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Guinée : la junte fixe enfin un référendum constitutionnel en septembre

Guinée : la junte fixe enfin un référendum constitutionnel en septembre

La junte guinéenne a finalement annoncé un référendum sur sa nouvelle constitution pour septembre 2025. Une première étape – très attendue – vers un retour promis des civils au pouvoir, initialement prévu fin 2024.

« C’est le dimanche 21 septembre 2025 que se tiendra le référendum d’adoption de la nouvelle constitution », a déclaré le général Amara Camara, secrétaire général de la présidence, dans une allocution télévisée mardi. Une date officialisée par décret présidentiel, rapportait l’agence de presse française AFP.

Depuis son coup d’État de septembre 2021, le chef de la junte Mamadi Doumbouya multiplie les promesses sous pression internationale : référendum constitutionnel, puis transfert du pouvoir. Aucune n’a été tenue à ce jour.

Dans son discours du Nouvel An, Doumbouya avait qualifié 2025 d' »année électorale cruciale » sans donner de calendrier. S’il affirme ne pas vouloir se présenter à la présidentielle, son entourage le pousserait à briguer le poste. Une possibilité si la nouvelle constitution lève l’interdiction faite aux membres de la junte de se porter candidats.

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Pardon controversé pour l’ancien dictateur

L’annonce du référendum survient quatre jours seulement après la grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara. L’ex-chef de la junte (2008-2010), condamné en juillet 2024 à 20 ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009, est soudainement libéré.

Ce jour-là, au stade de Conakry, au moins 156 opposants étaient tués et 109 femmes violées lors d’une répression sanglante documentée par l’ONU. « Une décision qui bafoue la justice et encourage l’impunité », dénoncent la FIDH et des ONG locales. Le gouvernement invoque des « raisons de santé » pour justifier ce pardon, tout en promettant d’indemniser les victimes… deux jours avant la libération.

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Une transition sous tensions

Sur la scène intérieure, la junte accumule les critiques. Partis d’opposition et société civile l’accusent d’étouffer les libertés et de traîner des pieds. Manifestations interdites, médias fermés, disparitions de figures critiques : les méthodes rappellent les régimes autoritaires qui ont marqué l’histoire du pays depuis l’indépendance de 1958.

Malgré ses richesses en bauxite et en or, la Guinée reste l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. Un paradoxe que la junte dit vouloir résoudre en luttant contre la corruption. Mais ses détracteurs y voient surtout un prétexte pour museler toute opposition.

La communauté internationale observe ce référendum de septembre avec méfiance. Les observateurs rappellent un impératif : les militaires doivent tenir parole cette fois. La crédibilité de la transition – et l’espoir de millions de Guinéens – en dépendent.

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