Des hauts responsables de la sécurité nationale américaine ont involontairement intégré un journaliste renommé à une discussion groupée sur Signal évoquant une frappe contre les Houthis au Yémen. Celui-ci a ainsi découvert les plans de l’attaque deux heures avant son déclenchement.
Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du magazine The Atlantic, a raconté l’incident dans un article publié lundi. Le 11 mars, il a reçu une demande de contact sur Signal de la part d’un certain « Michael Waltz » – nom du conseiller à la sécurité nationale des États-Unis. Mais Goldberg ignorait alors s’il s’agissait du véritable compte.
Deux jours plus tard, il est ajouté à un groupe nommé « Houthi PC Small Group ». Un message de « Michael Waltz » y annonce : « Équipe [sic] – création d’un groupe de principes [sic] pour coordonner les actions contre les Houthis, notamment dans les 72 prochaines heures. » Goldberg précise que le « comité des directeurs » désigne habituellement les plus hauts responsables sécuritaires, comme les secrétaires à la Défense, aux Affaires étrangères ou le directeur de la CIA.
BREAKING: The Trump admin accidentally texted a journalist, Jeffrey Goldberg, from The Atlantic, their top-secret war plans on Yemen.
— Brian Krassenstein (@krassenstein) March 24, 2025
Texts are below between Vance and Hegseth, in which the journalist was included.
Imagine if Biden did this! So incompetent. pic.twitter.com/CGIkNq0iNX
Le journaliste avoue avoir douté de l’authenticité des échanges : « Je n’arrivais pas à croire que l’état-major américain discuterait de plans militaires sensibles sur Signal, ni que le conseiller à la sécurité nationale inclurait par négligence le rédacteur en chef de The Atlantic dans un tel groupe, avec la vice-présidente JD Vance. » Pourtant, au fil des messages, les détails l’ont convaincu de leur réalité.
« Pour illustrer l’imprudence sidérante de cette conversation, les messages du secrétaire à la Défense Pete Hegseth décrivaient des éléments opérationnels : cibles visées, armements déployés, séquence des attaques », écrit Goldberg. Après les frappes réelles, intervenues à l’heure prévue dans le groupe, il a contacté des membres pour vérifier la légitimité du chat.
Brian Hughes, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, a confirmé : « Cette conversation semble authentique. Nous examinons comment un numéro a pu être ajouté par erreur. » Interrogé à la Maison-Blanche, Donald Trump a affirmé ignorer l’affaire. Karoline Leavitt, sa porte-parole, a défendu l’équipe : « Le président a une confiance absolue en Mike Waltz. »
Pete Hegseth, lui, a balayé les accusations : « Personne n’a envoyé de plans militaires par texto. Goldberg est un prétendu « journaliste » trompeur et discrédité, spécialiste des canulars. »
L’incident a provoqué de vives réactions politiques. Jack Reed, sénateur démocrate, a dénoncé « l’une des pires négligences en matière de sécurité opérationnelle » jamais observées, soulignant que « des vies dépendent de canaux de communication sécurisés. La légèreté de l’administration Trump est dangereuse. » Chuck Schumer, chef de l’opposition au Sénat, a exigé une enquête : « Cette fuite met en danger nos soldats et sert nos ennemis. Ces responsables sont incompétents. »
Une histoire qui mêle légèreté numérique et tensions géopolitiques, résumant une époque où les secrets d’État peuvent échouer… dans la mauvaise boîte de discussion.



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