Dans la nuit, la Russie a mené une attaque d’une rare intensité contre Kyiv, faisant au moins huit morts et plus de 70 blessés, selon les autorités ukrainiennes. C’est l’attaque la plus violente sur la capitale depuis le début de l’année.
Des missiles et drones ont frappé plusieurs quartiers de la ville, déclenchant des incendies et provoquant d’importants dégâts. Parmi les blessés, six enfants ont été touchés, et des habitants sont toujours coincés sous les décombres.
« Il y a eu des destructions. Les recherches continuent pour retrouver les personnes sous les débris », a indiqué le service d’urgence ukrainien sur Telegram.
Kyiv touchée de plein fouet
Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a confirmé qu’au moins huit personnes avaient perdu la vie dans la capitale. Un précédent bilan faisait état de neuf morts. Le secteur le plus durement touché se trouve dans le district de Sviatochyn, à l’ouest du centre-ville, où deux immeubles ont été gravement endommagés.
Des images diffusées sur les réseaux montrent les équipes de secours travaillant sous des projecteurs, fouillant les gravats et grimpant le long des façades à l’aide d’échelles. Les policiers allaient de porte en porte pour vérifier si les résidents étaient sains et saufs.
Le ministère de l’Intérieur a précisé que les sauveteurs intervenaient sur 13 sites différents à Kyiv, avec des spécialistes de l’escalade et des chiens renifleurs. Pas moins de 40 incendies ont été recensés après les frappes.
« On entend encore des téléphones sonner sous les décombres. Les recherches continueront tant qu’on ne sera pas sûrs d’avoir retrouvé tout le monde », ont précisé les secours.
Des garages, des bâtiments administratifs et plusieurs véhicules ont aussi été endommagés par des débris métalliques.
Témoignages poignants et alerte de plusieurs heures
L’alerte aérienne a duré six heures. Viktoria Bakal, une habitante de Kyiv, a raconté l’horreur de cette nuit :
« Les sirènes ont retenti, on n’a même pas eu le temps de s’habiller pour sortir. Il y a eu une explosion, puis une autre… Toutes les fenêtres ont volé en éclats, les portes, les murs… Mon mari et mon fils ont été projetés de l’autre côté de la pièce. »
D’après l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 145 drones et 70 missiles, dont 11 balistiques. Les défenses ukrainiennes ont réussi à abattre 112 engins.
Plusieurs régions visées, notamment Kharkiv et Zhytomyr
Au-delà de Kyiv, au moins sept autres régions ont été ciblées. Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays, a subi 14 attaques de drones et 10 frappes de missiles dans la nuit, selon le maire Ihor Terekhov. Plusieurs immeubles, une école, une polyclinique, des entreprises, ainsi qu’un hôtel ont été endommagés. Une personne a été hospitalisée.
Dans la région de Zhytomyr, à l’ouest de Kyiv, une nouvelle frappe a visé les équipes de secours qui intervenaient sur un incendie. Un travailleur a été blessé.
Les infrastructures ferroviaires ont également été touchées. Deux employés du réseau ukrainien ont été blessés. Malgré les dégâts sur les voies et bâtiments techniques dans les régions de Kyiv et Kharkiv, la circulation des trains n’a pas été interrompue.
Pavlohrad également frappée, mais pas de victimes
Dans la ville industrielle de Pavlohrad, située dans la région de Dnipropetrovsk, 14 immeubles ont subi des dégâts, notamment au niveau des vitres et balcons. Heureusement, aucune victime n’a été signalée, selon le gouverneur régional Serhiy Lysak.
Un contexte diplomatique tendu
Cette attaque survient alors que la guerre en Ukraine entre dans une phase délicate. Kyiv et Moscou sont sous pression, notamment de la part des États-Unis, pour faire avancer les discussions de paix. L’administration Trump a menacé de se désengager si aucun progrès n’était fait, poussant les Européens à renforcer leur soutien à l’Ukraine.
Des pourparlers tenus à Londres mercredi ont permis « des avancées importantes » selon une déclaration commune de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Toutefois, la rencontre a perdu en poids diplomatique après l’annulation de dernière minute de la venue du secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Donald Trump a d’ailleurs semblé pointer du doigt le président ukrainien Volodymyr Zelensky après que celui-ci a réaffirmé qu’il ne reconnaîtrait jamais l’annexion de la Crimée par la Russie dans le cadre d’un accord de paix.
Avec Reuters



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