La Grèce a connu un arrêt quasi-total ce mercredi à l’occasion d’une grève nationale massive, orchestrée par les principales fédérations syndicales du pays. Manifestations, transports paralysés, perturbations touristiques : des milliers de citoyens ont réclamé des hausses salariales et des mesures urgentes pour faire face à la flambée des prix, dans un contexte de crise du pouvoir d’achat persistante.
Organisé par la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE) et la Confédération des fonctionnaires (Adedy), soutenu par le syndicat communiste Pame, ce mouvement de 24 heures a mobilisé salariés du public et du privé. Leur revendication centrale : une revalorisation des salaires, toujours parmi les plus bas de l’Union européenne, et une réponse concrète à l’inflation, malgré une croissance économique officiellement estimée à plus de 2 % par le FMI.
« Les prix nous étouffent. Impossible de survivre avec nos revenus actuels », témoigne Dimitris Stamatis, enseignant dans le public, lors du rassemblement d’Athènes. Comme lui, des milliers de manifestants ont défilé vers le Parlement, scandant : « Des salaires à la hauteur de nos vies ! »
Tourisme et déplacements à l’arrêt
Les conséquences ont été lourdes pour les transports. Ferries immobilisés, trains suspendus, métros athéniens au ralenti : le pays s’est figé à quelques jours de Pâques, période cruciale pour le tourisme. Les contrôleurs aériens, après un bras de fer juridique, ont finalement pu rejoindre la grève, entraînant l’annulation de vols internationaux et nationaux. Des voyageurs se sont retrouvés bloqués dans les aéroports ou sur les îles, contraints de revoir leurs plans en urgence.
Parmi les manifestants, les retraités ont marqué les esprits. Beaucoup réclament le rétablissement des 13e et 14e mois de pension, supprimés pendant la crise de 2009. « Ces allocations étaient notre bouée de secours. Aujourd’hui, on survit, on ne vit pas », déplore Maria Papadopoulou, 71 ans.
Une colère aux multiples visages
La mobilisation a aussi pris une dimension internationale, avec des drapeaux palestiniens agités en soutien à Gaza, tandis qu’à Thessalonique et dans d’autres villes, les cortèges ont dénoncé la gestion gouvernementale de l’économie.
Si le FMI salue les progrès budgétaires de la Grèce, il met en garde contre des hausses de salaires jugées « risquées » pour l’inflation. Un argument qui laisse les travailleurs sceptiques. « La croissance, ça sonne bien, mais nos factures, elles, ne diminuent pas », résume un employé du secteur privé.
Entre espoirs économiques et réalités sociales, le gouvernement se retrouve pris en étau, face à une colère qui, visiblement, ne passera pas en silence.

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