Les autorités françaises ont annoncé avoir secouru 6 310 migrants qui tentaient de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni en 2024, soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente.
Au total, 72 personnes sont décédées et trois ont disparu, ont indiqué jeudi les autorités maritimes de la région Hauts-de-France.
Cependant, la semaine dernière, Xavier Delrieu, un responsable français à la tête d’un office chargé de lutter contre le trafic de migrants, a donné un bilan plus élevé.
M. Delrieu, qui dirige une équipe de 157 enquêteurs spécialisés, appuyés par 450 policiers dans toute la France, a déclaré qu’il y avait eu 78 décès l’année dernière – un record depuis l’augmentation des traversées de la Manche en petites embarcations en 2018.
Les gouvernements français et britannique se sont tous deux engagés à sévir contre les passeurs qui sont souvent payés des milliers d’euros par les migrants pour organiser la traversée de la France vers l’Angleterre sur des canots pneumatiques surchargés.
Charges croissantes
Le rapport de jeudi indique que, alors que les passeurs chargeaient en moyenne 45 personnes sur un seul petit bateau en 2023, ce chiffre est passé à 54 l’année dernière.
Il précise que cela a augmenté le nombre de décès liés à l’asphyxie par écrasement à bord de ces canots.
Certains migrants, l’année dernière, embarquaient sur ces bateaux plus au sud le long du littoral qu’auparavant, ce qui entraînait des trajets plus longs et des périodes prolongées pendant lesquelles ils étaient exposés aux éléments et au risque d’écrasement, ajoute le rapport.
« L’étape d’embarquement et/ou de retour à la plage est particulièrement dangereuse et chaotique, entraînant un risque d’hypothermie ou de noyade et/ou d’asphyxie », note-t-il.
Des hommes, des femmes et des enfants pataugent souvent dans les eaux froides et agitées au large des plages pour monter à bord des canots instables.
Le rapport ajoute également que les migrants et les passeurs sont tellement déterminés à atteindre les côtes britanniques qu’ils n’envoient souvent des appels de détresse qu’en dernier recours.
Les groupes de défense des droits des migrants affirment, cependant, que la surveillance policière accrue oblige les migrants à prendre plus de risques.



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