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La peine de mort en recrudescence mondiale, plusieurs pays africains tentés par son retour

La peine de mort en recrudescence mondiale, plusieurs pays africains tentés par son retour

Alors que la plupart des États ont tourné le dos à la peine capitale, le dernier rapport d’Amnesty International révèle une inquiétante augmentation des exécutions en 2023 – atteignant leur niveau le plus élevé depuis près d’une décennie. Dans le même temps, plusieurs pays africains envisagent de rétablir ce châtiment, suscitant l’alerte des défenseurs des droits humains.

Une tendance mondiale alarmante

Selon le rapport 2024 d’Amnesty International publié mardi, 1 518 exécutions ont été recensées l’an dernier – un chiffre en hausse, tiré principalement par l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak. Mais c’est en Afrique que la situation inquiète particulièrement : la République démocratique du Congo (RDC) et le Burkina Faso, sous régime militaire, envisagent de réintroduire la peine de mort pour les crimes de droit commun.

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« La peine de mort est un châtiment abject qui n’a pas sa place dans le monde actuel », dénonce Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty. L’organisation met en garde contre son instrumentalisation par certains régimes pour réprimer les opposants, cibler les minorités ou consolider leur emprise politique.

L’Afrique face à un retour en arrière ?

Cette possible résurgence du châtiment capital intervient dans un contexte où plusieurs pays africains avaient pourtant progressé vers son abolition. Le Tchad l’a interdite en 2020, suivi par la Sierra Leone et le Malawi en 2021 – ce dernier invoquant son incompatibilité avec les droits humains.

Pourtant, certains gouvernements justifient son retour par la lutte contre le terrorisme ou la criminalité. Au Nigéria, des discussions sont en cours pour l’étendre aux infractions liées à la drogue, malgré l’absence de preuves quant à son efficacité dissuasive.

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Des systèmes judiciaires trop fragiles

Les militants des droits humains soulignent les risques d’erreurs judiciaires, particulièrement dans des pays où la corruption et le manque de moyens entravent l’équité des procès. En Égypte, les exécutions sont menées dans le plus grand secret, tandis qu’au Nigéria, les aveux obtenus sous la torture restent monnaie courante.

« Comment imposer une sentence irréversible dans des systèmes judiciaires défaillants ? », interroge un rapporteur d’Amnesty. Près de 40 % des exécutions mondiales concernent des infractions liées aux stupéfiants – une pratique contraire au droit international, qui réserve la peine capitale aux crimes les plus graves, comme le meurtre.

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Un combat loin d’être gagné

Si 145 pays ont aboli la peine de mort ou cessé de l’appliquer, son usage persiste dans certains États africains, comme le Botswana, la Somalie et l’Égypte. La RDC et le Burkina Faso, en envisageant son retour, pourraient inverser des années de progrès.

Pour les organisations de défense des droits, la solution réside ailleurs : « Renforcer les systèmes judiciaires et lutter contre les causes profondes de la criminalité est bien plus efficace que la peine de mort », rappelle un militant local.

Alors que le débat s’intensifie, la question reste brûlante : l’Afrique va-t-elle céder à la tentation répressive ou poursuivre son chemin vers l’abolition ?

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