C’était mal parti… Les discussions de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du M23, prévues mardi sous médiation angolaise, ont finalement été annulées pour « raisons de force majeure ». Un coup dur pour la région en proie aux violences depuis des mois.
Dans son communiqué, le gouvernement angolais reste formel : il promet de « tout faire pour relancer le dialogue », seul chemin vers une paix durable dans l’est congolais. Pourtant, lundi encore, la présidence angolaise assurait que les pourparlers auraient lieu « comme prévu », malgré le retrait annoncé du M23.
Sanctions européennes et bras de fer
Le groupe rebelle a balayé d’un revers de main ces tentatives de conciliation. En cause ? Les sanctions de l’Union européenne dévoilées lundi, visant notamment le chef politique du M23 Bertrand Bisimwa et des officiers rwandais. « Ces mesures torpillent toute discussion », a martelé le mouvement, dénonçant un « sabotage » des efforts de paix par certaines institutions internationales.
Dans la foulée, Corneille Nangaa (Alliance du Fleuve Congo, pro-M23) a fustigé une « hypocrisie » européenne, forçant son groupe à suspendre sa participation aux négociations. « Deux poids, deux mesures », a-t-il taclé, exigeant des garanties avant de reprendre la table des discussions.
Tshisekedi sous pression
Le M23 réclame désormais un engagement public du président congolais Félix Tshisekedi pour des négociations directes – une option que Kinshasa refuse catégoriquement. La donne est compliquée : les rebelles contrôlent de vastes zones des provinces du Nord et Sud-Kivu, tandis que l’ONU alerte sur une crise humanitaire explosive.
Dernier rapport en date : près d’un million de déplacés depuis fin janvier 2025*, dont 400 000 enfants. « Ces chiffres risquent d’empirer avec l’escalade des combats », prévient l’Unicef. Un cercle vicieux qui éloigne un peu plus l’espoir d’apaisement dans cette région meurtrie.



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