Sous la pression croissante de Bruxelles et de Paris, TikTok a décidé de supprimer à l’échelle mondiale le hashtag “#SkinnyTok”, associé à une vague de vidéos prônant une perte de poids extrême. Une décision saluée comme une victoire pour la protection des mineurs en ligne.
Un hashtag toxique dans le viseur des autorités
Depuis plusieurs mois, le hashtag “SkinnyTok” était devenu un point de ralliement sur TikTok pour des contenus promouvant des régimes drastiques, des astuces minceur inquiétantes, et des images de jeunes femmes décharnées glorifiant la maigreur. Ce déferlement de contenus dangereux n’a pas échappé aux régulateurs européens.
À Bruxelles, la Commission européenne a rapidement alerté sur les dérives de cette tendance. En France, l’Arcom, le régulateur des médias, s’est également mobilisé. Face à la pression, le réseau social a tranché : “Nous avons bloqué les résultats de recherche liés au #skinnytok, car ils sont désormais associés à des contenus de perte de poids malsaine,” a indiqué lundi Paolo Ganino, porte-parole de TikTok.
Une victoire symbolique pour la France
Clara Chappaz, la ministre déléguée au Numérique, a salué dimanche une “victoire collective” après deux mois d’efforts. Elle avait notamment soutenu une pétition citoyenne et rencontré des responsables de TikTok à Dublin début mai. Très engagée sur le sujet, elle a promis de poursuivre le combat : “La lutte pour protéger nos enfants en ligne ne s’arrête pas là. Je ne lâcherai rien. Interdire les réseaux sociaux avant 15 ans est ma priorité.”
Cette action contre le hashtag SkinnyTok s’inscrit dans un mouvement plus large, mené au niveau européen, pour encadrer l’usage des réseaux sociaux par les plus jeunes. Le sujet est devenu brûlant à Bruxelles, alors que de nouvelles réglementations sont à l’étude pour limiter drastiquement l’accès des enfants aux plateformes numériques.
Un rappel à l’ordre pour TikTok
Vendredi dernier, Michael McGrath, commissaire européen à la Protection des consommateurs, a échangé directement avec le PDG de TikTok, Shou Chew. Il a tenu à réaffirmer la “position ferme” de la Commission sur la protection de l’enfance, tout en évoquant les responsabilités de la plateforme dans la diffusion des contenus liés au hashtag SkinnyTok.
Ces échanges s’inscrivent dans le cadre d’une enquête plus vaste menée par l’Union européenne sur les algorithmes de TikTok, dans le cadre du règlement sur les services numériques (Digital Services Act). Une réglementation clé qui impose aux géants du web des obligations strictes en matière de modération et de sécurité des contenus.
Des précédents préoccupants
Ce n’est pas la première fois que TikTok se retrouve sous le feu des critiques pour l’impact de ses contenus sur la santé mentale. En 2024, l’entreprise avait dû suspendre, puis retirer complètement son programme “TikTok Lite”, qui incitait les utilisateurs à passer plus de temps sur l’application en échange de récompenses, suscitant une vive inquiétude chez les spécialistes de la santé mentale.
Une prise de conscience nécessaire
La suppression du hashtag “SkinnyTok” envoie un signal fort : les plateformes doivent assumer leurs responsabilités face à l’influence qu’elles exercent sur les plus jeunes. Si cette décision marque une avancée, elle n’est qu’un premier pas dans un débat complexe, où santé mentale, liberté d’expression et responsabilités numériques s’entrechoquent. Pour les autorités européennes, l’heure n’est plus à la sensibilisation, mais à l’action.



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