Emmanuel Macron a réuni ce lundi le premier Conseil de planification écologique depuis plus d’un an et demi, dans le but de « remobiliser » le gouvernement alors que la baisse des émissions de CO2 ralentit.
Une quinzaine de ministres ont fait le point sur les objectifs climatiques de la France et préparé de nouvelles mesures, notamment dans les transports, le bâtiment et la forêt.
« On observe un léger ralentissement dans la baisse des émissions », a reconnu l’Élysée vendredi. Selon les premières estimations, les émissions de gaz à effet de serre n’ont diminué que de 1,8 % en 2024 – un rythme insuffisant pour respecter l’engagement européen de les réduire de moitié d’ici 2030 (par rapport à 1990).
« C’est l’une des raisons qui ont poussé le président à convoquer ce conseil et à relancer la mobilisation dans certains secteurs où nous ne sommes pas tout à fait dans les clous », a expliqué une source présidentielle.
Transports et logement en ligne de mire
Les discussions ont particulièrement porté sur les transports et le bâtiment, deux gros émetteurs de CO2, ainsi que sur la forêt, où l’absorption de carbone est moins forte que prévu.
« Dans ces trois domaines, plusieurs dispositifs existants pourraient être renforcés », a indiqué l’Élysée. Le gouvernement souhaite notamment amplifier les aides à l’achat de véhicules électriques et accélérer le remplacement des chauffages fossiles par des solutions électriques.
Lors du dernier conseil, en septembre 2023, plusieurs annonces avaient été faites : lancement de conférences climat régionales, 700 millions d’euros pour développer 13 réseaux de trains métropolitains (RER), ou encore l’objectif d’installer un million de pompes à chaleur d’ici 2027.
Initialement prévue le 28 mars, cette nouvelle réunion avait été reportée en raison des discussions sur la guerre en Ukraine.
Conférence pour les océans
À l’issue du conseil, Macron s’est rendu à la conférence SOS Océans, où il a détaillé ses priorités pour le sommet mondial des Nations unies qui se tiendra à Nice en juin.
Il a plaidé pour une ratification rapide du traité sur la haute mer, adopté en 2023 et déjà signé par 110 pays… mais ratifié par seulement 21.
« L’objectif, à Nice, est d’atteindre au moins 60 ratifications pour son entrée en vigueur. On n’y est pas encore… Il reste beaucoup de travail », a-t-il souligné.
Le président a aussi appelé à créer de nouvelles aires marines protégées, à lutter plus fermement contre la pêche illégale et à investir dans la décarbonation du transport maritime, avec un objectif de neutralité carbone en 2050.
« Certaines grandes puissances réduisent les budgets de recherche publique et remettent en cause les conclusions scientifiques », a-t-il lancé, dans une allusion transparente à Donald Trump. « Toute action pour les océans doit s’appuyer sur la science. »
La France milite par ailleurs pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins, le temps d’approfondir les connaissances scientifiques.



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