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Présidentielle 2027 : les vieux partis rêvent d’un retour en grâce

Présidentielle 2027 : les vieux partis rêvent d’un retour en grâce

Longtemps relégués aux marges de la vie politique française, les Républicains et les Socialistes entrevoient une possible renaissance, à l’heure où l’horizon s’obscurcit pour Emmanuel Macron et où l’avenir de Marine Le Pen semble compromis.

Une opportunité rare pour l’ancien monde

Huit années de marginalisation politique n’ont pas éteint les ambitions des deux grandes formations historiques françaises. Avec un président empêché de briguer un nouveau mandat, une extrême droite affaiblie par les déboires judiciaires de sa cheffe de file, et un électorat de plus en plus lassé des clivages violents, la fenêtre de tir semble plus ouverte que jamais pour les partis traditionnels.

Chez Les Républicains, l’heure est à l’optimisme depuis l’élection de Bruno Retailleau à leur tête. Populaire auprès de la droite dure, l’actuel ministre de l’Intérieur incarne un retour à l’ordre et aux valeurs classiques de la droite républicaine.

Du côté des Socialistes, c’est ce jeudi que les militants choisiront leur nouveau premier secrétaire, une décision stratégique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Parmi les candidats, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, tente de s’imposer comme le visage du renouveau.

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Les fantômes d’une époque révolue

Il n’y a pas si longtemps, la vie politique française se résumait à une alternance entre deux pôles : la gauche socialiste et la droite républicaine. À l’image des Démocrates et Républicains aux États-Unis ou des travaillistes et conservateurs britanniques, la Vᵉ République a longtemps vécu sous le règne de ce duo bien établi.

Puis Emmanuel Macron a surgi en 2017, dynamitant ce système à coups de promesses de dépassement des clivages. Le jeune ministre devenu président a siphonné le centre, attiré les modérés de tous bords, et vidé les partis historiques de leur substance, tant en électeurs qu’en cadres.

Résultat : en 2022, les Républicains chutent sous les 5 % à la présidentielle. Les Socialistes, eux, tombent à 1,7 %. Une débâcle.

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Une lente remontée dans les sondages

Mais les lignes ont commencé à bouger. Les Républicains ont repris pied dans le gouvernement, à la faveur de l’échec de Macron à maintenir sa majorité après les élections anticipées. Les Socialistes, longtemps dominés à gauche par Jean-Luc Mélenchon, ont dû se résoudre à une alliance difficile avec lui. Et contre toute attente, la coalition NUPES a bousculé l’ordre établi lors des législatives.

« Nous voulons un candidat socialiste, puis aller discuter avec nos partenaires à gauche », plaide le député Jérôme Guedj, soutien de Mayer-Rossignol. L’idée est claire : ne plus se laisser dicter la ligne par La France Insoumise.

Reprendre le contrôle des deux pôles

Avec la fin annoncée de l’ère Macron, chaque camp se prépare pour la suite. L’enjeu est de ramener à la maison les électeurs dispersés. À droite, il s’agit de récupérer ceux qui ont basculé vers Macron, voire vers Le Pen. À gauche, le défi est de détrôner Mélenchon sans fracturer un électorat déjà divisé.

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« À terme, l’attractivité de Macron va pencher toujours plus à droite », confie un ministre issu des Républicains, sous couvert d’anonymat. « Il y aura un réalignement : les centristes rejoindront la droite traditionnelle, et le reste retournera chez les Socialistes. »

Mais rien n’est gagné. Il faudra composer avec les ambitions de poids lourds comme Édouard Philippe ou Gérald Darmanin, ex-républicains désormais dans l’orbite présidentielle, mais bien décidés à tracer leur propre route.

Retour vers le futur ?

Alors que les grandes manœuvres pour 2027 ont déjà commencé, une question reste en suspens : les Français veulent-ils vraiment le retour à une politique binaire, ou aspirent-ils à autre chose ? Pour les vieux partis, c’est peut-être leur dernière chance de redevenir des acteurs majeurs. Mais encore faut-il réussir à incarner l’époque… et non la nostalgie.

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