les professionnels de l'immigration puissent exercer dans la province.
Plaidoyer provincial en faveur d’un pouvoir de réglementation : conséquences
Compte tenu de la complexité des demandes d’immigration et du risque d’inconduite sur le terrain, les parties prenantes peuvent s’attendre à voir davantage de provinces adapter la réglementation des consultants en immigration.
Cela entraînera un certain nombre de conséquences pour les régulateurs provinciaux, les consommateurs et les praticiens. Les organismes de réglementation provinciaux doivent s’assurer qu’ils ont la capacité d’appliquer efficacement leurs réglementations. Les consommateurs auront de plus en plus de mal à comprendre qui est qualifié et autorisé à les représenter le mieux, car le secteur des services-conseils en immigration compte actuellement plus de 12 000 consultants en immigration et 2 500 avocats spécialisés en immigration à travers le Canada. Les avocats spécialisés en droit de l'immigration, autorisés à exercer leurs activités en vertu de l'article 91 de la LIPR, sont réglementés par les barreaux provinciaux.
Les professionnels de l'immigration, y compris les avocats spécialisés en droit de l'immigration, qui souhaitent exercer leurs activités dans plusieurs juridictions, seront confrontés à des exigences réglementaires accrues, moyennant des frais supplémentaires, dans chaque province dans laquelle ils souhaitent exercer leurs activités.
Conclusion
Bien qu'IRCC conserve l'autorité principale sur la réglementation des consultants en immigration en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), les provinces, y compris les deux plus grandes du Québec et de l'Ontario, imposent une surveillance supplémentaire aux consultants qui conseillent les demandeurs dans le cadre de leurs programmes d'immigration provinciaux.
Ottawa et les provinces qui réglementent les conseils en immigration doivent assurer une collaboration efficace pour éviter les conflits de compétence afin que le public soit adéquatement informé et protégé contre d'éventuelles fautes ou incompétences dans le domaine des conseils en immigration.
FAQ : Réglementation de l'Ontario sur les services-conseils en immigration
Quel est l'objectif de la nouvelle loi ontarienne sur les services-conseils en immigration?
La nouvelle législation de l'Ontario vise à protéger les nouveaux arrivants contre la fraude et l'exploitation lorsqu'ils naviguent dans le système d'immigration du Canada. En réglementant les consultants en immigration, l'Ontario cherche à garantir des pratiques éthiques, à améliorer la responsabilité et à protéger les droits des consommateurs. Cette décision répond aux préoccupations croissantes concernant les malversations dans l'industrie et s'appuie sur les efforts du Québec et de la Saskatchewan, renforçant la surveillance provinciale pour compléter la réglementation fédérale par l'intermédiaire du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CICC).
En quoi l'approche de l'Ontario diffère-t-elle de la réglementation fédérale?
La législation de l'Ontario ajoute un niveau provincial à la surveillance fédérale en se concentrant sur les consultants travaillant dans le cadre de son Programme des candidats des provinces (POCI). Alors que la réglementation fédérale exige que les consultants soient agréés par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CICC), l'Ontario peut mettre en œuvre des exigences supplémentaires, telles que l'enregistrement provincial. Cette réglementation à double niveau aide à relever les défis spécifiques à la province et garantit que les consultants exerçant leurs activités en Ontario adhèrent à des normes plus strictes adaptées aux besoins locaux.
Pourquoi est-il nécessaire de réglementer les consultants en immigration au niveau provincial ?
Le conseil en immigration implique souvent des processus complexes, augmentant les risques de fraude et de fausses déclarations. Des provinces comme l'Ontario réglementent les consultants pour relever ces défis dans les programmes de candidats des provinces (PCP). La surveillance provinciale assure une meilleure adéquation aux besoins régionaux et réduit le fardeau des autorités fédérales. En exigeant l'enregistrement provincial et en faisant respecter le respect, les provinces peuvent mieux protéger les demandeurs contre toute mauvaise conduite et améliorer la qualité des services d'immigration.
Quel impact la réglementation de l'Ontario pourrait-elle avoir sur les consultants en immigration?
Les consultants exerçant leurs activités en Ontario peuvent être confrontés à des exigences de conformité supplémentaires, notamment l'enregistrement provincial et le respect de normes spécifiques. Ces mesures pourraient augmenter les coûts opérationnels mais visent à renforcer la responsabilité et le professionnalisme au sein de l’industrie. Les consultants travaillant dans plusieurs provinces devront se familiariser avec diverses réglementations, ce qui ajoute de la complexité à leur pratique. Cependant, les changements profitent en fin de compte aux praticiens éthiques en favorisant la confiance et la crédibilité dans le domaine.
Quels sont les avantages potentiels de cette législation pour les nouveaux arrivants ?
Les nouveaux arrivants bénéficieront d’une meilleure protection contre la fraude, de directives plus claires pour une représentation qualifiée et d’une responsabilisation accrue des consultants. Grâce à une surveillance provinciale plus stricte, les demandeurs peuvent mieux faire confiance à leurs représentants et réduire les risques de perte financière ou de fausse déclaration. L'approche de l'Ontario garantit également que les services d'immigration s'alignent sur les besoins spécifiques du marché du travail et de la démographie de la province, améliorant ainsi les résultats des nouveaux arrivants et de la communauté dans son ensemble.


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