Le Canton de Vaud vient en aide à son industrie. Le Conseil d’Etat a annoncé vendredi une série de mesures pour soutenir ce secteur, dont la réactivation du Fonds de soutien à l’industrie.
Déjà utilisé à deux reprises, lors de la crise du franc fort en 2015 puis durant la pandémie, ce fonds est doté de 23,2 millions de francs. Quelque 13 millions proviennent du solde des deux dernières utilisations, auquel le Conseil d’Etat a ajouté 10 millions avec des excédents des comptes 2022 du canton.
Cette réactivation intervient alors que l’industrie vaudoise, comme ailleurs en Suisse, souffre du ralentissement de l’économie mondiale, de l’influence du franc fort, d’un cadre réglementaire exigeant ou encore de la concurrence étrangère.
« Nous recevons de nombreux signaux du terrain et nous devons y répondre », a expliqué Isabelle Moret, la conseillère d’Etat en charge de l’économie, devant la presse à Y-Parc à Yverdon-les-Bains. Selon la ministre, il revient à l’Etat de prendre des mesures pour « préserver l’industrie du canton, ses emplois, son savoir-faire et sa compétitivité ».
Conditions à remplir
S’adressant essentiellement aux PME, ce fonds propose des subventions non remboursables pour des projets d’investissement. L’Etat peut financer au maximum 50% d’un projet, avec un plafond à 300’000 francs. Le fonds peut aussi être utilisé pour cautionner des crédits bancaires.
Pour bénéficier d’une aide, l’entreprise doit prouver « un recul avéré » de ses affaires, par exemple au niveau de son carnet de commandes, a indiqué Raphaël Conz, chef du Service de la promotion de l’économie et de l’innovation (SPEI). « Les canards boiteux », à savoir les entreprises en faillite ou liquidation, ne peuvent pas en bénéficier.
Les sociétés demandeuses doivent également être enregistrées sur sol vaudois et bénéficier d’un véritable outil de production (machines, équipements, etc) dans le canton, a précisé M. Conz.
Canton « pionnier »
Parmi les autres mesures dévoilées vendredi figure un autre fonds, mis à disposition des entreprises pour les accompagner vers une industrie plus durable. Des aides jusqu’à 30’000 francs peuvent notamment être octroyées pour « mettre sur pied un réseau d’experts » et venir en aide aux PME dans cette transition. Vaud lance aussi un programme intitulé iNNdustry, qui vise en particulier à encourager l’innovation.
Pour Isabelle Moret, le Canton de Vaud fait figure de « pionnier » dans l’aide au secteur industriel, tant au niveau « des outils que des moyens financiers mis à disposition ». L’élue PLR ne souhaite toutefois pas parler de politique industrielle, mais de plan d’action.
L’action étatique demeure ainsi « libérale » dans la mesure notamment où le soutien s’adresse à tout le secteur industriel, et non pas à une branche en particulier. « Ce n’est pas à l’Etat de choisir quelle industrie sera porteuse à l’avenir », a-t-elle affirmé.
La ministre a aussi insisté sur les « effets de levier » que cherche à créer le Canton. Celui-ci se contente ainsi de donner « un coup d’accélérateur » pour permettre aux entreprises d’innover, a-t-elle relevé.
« Au bon moment »
Egalement présent devant la presse à Yverdon, Philippe Miauton, directeur général de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), a salué un plan d’action qui arrive « au bon moment ». La situation du secteur n’est « pas dramatique, mais préoccupante », a-t-il dit.
Selon lui, les mesures annoncées vendredi doivent contribuer à « la préservation de la variété du tissu économique vaudois », qui est l’une des grandes forces du canton.
Dans un communiqué, Unia salue le même jour la réactivation effective du fonds de soutien à l’industrie. « Projet lancé lors des premières assises de la place industrielle vaudoise suscitées par notre syndicat en 2008, le fonds offre un soutien au maintien de la place industrielle vaudoise lors des périodes de ralentissement de l’économie », écrit-il.
« A la demande des partenaires sociaux, le nouveau règlement accorde une attention plus importante aux respects des conditions de travail dans l’examen des dossiers », poursuit-il. Unia « regrette » en revanche que le fonds ne prévoie pas de dispositif permettant de déplafonner les aides limitées à 300’000 francs pour des cas d’envergure. Le syndicat espère que la réactivité nécessaire soit au rendez-vous si de nouveaux cas de plus grande ampleur se présentent.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats


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