Six personnes ont été arrêtées ce vendredi en lien avec l’assassinat d’un supporter notoire de l’Inter Milan, tué par balle il y a plus de deux ans lors d’une guerre d’influence entre ultras, selon les autorités.
Vittorio Boiocchi, une figure historique des ultras de l’Inter et criminel multirécidiviste, avait été abattu près de chez lui en périphérie de Milan en octobre 2022, à 69 ans.
D’après la police, les six individus arrêtés sont ceux qui « ont planifié, commandité et exécuté » ce meurtre, lié à une lutte pour le contrôle des activités lucratives des ultras lors des matchs.
Parmi eux, deux hommes de 41 et 30 ans — identifiés comme Pietro Andrea Simoncini et Daniel D’Alessandro — ont été interpellés en Calabre (sud de l’Italie) et en Bulgarie. Simoncini serait proche d’une famille de la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, basée à Vibo Valentia.
Les quatre autres, considérés comme les commanditaires, étaient déjà derrière les barreaux depuis septembre dernier, après une vague d’arrestations visant 19 ultras de l’Inter et de l’AC Milan pour des liens présumés avec le crime organisé.
L’un d’eux, Andrea Beretta, avait pris la tête des ultras de la « Curva Nord » du stade San Siro après Boiocchi, avant de collaborer avec la justice suite à son incarcération pour le meurtre d’Antonio Bellocco, un autre caïd ultra et membre de la ’Ndrangheta.
Beretta avait poignardé Bellocco — issu d’une puissante famille mafieuse portant son nom — lors d’une bagarre devant une salle de boxe en banlieue milanaise, quelques semaines avant les arrestations massives.
Trahisons et règlements de comptes
Les enquêteurs ont précisé que ces nouvelles arrestations s’appuyaient en partie sur les déclarations de Beretta, qui dirigeait les ultras aux côtés de Marco Ferdico et Bellocco avant de retourner sa veste.
Marco Ferdico, son père Gianfranco, ainsi qu’un autre ultra, Cristian Ferrario, font partie des suspects accusés d’avoir orchestré le meurtre.
Cette affaire sanglante a secoué le foot italien, révélant l’emprise du crime organisé parmi les groupes ultras de l’Inter et du Milan. Deux procès sont en cours pour des activités illégales autour du San Siro : revente de billets, contrôle des parkings ou des stands de nourriture.
Les ultras de l’Inter jugés sont accusés de faire partie d’un réseau criminel s’inspirant des méthodes mafieuses. D’après les procureurs, Beretta et Ferdico se seraient appuyés sur les liens de Bellocco avec la ’Ndrangheta pour évincer d’autres groupes ultras, souvent proches de l’extrême droite.
Boiocchi, abattu quelques heures avant un match de l’Inter contre la Sampdoria, cumulait les condamnations depuis les années 1970. Interdit de stade, il avait écopé de plus de vingt ans de prison dans les années 90 pour trafic de drogue, et était un visage connu du milieu criminel milanais.


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