C’est une affaire glaçante qui secoue le Texas. Un informaticien employé par le département de la Justice américaine est accusé d’avoir secrètement glissé un médicament abortif dans la boisson de son ex-compagne enceinte, provoquant la perte du bébé. Il est également soupçonné d’avoir tenté d’effacer des preuves cruciales à distance pour entraver l’enquête, rapporte les médias américains.
Un avortement forcé dissimulé dans un café
Les faits remontent à l’automne dernier. Justin Anthony Banta, technicien informatique au sein d’une agence fédérale, entretenait une relation avec une femme qui, en septembre, découvre qu’elle est enceinte. D’après les déclarations de la victime aux enquêteurs du comté de Parker, Banta lui aurait aussitôt proposé de financer un avortement, suggérant même de commander en ligne des pilules dites « Plan C », utilisées pour interrompre une grossesse.
Mais la jeune femme refuse, déterminée à garder l’enfant. Quelques semaines plus tard, en octobre, elle retrouve Banta dans un café du comté de Tarrant. C’est là, selon elle, qu’il aurait profité d’un moment d’inattention pour verser discrètement une substance abortive dans sa boisson.
Le lendemain, la victime commence à ressentir une grande fatigue, puis des saignements abondants. Elle se rend aux urgences. Le 19 octobre, elle perd son bébé. Convaincue que la fausse couche a été provoquée par les médicaments administrés à son insu, elle alerte les autorités.
Des preuves effacées à distance
L’enquête prend une tournure encore plus troublante lorsque la police saisit le téléphone de Banta. D’après le communiqué du sheriff du comté de Parker, le suspect aurait utilisé ses compétences informatiques pour se connecter à distance à son propre appareil alors qu’il était entre les mains des enquêteurs. Il aurait alors déclenché un « reset » complet du téléphone, effaçant des éléments que la police qualifie de « cruciaux » pour l’affaire.
Une manœuvre qualifiée de falsification de preuves matérielles, en plus de la charge d’tentative de meurtre avec préméditation, qui pèse désormais contre lui. Deux chefs d’accusation lourds, pour lesquels un mandat d’arrêt a été émis.
Remis en liberté sous caution
Justin Banta a été arrêté vendredi dernier, selon les registres de la prison du comté. Il a été libéré quelques heures plus tard après avoir payé une caution fixée à 500 000 dollars pour la tentative de meurtre, et 20 000 dollars supplémentaires pour l’entrave à la justice.
Les autorités précisent que l’enquête est toujours en cours, et que le dossier a été transmis aux procureurs.
Un cas emblématique dans un contexte explosif
Cette affaire relance le débat autour de l’accès à l’avortement et des dérives que peut entraîner l’utilisation non encadrée de médicaments abortifs, comme les pilules de type « Plan C », accessibles en ligne dans certains États américains.
Dans un climat tendu où le droit à l’avortement est de plus en plus restreint dans plusieurs régions des États-Unis, ce type de dossier — mêlant abus de confiance, manipulation et intrusion technologique — suscite un profond malaise et pose de graves questions éthiques. Notamment sur la protection des femmes enceintes face aux violences invisibles.
Le procès de Justin Banta pourrait faire date.



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