Le ramadan, période sacrée pour les musulmans, pose chaque année une question sensible dans le monde du football : comment concilier jeûne et performances sportives ? Entre privation de nourriture et d’eau de l’aube au coucher du soleil, les joueurs doivent jongler entre foi et exigences physiques. Un défi que certains gèrent sans sourciller, quand d’autres réclament des aménagements. Un sujet qui divise, jusqu’au sein des instances.
La FFF tente de cadrer le débat
À la Fédération Française de Football (FFF), on préfère mettre des règles claires. En 2024, les joueurs internationaux musulmans sont invités à reporter leur jeûne en dehors des stages avec les Bleus. « Personne, à commencer par moi, n’a interdit à quelqu’un de jeûner », assure le président Philippe Diallo. Mais les horaires d’entraînement, de matches ou des repas restent inchangés : « C’est aux joueurs de s’adapter. » Une position qui ne fait pas l’unanimité, mais trouve un écho surprenant chez une star du ballon rond : Karim Benzema.
Benzema, le jeûne comme une force
En plein ramadan, l’ancien attaquant du Real Madrid, aujourd’hui en Arabie Saoudite, assume sans complexe. Interrogé en 2022 par Esquire sur d’éventuels ajustements, sa réponse fuse : « Ça n’a aucun impact. » Et le Ballon d’Or 2022 de préciser : « Le ramadan fait partie de ma vie. Ma religion le rend obligatoire, c’est très important pour moi. Je me sens bien quand je jeûne. » Un état d’esprit qui, loin de le freiner, semble même le booster.
Nasri défend Benzema : « Le meilleur version ramadan »
Son ancien coéquipier Samir Nasri abonde dans son sens. Pour lui, le débat est stérile : « Pourquoi demander à un joueur s’il jeûne ? Ça ne devrait même pas exister, ces questions. » Et de tacler les sceptiques : « Karim, c’est le meilleur quand il est sous ramadan. On en parle, de ça ? » L’ex-international français balaye les clichés : « Certains mangent des McDo et marquent des triplés… Y’a aucune logique. La foi, ça se compte pas en stats. »
Preuve que, pour Benzema comme pour d’autres, le jeûne n’est pas un obstacle, mais une affaire personnelle – entre conviction intime et discipline de fer. Reste à voir si les clubs suivront cette philosophie… ou continueront à compter les minutes avant la rupture du jeûne.



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