Un homme de 30 ans a été violemment agressé dimanche en fin d’après-midi dans les locaux de l’Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie (ACTIT), situés dans le Xe arrondissement de Paris. Six suspects, présentés comme appartenant à l’ultradroite, ont été interpellés et placés en garde à vue. Une enquête pour tentative d’homicide a été ouverte.
L’agression s’est produite aux alentours de 17h20, alors qu’une projection du film Z de Costa-Gavras, organisée par l’association Young Struggle France, devait avoir lieu. Selon la préfecture de police, une vingtaine d’individus cagoulés et vêtus de noir ont forcé la porte du bâtiment avant de pénétrer dans la cour, armés de tessons de bouteilles. De son côté, le parquet de Paris évoque plutôt « une trentaine d’individus ». Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, on voit un homme en bleu être violemment pris à partie par plusieurs agresseurs avant que ces derniers ne prennent la fuite.
Blessée à plusieurs endroits, la victime présentait notamment « une plaie plus importante pouvant être consécutive à un coup porté par une arme blanche », selon la préfecture de police. Son pronostic vital a d’abord été engagé avant que son état ne s’améliore. Il a finalement pu quitter l’hôpital dans la nuit.
Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues et ont interpellé six suspects dans une station de métro voisine avant de les placer en garde à vue. Selon plusieurs sources, ils appartiennent à la mouvance radicale de l’extrême droite. L’enquête, confiée au 2ᵉ district de police judiciaire, vise à éclaircir les circonstances de l’agression ainsi que le profil et les motivations des suspects. « Les investigations sont en cours », a indiqué le parquet de Paris.
Une vague d’indignation
L’attaque a suscité de nombreuses réactions politiques et syndicales. Sur X, le député (LFI) de Seine-Saint-Denis, Thomas Portes, a dénoncé les propos tenus par l’un des assaillants, qui aurait crié « Paris est nazi ! » en prenant la fuite. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a également réagi sur le même réseau social, affirmant que la victime est un militant de son syndicat et condamnant « une attaque d’une violence inouïe » dont « les auteurs doivent être jugés ».
De son côté, l’ACTIT a dénoncé sur Facebook une agression visant « clairement à empêcher l’organisation des travailleurs migrants et la lutte de la jeunesse anticapitaliste et antifasciste contre le fascisme et le racisme ». L’association réclame l’arrestation des responsables ainsi que des sanctions contre « toutes les institutions ayant fait preuve de négligence dans cette attaque ».



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