À l’occasion de la journée de la libération du Rwanda ce vendredi 4 juillet, le président Paul Kagame a tenu des propos qui ne passeront pas inaperçus chez son voisin congolais. Tout en reconnaissant les actions de Kigali contre les FDLR, il a catégoriquement rejeté toute responsabilité dans l’escalade du conflit qui ensanglante l’est de la RDC.
« Nous ne sommes pas à l’origine de ce conflit »
Le ton était ferme, presque défiant. « Vous pouvez nous blâmer pour le fait que nous faisons tout afin que les FDLR ne créent pas des problèmes au Rwanda. Mais vous ne pouvez pas nous blâmer d’avoir déclenché ce conflit », a lancé Kagame devant une foule en liesse, trente ans jour pour jour après la prise de pouvoir par son parti, le FPR.
Une déclaration qui sonne comme une réponse aux accusations récurrentes de Kinshasa, qui accuse le Rwanda de soutenir en sous-main la rébellion du M23. Un dossier explosif qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis des années.
Les FDLR, cette épine dans le pied de Kigali
Pour comprendre la position rwandaise, il faut remonter à 1994. Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont été créées par d’anciens génocidaires hutus qui ont fui au Congo après le massacre des Tutsis. Trente ans plus tard, ce groupe armé reste perçu par Kigali comme une menace existentielle.
Pourtant, selon le dernier rapport des experts de l’ONU, les FDLR ne compteraient plus qu’environ 1.000 combattants début 2025. Un effectif réduit, mais que l’armée congolaise (FARDC) aurait continué à utiliser comme force supplétive contre le M23. Une stratégie à haut risque qui, toujours selon l’ONU, aurait causé d’importantes pertes dans les rangs des FDLR.
Un anniversaire sous tension régionale
Cette journée de célébration intervient dans un contexte particulièrement tendu. Alors que les combats font rage dans le Nord-Kivu, chaque camp campe sur ses positions :
- Le Rwanda dénonce la présence des FDLR et se présente en victime potentielle
- La RDC accuse Kigali de soutenir le M23 et d’ingérence
- La communauté internationale, elle, peine à trouver une issue à cette crise
Entre mémoire douloureuse du génocide et realpolitik régionale, Paul Kagame a donc choisi son camp. Un message clair envoyé à ses détracteurs, mais qui risque fort de ne pas apaiser les tensions dans cette région en proie à une instabilité chronique.


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