Accusé d’appartenir à un vaste réseau de pédocriminalité impliquant des mineurs en Afrique, Adrien B., figure locale de l’Oise, a été libéré par la justice après plusieurs mois de détention.
Un dossier explosif et des accusations d’une extrême gravité
Les faits reprochés sont lourds : traite d’êtres humains en bande organisée, proxénétisme aggravé et exploitation sexuelle de mineurs. Adrien B., 43 ans, avait été interpellé le 1er avril et placé en détention provisoire à la prison de la Santé, à Paris.
Mardi 12 août, la chambre de l’instruction de Paris a finalement ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, contre l’avis du parquet.
Proche du milieu forain et connu pour avoir été délégué Mister France Picardie, Adrien B. est une personnalité locale à Beauvais, où il côtoie régulièrement des figures publiques comme Cyril Hanouna.
Une affaire tentaculaire centrée sur un autre notable
L’enquête, menée par l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) et l’Office mineurs (OFMIN), cible surtout un autre suspect : Pierre R., un septuagénaire fortuné et propriétaire d’immeubles à Beauvais.
Cet homme est soupçonné d’avoir organisé au Sénégal et au Maroc des violences sexuelles sur de jeunes adolescents défavorisés, parfois filmées pour être diffusées dans les cercles pédocriminels.
Plus troublant encore, l’enquête évoque une volonté d’exposer volontairement les victimes au VIH. Pierre R. est poursuivi pour viols et administration de substance nuisible sur mineurs de moins de 15 ans. Il est toujours incarcéré.
Des liens compromettants et des « parties fines »
Les investigations téléphoniques ont révélé des échanges troublants entre Pierre R. et son entourage. Ces découvertes ont conduit les enquêteurs à s’intéresser à Adrien B., présenté comme un proche participant à des soirées privées et suspecté d’avoir eu connaissance du réseau.
La défense dénonce une « culpabilité par contagion »
Son avocat, Me Réda Ghilaci, dénonce un amalgame :
« Mon client, qui n’est accusé par personne dans cette affaire, semble souffrir d’une responsabilité par contagion du fait de sa proximité avec un autre mis en examen, transformée en promiscuité pénale. Ce raisonnement ne tient pas. »
Le pénaliste se félicite de la décision de la chambre de l’instruction :
« L’information judiciaire peut se poursuivre sans que mon client – qui clame son innocence – ne soit entre les murs d’une prison. Il est combatif malgré les séquelles de plusieurs mois d’enfermement et la violence des accusations. »
Une affaire loin d’être close
Si Adrien B. a retrouvé la liberté, il reste mis en examen et sous contrôle judiciaire strict. L’enquête sur ce réseau international de pédocriminalité se poursuit, avec encore de nombreuses zones d’ombre autour de ses ramifications en Afrique et en France.



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