Ce samedi, les autorités de Gaza ont lancé un cri d’alarme glaçant : Israël utiliserait délibérément le manque d’eau potable comme une arme contre la population. Selon elles, cette stratégie fait partie d’un plan plus large pour asphyxier la bande de Gaza en aggravant la crise humanitaire.
Dans leur communiqué, elles dénoncent une véritable chasse à l’eau menée par Israël : coupures répétées des canalisations, puits détruits au bulldozer, stations d’épidationion rendues inutilisables… Sans oublier les privations d’électricité et de carburant qui paralysent les installations encore debout.
Le dernier coup en date ? L’arrêt forcé de deux énormes conduites d’eau israéliennes (Mekorot) qui fournissaient quotidiennement l’équivalent de 12 piscines olympiques à 700 000 habitants. Dans le centre de Gaza, l’usine de dessalement de Deir al-Balah a aussi été mise à l’arrêt par manque de courant, laissant 800 000 personnes en danger immédiat.
Le bilan depuis octobre 2023 est catastrophique : 90% des infrastructures hydrauliques réduites en miettes. Les équipes de réparation, bloquées par l’armée, ne peuvent même pas tenter de colmater les brèches.
« Ce sabotage organisé de l’eau potable équivaut à une condamnation à mort pour des milliers de civils », insiste le gouvernement local. Un appel à l’aide lancé à la communauté internationale, resté sans réponse pour l’instant.
La faim comme arme de guerre
Mais le cauchemar ne s’arrête pas là. Avec les points de passage fermés, les enfants crèvent littéralement de faim. Le ministère de la Santé de Gaza comptabilise déjà 52 petits morts de malnutrition – un chiffre qui grimpera si rien ne change.
« Une nouvelle vague de décès est inévitable », alerte Yusuf Ebu Er-Riş, ministre adjoint de la Santé, la voix nouée d’émotion. Dans les hôpitaux surchargés comme celui des Martyrs d’Aksa à Deir al-Balah, les cas se multiplient.
Savvar, 4 mois, pèse à peine plus qu’un nouveau-né. Sa mère Necva raconte : « On n’a plus de lait, plus de couches… Les frontières sont fermées, personne ne vient nous aider. Des gosses meurent chaque jour. Ma fille sera la prochaine ? »
Même désespoir chez Tahrir, dont la petite Razan (4 ans) dépérit à vue d’œil : « Avant la guerre, elle courait partout. Maintenant, elle peut même pas tenir debout. Sans nourriture correcte, comment la sauver ? »
Un silence complice ?
Pendant ce temps, le bilan humain ne cesse de s’alourdir : plus de 50 900 Palestiniens tués depuis octobre, surtout des femmes et enfants. La CPI a d’ailleurs émis des mandats contre Netanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre.
Israël doit aussi répondre devant la Cour internationale de Justice d’accusations de génocide. Mais sur le terrain, les bombes continuent de tomber… et les estomacs de crier famine.
Avec l’AFP


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