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Géorgie : quatre figures de l’opposition condamnées, Bruxelles dénonce une dérive autoritaire

Géorgie : quatre figures de l’opposition condamnées, Bruxelles dénonce une dérive autoritaire

La tension monte d’un cran en Géorgie, où quatre leaders de l’opposition ont été condamnés à des peines de prison en début de semaine, alimentant les inquiétudes croissantes sur l’état de la démocratie dans ce pays du Caucase.

Mamuka Khazaradze, Badri Japaridze, Zurab Japaridze et Giorgi Vashadze ont écopé de sept à huit mois de prison, assortis d’une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant deux ans. Leur tort ? Avoir refusé de témoigner devant une commission parlementaire lancée par le parti au pouvoir, Rêve géorgien, dans ce que beaucoup considèrent comme une manœuvre politique pour museler l’opposition.

Un bras de fer politique qui inquiète Bruxelles

Les réactions ne se sont pas fait attendre. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dénoncé des peines « disproportionnées » et mis en cause le système judiciaire géorgien, qu’elle n’a pas hésité à qualifier de « machine de répression ».

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« Nous sommes prêts à envisager de nouvelles mesures restrictives contre les responsables », a-t-elle déclaré lundi, évoquant la possibilité de sanctions ciblées contre les juges ayant prononcé les condamnations. L’Union européenne prévoit de revenir sur le sujet en juillet.

Une commission parlementaire au cœur de la controverse

La commission à l’origine de ces convocations a été mise en place pour enquêter sur d’éventuels crimes commis par l’ancien gouvernement, dirigé à l’époque par le Mouvement national uni (UNM), aujourd’hui dans l’opposition. Mais ce dernier conteste la légitimité du parlement actuel, affirmant que les élections d’octobre dernier ont été truquées – des accusations que le parti au pouvoir réfute fermement.

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Fait notable : aucun des quatre opposants condamnés ne faisait partie du gouvernement visé par l’enquête, mais tous avaient été convoqués en tant que témoins. Leur refus de se présenter a suffi à entraîner leur inculpation.

Un climat de plus en plus tendu

Le Premier ministre géorgien Irakli Kobakhidze a, de son côté, adopté un ton menaçant. « Toute personne qui refusera de répondre aux convocations du parlement ira en prison », a-t-il martelé lundi.

Et ce n’est sans doute pas terminé : d’autres responsables politiques de l’opposition attendent encore leur jugement pour des faits similaires.

Alors que la Géorgie aspire officiellement à rejoindre l’Union européenne, ces derniers développements risquent de compromettre davantage ses relations avec Bruxelles. Aux yeux des Européens, l’indépendance de la justice et le respect du pluralisme politique sont des lignes rouges. Et elles semblent de plus en plus franchies à Tbilissi.

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