Des courriers envoyés à des entreprises françaises créent la polémique.
C’est une fronde inattendue entre Paris et Washington. Le ministre délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin a exprimé son « profond choc » après la révélation de courriers envoyés par l’ambassade des États-Unis à des sociétés françaises. Ces documents les mettaient en garde contre leurs politiques de promotion de la diversité, suscitant une vive réprobation dans l’Hexagone.
« Transiger sur ces engagements ? Impensable. Ces politiques font avancer notre pays sur l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les discriminations ou l’intégration des personnes handicapées », a martelé le ministre sur RTL. Une position ferme qui résonne comme un rappel aux valeurs républicaines.
Des entreprises françaises sous pression
Selon Bercy, une cinquantaine de groupes tricolores travaillant – ou aspirant à travailler – avec l’administration américaine ont reçu ces missives. Celles-ci leur demandaient de certifier l’absence de programmes « diversité, équité et inclusion » (DEI), une cible récurrente de Donald Trump depuis son entrée à la Maison Blanche en janvier. Le président américain considère ces dispositifs comme « discriminatoires », alimentant un débat explosif outre-Atlantique.
« Ces conceptions ne sont pas les nôtres », rétorque l’entourage du ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Laurent Saint-Martin enfonce le clou : « Imposer ces règles à nos entreprises, soumises au droit français, c’est une nouvelle forme d’extraterritorialité américaine. Cette fois, dans le champ de nos valeurs. Inacceptable. »
La riposte s’organise
Le Quai d’Orsay compte interpeller officiellement l’ambassade américaine pour clarifier les « intentions réelles » derrière ces courriers. Une démarche qui intervient alors que plusieurs ministres montent au créneau. « Personne ne dictera aux entreprises françaises de freiner le progrès social », a tonné Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, sur BFM TV.
Du côté du Medef, le patron Patrick Martin se veut rassurant : « Nos valeurs ne sont pas négociables. Les règles françaises s’appliquent ici. » Un front commun se dessine, tandis que de nombreuses entreprises concernées auraient déjà fait savoir leur refus de plier.



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