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Perrier risque de perdre son label « eau minérale naturelle » après une contamination

Perrier risque de perdre son label « eau minérale naturelle » après une contamination

La célèbre marque Perrier pourrait bien perdre son statut d’« eau minérale naturelle ». En cause : la découverte de bactéries dans certaines bouteilles, à l’usine principale de la marque située à Vergèze, dans le Gard. Ce qui choque aussi, c’est que cette contamination n’a été signalée aux autorités sanitaires que dix jours après sa détection.

Selon les révélations de la cellule investigation de Radio France, des bactéries d’origine intestinale ont été trouvées le 11 mars dans des bouteilles de 75 centilitres, directement sur le site appartenant à Nestlé Waters.

Suite à cela, la marque a arrêté l’une de ses lignes de production et mis en quarantaine 369 palettes, soit environ 300 000 bouteilles.

Ce n’est pas tout : des centaines de milliers de bouteilles de 50 cl ont également été bloquées après que des tests ont montré une présence élevée de germes vivants, un signe potentiel de contamination bactérienne.

Nestlé parle d’un « incident technique »

D’après Nestlé Waters, cet incident ferait suite à une « intervention technique sur la chaîne de production ». Le groupe affirme aussi qu’il n’y a eu « aucune déviation au niveau des forages ».

Dans une déclaration au journal Les Échos, Nestlé minimise la situation en parlant d’un événement « lié au fonctionnement normal d’une usine ». La marque assure également que « tous les produits mis sur le marché sont sûrs ».

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Un signalement trop tardif

La loi française est pourtant claire : toute contamination détectée doit être immédiatement signalée aux autorités de santé. Or, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie n’a été informée de la présence de bactéries que le 21 mars, soit dix jours après la première alerte.

Un deuxième problème, cette fois sur des bouteilles plus petites, a été identifié le 22 mars mais n’a été déclaré que le 4 avril.

Nestlé reconnaît un délai de signalement « un peu trop long », tout en assurant que cela « n’a aucun impact sur la qualité des produits », car toutes les mesures nécessaires auraient été prises immédiatement, selon le groupe.

Déjà des antécédents

Ce n’est pas la première fois que Perrier est confronté à ce genre de problème. En avril 2024, 3 millions de bouteilles avaient déjà été détruites à cause d’une contamination aux bactéries fécales.

Le label « eau minérale naturelle » en danger

Aujourd’hui, l’ARS recommande au préfet du Gard de retirer à Perrier le droit d’utiliser le label « eau minérale naturelle » pour ses produits issus du site de Vergèze. Une mesure qui concernerait tous les forages de l’usine.

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L’agence va même plus loin en évoquant une possible destruction complète des lots concernés.

D’après un rapport d’hydrologues mandatés par le ministère de la Santé, les forages de Perrier auraient perdu leur « pureté d’origine » — une condition essentielle pour conserver le statut d’eau minérale.

Ce même rapport, relayé par plusieurs médias français, émet un avis sanitaire défavorable et souligne d’importants écarts entre les analyses réalisées par Nestlé et celles des autorités sur la présence de traces fécales.

Nestlé affirme de son côté n’avoir « pas du tout » été informé de cette recommandation de l’ARS.

Le dossier transmis à la justice

De son côté, la répression des fraudes (DGCCRF) a transmis l’affaire à la justice, sur la base de l’article 40 du code pénal, qui impose aux agents publics de signaler tout soupçon d’infraction.

Par ailleurs, certains scientifiques s’inquiètent de l’utilisation, sur le site de Vergèze, de filtres de 0,2 micron censés traiter l’eau polluée. Ces filtres, selon eux, ne seraient pas suffisants pour éliminer tous les virus et certaines bactéries pourraient passer au travers.

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En 2022 déjà, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait alerté le ministère de l’Économie sur les risques liés à l’abandon de systèmes de filtration plus efficaces, comme les filtres à charbon actif ou les traitements par UV.

Début 2023, Jérôme Salomon, alors directeur général de la Santé, avait lui-même déclaré qu’il serait « inacceptable » de se contenter de la microfiltration.

Malgré ces alertes, le gouvernement d’Élisabeth Borne avait accordé à Nestlé une dérogation spéciale, avec l’aval de l’Élysée. Cette dérogation est toujours en vigueur aujourd’hui.

Quelle suite pour Perrier ?

Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, devrait trancher dans les jours à venir sur l’avenir du label « eau minérale naturelle » pour la marque.

De son côté, Laurent Freixe, PDG de Nestlé, a déclaré devant le Sénat le 9 avril qu’une enquête interne avait été lancée.

Lors de l’assemblée générale du groupe, la fondation suisse Ethos – représentant plusieurs fonds de pension – a demandé à ce que les résultats de cette enquête, ou au moins un résumé, soient rendus publics pour que les actionnaires puissent évaluer les risques.

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