Les personnes souffrant de troubles du sommeil auraient un risque bien plus élevé de développer des maladies neurodégénératives comme la démence, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Cardiff.
D’après cette recherche, publiée dans une revue scientifique et basée sur l’analyse de plus d’un million de dossiers médicaux, un trouble du sommeil diagnostiqué pourrait doubler le risque de développer une maladie neurodégénérative dans les 15 années suivantes.
« Ce risque accru est indépendant des facteurs génétiques liés à Alzheimer ou Parkinson. Les troubles du sommeil semblent presque compenser un faible risque génétique », explique la professeure Valentina Escott-Price, de l’Institut de recherche sur la démence au Royaume-Uni.
Une étude basée sur des données solides
Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont étudié les données de trois grandes biobanques – des bases de données contenant des échantillons biologiques et des informations médicales – qui leur ont permis d’accéder à des dossiers de santé précis, incluant des dates de diagnostic de troubles du sommeil.
Les chercheurs ont ensuite classé les participants en deux grandes catégories :
- Les troubles du sommeil liés au rythme circadien (horloge biologique), comme le somnambulisme ou la narcolepsie
- Les troubles dits non organiques, qui ne sont pas liés à une cause psychologique identifiable, comme l’insomnie chronique ou les cauchemars
Des résultats sans appel
Voici les principaux résultats de l’étude :
- Les troubles circadiens et les troubles non organiques sont associés à un risque accru de démence dans les 10 à 15 années suivant leur apparition. Ce risque est encore plus important chez les personnes cumulant plusieurs troubles du sommeil.
- Les troubles du rythme circadien sont liés à un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer dans les 10 à 15 ans suivant le diagnostic.
- Ces deux types de troubles sont également associés à un risque accru de démence vasculaire, cette fois dans les 5 à 10 années suivant le diagnostic.
- Enfin, les personnes concernées présentent également un risque accru de développer la maladie de Parkinson dans les 10 à 15 ans.
« Les personnes atteintes de démence souffrent souvent de troubles du sommeil, mais on manquait encore de preuves solides pour affirmer que le mauvais sommeil pouvait augmenter le risque de démence », souligne la docteure Emily Simmonds, bioinformaticienne à l’Université de Cardiff.
« Nos résultats sont très clairs : un trouble du sommeil précède souvent l’apparition de maladies neurodégénératives. »
Et après ?
Si l’étude ne permet pas encore d’affirmer qu’améliorer le sommeil permet de réduire les risques, elle ouvre la voie à de nouvelles recherches. Les prochaines étapes consisteront notamment à évaluer si des traitements médicamenteux ou des interventions sur le sommeil peuvent avoir un effet protecteur.
« Il reste des questions à explorer, mais notre travail montre que les troubles du sommeil sont un facteur de risque à prendre au sérieux pour ces maladies », conclut la professeure Escott-Price.



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