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Boycott américain en France : entre volonté citoyenne et réalité économique

Boycott américain en France : entre volonté citoyenne et réalité économique

Fatigués des positions de Donald Trump sur l’Ukraine, des consommateurs français tentent de boycotter les produits américains. Mais entre multinationales aux origines floues et interdépendances économiques, le défi est plus complexe qu’il n’y paraît.

« Boycott USA : Buy French ! » : une communauté qui grandit

Tout a commencé après la rencontre houleuse entre Trump et Zelensky à la Maison Blanche, suivie du retrait de l’aide américaine à l’Ukraine. Sur Facebook, le groupe « Boycott USA : Buy French ! », créé la semaine dernière, rassemble déjà près de 14 000 membres. Son objectif ? « Arrêter de financer l’impérialisme américain » en privilégiant les alternatives françaises ou européennes.

À la tête de ce mouvement, Édouard Roussez, un cultivateur de houblon de 33 ans. Il explique à France Inter vouloir cibler « les entreprises dont les dirigeants soutiennent Trump », comme Tesla d’Elon Musk. Un choix qui semble trouver écho : les ventes de Tesla en France ont chuté de 26 % en février, selon le PFA (Plateforme Automobile).

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L’effet domino : Danemark, Canada… et maintenant la France

Cette vague de boycott n’est pas isolée. Au Danemark, après les menaces de Trump sur le Groenland, les supermarchés Salling ont identifié les produits européens avec des astérisques. Au Canada, face aux taxes américaines et aux blagues sur une annexion, des citoyens annulent leurs voyages aux États-Unis et boycottent les biens US. Le Premier ministre de l’Ontario a même retiré les alcools américains des rayons et rompu un contrat de 100 millions de dollars avec Starlink, une entreprise de Musk.

« C’est américain ? » : l’étiquetage, casse-tête des boycotteurs

Mais en France, identifier un produit « vraiment américain » relève du parcours du combattant. Les marques US ont souvent des usines en Europe, et les entreprises européennes sont liées à des groupes transnationaux. Exemple : Peugeot, fleuron français… mais propriété de Stellantis, géant italo-américain. Quant aux M&M’s, ils sont fabriqués dans une usine de l’est de la France pour le compte de Mars, une entreprise américaine.

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Résultat : boycotter les États-Unis pourrait aussi affecter l’emploi local. Coca-Cola et Pepsi ? Leurs bouteilles sont remplies en France. Les fast-foods US ? Ils s’approvisionnent chez des fournisseurs européens.

« Résister avec les armes que nous avons »

Malgré ces obstacles, Édouard Roussez reste déterminé. « Nous visons un boycott efficace et rationnel. Ça ne renversera pas l’ordre mondial, mais au moins, nous résistons », écrit-il sur le groupe Facebook. En 2023, les États-Unis étaient le 5ᵉ fournisseur de la France, avec 51,8 milliards d’euros d’importations. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la tâche…

Alors, les Français réussiront-ils à infliger une « gifle économique » à l’Oncle Sam ? Pour l’instant, une chose est sûre : cette mobilisation révèle une défiance croissante – et un sacré casse-tête en rayon.

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