Lors d’une conférence internationale à l’ONU coorganisée avec l’Arabie saoudite, la France a réaffirmé ce lundi son soutien sans équivoque à la création d’un État palestinien, quelques semaines avant une possible reconnaissance officielle en septembre. Le contexte reste tendu, entre guerre à Gaza, divisions internationales et espoirs fragiles de paix.
Paris réaffirme son cap diplomatique : un État palestinien aux côtés d’Israël
« Seule une solution politique à deux États permettra de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens à vivre en paix et en sécurité. Il n’y a pas d’alternative », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à l’ouverture d’une conférence de trois jours à New York, organisée conjointement avec l’Arabie saoudite.
Cette rencontre diplomatique survient quelques jours après que le président Emmanuel Macron a annoncé qu’il reconnaîtrait officiellement l’État de Palestine en septembre.
Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Jean-Noël Barrot a ajouté que d’autres pays européens devraient également annoncer leur intention de reconnaître la Palestine durant cette conférence, sans en préciser la liste.
Un appel pressant des Palestiniens à la communauté internationale
« Tous les États ont la responsabilité d’agir maintenant », a lancé le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa, en appelant à l’envoi d’une force internationale pour soutenir la création de l’État palestinien. « Reconnaissez l’État de Palestine sans délai », a-t-il insisté.
La France espère notamment un geste similaire du Royaume-Uni. Vendredi dernier, plus de 200 députés britanniques ont exprimé leur soutien à la reconnaissance de la Palestine. Mais le Premier ministre Keir Starmer a tempéré ces espoirs, affirmant que cette reconnaissance devait s’inscrire « dans un plan plus large ».
Une reconnaissance déjà majoritaire à l’ONU
Selon une base de données compilée par l’AFP, au moins 142 des 193 États membres de l’ONU — dont la France — reconnaissent aujourd’hui l’État palestinien, proclamé en 1988 par les dirigeants palestiniens en exil.
L’histoire de ce conflit remonte à la fin des années 1940. En 1947, l’Assemblée générale de l’ONU votait le partage de la Palestine, alors sous mandat britannique, en deux États : l’un juif, l’autre arabe. Israël a été proclamé en 1948.
Depuis, le principe d’une solution à deux États fait consensus chez la majorité des membres des Nations unies. Pourtant, cette perspective semble aujourd’hui plus menacée que jamais.
Guerre à Gaza : un avenir géographiquement compromis pour l’État palestinien ?
Plus de 21 mois après le début de la guerre à Gaza, le conflit s’est enlisé. L’extension continue des colonies israéliennes en Cisjordanie et les discours israéliens en faveur de l’annexion de territoires occupés font craindre qu’un État palestinien viable sur le terrain ne soit plus possible.
Le conflit s’est intensifié après l’attaque meurtrière du Hamas contre Israël, suivie d’une riposte militaire massive qui a fait des dizaines de milliers de morts côté palestinien.
« La perspective d’un État palestinien n’a jamais été aussi menacée… ni aussi nécessaire », a estimé Jean-Noël Barrot.
Des enjeux multiples au cœur de la conférence
Outre la question de la reconnaissance, la réunion internationale aborde trois axes majeurs :
- la réforme de l’Autorité palestinienne,
- le désarmement du Hamas et son exclusion de la vie politique palestinienne,
- et la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes.
Si aucun nouvel accord de normalisation n’est attendu selon une source diplomatique française, Jean-Noël Barrot a affirmé que, pour la première fois, des pays arabes allaient condamner le Hamas et appeler à son désarmement.
Une conférence sous tension internationale
« Cette conférence offre une occasion unique de transformer le droit international et le consensus global en un plan concret, et de démontrer une volonté ferme de mettre fin à l’occupation et au conflit, au bénéfice de tous les peuples », a déclaré Riyad Mansour, ambassadeur palestinien à l’ONU, exhortant les participants à faire preuve de « courage ».
Ni Israël, ni les États-Unis ne participaient à cette conférence, alors que la pression internationale sur Israël s’intensifie pour mettre fin à la guerre à Gaza.
Malgré des « pauses tactiques » annoncées par l’armée israélienne dans certaines opérations, la situation humanitaire catastrophique à Gaza devrait occuper une place centrale dans les interventions des représentants des plus de 100 pays attendus.
Mais certains observateurs se montrent sceptiques. Bruno Stagno, responsable du plaidoyer chez Human Rights Watch, a averti que « de nouvelles platitudes sur la solution à deux États et le processus de paix ne feront rien pour faire avancer les objectifs de la conférence, ni pour arrêter l’extermination des Palestiniens à Gaza ».
Avec AFP



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