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Tensions diplomatiques : la France menace Alger de suspendre les visas pour ses diplomates

Tensions diplomatiques : la France menace Alger de suspendre les visas pour ses diplomates

Coup de pression à l’horizon. Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur français, a annoncé mardi envisager de suspendre les exemptions de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques algériens. Une mesure qui fait suite au refus d’Alger de repatrier plusieurs dizaines de ses ressortissants que Paris souhaite expulser. « L’Algérie ne respecte pas l’accord de 1994 », a-t-il assené sur France Inter, faisant référence au texte qui oblige normalement à la réadmission automatique des nationaux.

Face à ce blocage, Retailleau a dégainé une « riposte progressive » – validée en comité interministériel – dont la première étape serait justement de supprimer le régime dérogatoire accordé depuis 2007 aux diplomates algériens. « On ne peut pas laisser passer ça », a-t-il martelé, qualifiant les personnes visées par les expulsions de « dangereuses » ou d’anciens condamnés.

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Bras de fer consulaire

Du côté d’Alger, on campe sur ses positions. Le ministère des Affaires étrangères a balayé la liste d’une soixantaine de noms transmise par la France, invoquant des « vices de procédure ». Mais surtout, il a clairement signifié son agacement : « Nous rejetons catégoriquement les tentatives d’intimidation et les ultimatums. » Les autorités algériennes assurent vouloir « protéger [leurs] citoyens » et garantir leurs droits, tout en appelant Paris à passer par « les canaux habituels » (préfectures et consulats).

La polémique s’envenime sur fond de relations déjà glaciales. Depuis qu’Emmanuel Macron a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en juillet 2023, le climat est exécrable entre les deux capitales. L’afflux de migrants algériens sans papiers en France – dont certains soupçonnés d’incitation à la violence – n’arrange rien. En témoigne l’expulsion récente d’un Algérien… immédiatement renvoyé dans l’Hexagone par Alger. Un camouflet qui a poussé Paris à menacer de restreindre les visas de travail et l’aide au développement.

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Le spectre des accords de 1968

Les tensions ne datent pas d’hier. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a enfoncé le clou mardi sur TF1 : « L’Algérie doit nous écouter, surtout concernant les individus dangereux. » En référence à l’attaque du 22 février à Mulhouse perpétrée par un Algérien en situation irrégulière, pourtant sous obligation de quitter le territoire. Le garde des Sceaux réclame ni plus ni moins le rappel de l’ambassadeur de France et la fin des « visas diplomatiques automatiques » : « La générosité française a des limites. »

Un discours qui fait écho aux avertissements de François Bayrou fin février : le Premier ministre avait évoqué la possible remise à plat du statut spécial accordé aux Algériens en France depuis 1968 (circulation, séjour, emploi). Emmanuel Macron a depuis apporté son soutien à une « renégociation » – sans annulation – de ces accords hérités de l’histoire coloniale. Une épine de plus dans le pied d’une relation franco-algérienne qui n’en finit pas de se crisper.

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