Depuis les départs de Neymar, Mbappé et Messi, les joueurs du Paris Saint-Germain affichent une nouvelle confiance et une efficacité clinique inédite. Cette transformation est parfaitement illustrée par Ousmane Dembélé, longtemps critiqué pour son manque de réalisme devant le but, et qui s’est mué en un attaquant redoutable. Sous la direction de Luis Enrique, les effectifs surcotés et surestimés du club ont connu certains des échecs les plus retentissants de l’histoire du football de club.
Interrogé sur la perte de son attaquant vedette Kylian Mbappé l’été dernier, Luis Enrique avait pourtant tenu un discours optimiste quant à la saison à venir.
« Je préfère avoir quatre joueurs qui marquent 12 buts chacun plutôt qu’un seul qui en met 40 », avait lancé l’entraîneur espagnol. « Cela fait plus de buts au total. »
Six mois plus tard, Enrique, dont la relation avec Mbappé a souvent été tumultueuse, semble avoir eu raison.
Après un début hésitant en Ligue des champions, les champions de France ont enchaîné trois victoires convaincantes, inscrivant à chaque fois au moins trois buts. Leur succès 3-0 à Brest mardi, lors du match aller des barrages 100 % français de la Ligue des champions, leur ouvre quasiment les portes des huitièmes de finale, où Liverpool ou Barcelone les attendront probablement.
Un PSG toujours maître en Ligue 1
Sur la scène nationale, le PSG conserve une emprise totale sur la Ligue 1.
Quelques jours avant le match contre Brest, les Parisiens ont dominé Monaco avec aisance, confirmant le gouffre qui les sépare encore de leurs rivaux les plus fortunés. Avec 10 points d’avance sur l’OM, qu’ils ont balayé au Vélodrome en octobre, ils semblent filer droit vers un 11e titre de champion sous pavillon qatari.
Seul un effondrement inattendu, comme ceux qui ont marqué leur parcours européen – de la fameuse « Remontada » de 2017 à Barcelone à leur naufrage contre un Manchester United diminué deux ans plus tard – pourrait venir contrecarrer leur trajectoire.
Brest, victime d’un tirage cruel
Cependant, l’embellie parisienne mérite d’être nuancée, notamment en raison du niveau des adversaires rencontrés jusqu’à présent.
La seule victoire réellement marquante du PSG en Europe – une remontée spectaculaire 4-2 contre Manchester City le mois dernier – s’est jouée face à une équipe vieillissante, devenue le souffre-douleur du continent cette saison. Après des difficultés en phase de qualification, Paris a aussi bénéficié d’un tirage favorable en héritant de Brest, surprise de la compétition mais adversaire bien connu des Parisiens.
C’était le pire scénario possible pour Brest, qui n’a plus battu le PSG depuis 1985. Avant la rencontre, les Parisiens restaient sur une série impressionnante de 30 matchs sans défaite contre les Bretons, incluant une victoire 5-2 à Brest en Ligue 1 une semaine plus tôt. Ce jour-là, Dembélé avait inscrit un triplé – son deuxième consécutif.
Mardi, l’attaquant tricolore a de nouveau brillé en marquant deux buts et en obtenant un penalty, éteignant rapidement toute velléité brestoise avec un réalisme implacable.
Dembélé atteint enfin la maturité
À 27 ans, Ousmane Dembélé semble vivre la meilleure saison de sa carrière, empilant les buts et faisant taire ses nombreux détracteurs.
Longtemps moqué pour son inefficacité, l’ailier virevoltant est devenu une véritable machine à marquer, totalisant 18 réalisations en 11 matchs. Son deuxième but contre Brest illustre sa nouvelle détermination : un flair de buteur, une récupération opportuniste d’un ballon mal repoussé et une frappe chirurgicale dans le petit filet gauche.
Après six saisons décevantes à Barcelone, où il avait été recruté pour la somme astronomique de 135 millions d’euros avant d’être revendu à Paris pour moins de la moitié, Dembélé s’épanouit enfin sous les ordres d’Enrique. Son repositionnement plus axial lui offre une plus grande liberté et lui permet de mieux exploiter son pied droit redoutable.
« Je peux jouer partout : numéro 10, ailier, faux neuf. Cette liberté me permet de m’exprimer pleinement », confiait récemment Dembélé au quotidien sportif espagnol Marca, reconnaissant l’impact positif de son entraîneur sur son jeu.
Interrogé sur la forme éblouissante de son joueur après la victoire contre Brest, Enrique a plaisanté : « Vous devriez lui demander ce qu’il a mangé à Noël ! » avant de saluer sa force mentale retrouvée.
« Ceux qui connaissent Ousmane et le voient à l’entraînement savent qu’il déborde de confiance en ce moment », a ajouté le coach. « Il était déjà très bon en 2024 et en 2025 il est encore meilleur. C’est un plaisir d’avoir autant de joueurs en pleine confiance. »
Moins de stars, autant de buts
Après un an et demi en poste et deux mercatos taillés sur mesure, Luis Enrique dispose enfin d’un effectif parfaitement adapté à sa philosophie de jeu, fondée sur la possession maximale, le mouvement rapide et un pressing étouffant.
Les noms font peut-être moins rêver qu’avant, mais le PSG continue de dominer financièrement ses concurrents, comme l’a montré l’arrivée de Khvicha Kvaratskhelia pour 70 millions d’euros en provenance de Naples. Le Géorgien a marqué dès son premier match contre Monaco (4-1), ajoutant encore une nouvelle arme offensive à la disposition du technicien espagnol.
Dembélé n’est pas le seul à avoir dépassé la barre des 12 buts fixée par Enrique : Bradley Barcola affiche déjà 15 réalisations cette saison. Freiné par des blessures, Gonçalo Ramos peine encore à s’imposer, mais reste un luxe en tant que « supersub ». De leur côté, les milieux offensifs Lee Kang-In et Désiré Doué se distinguent par leur altruisme, un état d’esprit qui tranchait avec les individualités parfois égocentriques de l’ancienne ère des superstars.
Autre différence notable : là où les adversaires se concentraient auparavant sur la neutralisation de Mbappé ou Neymar, ils doivent désormais composer avec une menace offensive bien plus variée et difficile à contenir.
« Ils sont peut-être moins talentueux que leurs prestigieux prédécesseurs et gaspillent plus d’occasions », note L’Équipe. « Mais la diversité de leurs attaques les rend plus imprévisibles et compliqués à défendre. »
Un constat partagé par Éric Roy, l’entraîneur de Brest, après la lourde défaite de son équipe.
« Collectivement, ils sont bien plus forts que la saison dernière », a-t-il estimé, allant même jusqu’à placer le PSG parmi les favoris pour décrocher la Ligue des champions en mai prochain.



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