Alors que les tensions au sein de l’OTAN s’intensifient, le secrétaire d’État américain Marco Rubio est à Bruxelles pour apaiser les craintes des alliés, tandis que la France exprime de vives inquiétudes quant à l’engagement du président Donald Trump envers la sécurité européenne.
Paris a tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’il perçoit comme des fissures grandissantes dans l’unité de l’Alliance atlantique, suite aux récentes déclarations et décisions de Donald Trump. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a averti que l’OTAN était « mise à l’épreuve par les annonces d’hier », alors que les craintes persistent en Europe sur le soutien à long terme des États-Unis.
Jeudi, Marco Rubio et le nouvel ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matt Whitaker, sont arrivés à Bruxelles pour participer à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance. Les Européens espèrent des clarifications sur les intentions de l’administration Trump, notamment concernant le déploiement des troupes américaines en Europe.
« L’OTAN plus forte avec Trump », assure Rubio
Malgré l’inquiétude palpable dans les capitales européennes et au Canada, Rubio a adopté un ton optimiste, balayant ce qu’il qualifie d’« hystérie médiatique » autour du rôle américain. Aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, il a insisté : « Les États-Unis sont aussi engagés que jamais dans l’OTAN. Le président Trump soutient l’Alliance, nous resterons, mais nous voulons qu’elle soit plus forte. Cela exige que les membres augmentent leurs capacités. »
Matt Whitaker a renchéri : « Sous la direction de Trump, l’OTAN sera plus solide. » Tout en rappelant que sa vitalité dépendait d’un « partage équitable des efforts ».
L’Europe en mode vigilance
Malgré ces déclarations, le scepticisme demeure. Les critiques de Trump envers des alliés comme le Canada, son rapprochement avec Vladimir Poutine et les nouvelles taxes douanières américaines alimentent les doutes. Plusieurs pays redoutent un retrait partiel des troupes américaines du continent.
En marge des discussions, Rubio a rencontré son homologue danois, Lars Løkke Rasmussen, sans évoquer le Groenland – sujet sensible depuis la proposition (avortée) de Trump d’acheter ce territoire danois semi-autonome.
Mark Rutte, en gardien de l’unité de l’OTAN, a minimisé les risques : « Rien ne laisse présager un retrait soudain des forces américaines. »
L’Europe se prépare à prendre le relais
En coulisses, les craintes persistent. Le pivot de Trump vers l’Asie et sa priorité donnée aux frontières américaines poussent les Européens à anticiper d’éventuels vides sécuritaires. À Washington, des tensions ont éclaté après les accusations du sénateur républicain Roger Wicker envers le Pentagone, soupçonné de planifier une réduction des effectifs en Europe – ce que le département de la Défense dément.
Dans l’urgence, les pays européens et le Canada accélèrent leurs « stratégies de transfert de responsabilités », renforçant leurs dépenses militaires et leur coopération. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, résume : « Les États-Unis attendent que l’Europe assume davantage sa sécurité. Cela passe par un pilier européen de l’OTAN plus robuste. »
Alors que l’Alliance navigue en eaux troubles, un constat s’impose : la confiance transatlantique, autrefois acquise, se négocie désormais au compte-gouttes.



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