Coup de tonnerre pour le commerce transatlantique : La Poste et plusieurs services postaux européens stoppent l’envoi de colis vers les États-Unis. En cause ? La disparition d’une exemption douanière vieille de plusieurs décennies, qui bouleverse le marché des petits envois.
La fin d’une règle qui change tout
À partir de ce lundi, La Poste ne prendra plus en charge la plupart des colis destinés aux États-Unis. Seules les lettres et documents continueront de franchir l’Atlantique. Derrière cette suspension brutale, une réforme américaine passée presque inaperçue mais aux conséquences immédiates : la fin de l’exemption “de minimis”, qui permettait aux colis de moins de 800 dollars d’entrer librement sur le territoire américain, sans droits de douane.
Chaque année, plus d’un milliard de ces petits paquets arrivaient aux États-Unis, représentant près de 65 milliards de dollars de marchandises. Mais cette porte d’entrée vient de se refermer. Résultat : les services postaux européens, pris de court, préfèrent appuyer sur pause.
Dans un communiqué, La Poste s’est défendue :
« Malgré des discussions avec les services douaniers américains, aucun délai n’a été accordé aux opérateurs postaux pour se réorganiser et mettre à jour leurs systèmes informatiques afin de se conformer aux nouvelles règles », explique l’entreprise.
Les envois de cadeaux, de commandes issues du commerce en ligne ou de simples biens personnels sont donc bloqués — pour une durée indéterminée.
Une suspension qui s’étend à toute l’Europe
La France n’est pas seule dans ce cas. L’Allemagne, l’Italie, la Suède ou encore le Danemark avaient déjà suspendu leurs expéditions dès samedi. L’Autriche s’apprête à le faire ce lundi, tandis que la Royal Mail britannique cessera à son tour les envois vers les États-Unis mardi.
Même les poids lourds de la logistique prennent des mesures radicales. DHL, le premier transporteur européen, a annoncé qu’il arrêtait d’accepter des colis à destination des États-Unis pour ses clients professionnels du Vieux Continent. « De nombreuses questions restent sans réponse, notamment sur la collecte future des droits de douane », a expliqué l’entreprise.
Cette nouvelle donne découle d’un accord commercial entre Washington et Bruxelles, instaurant une taxe de 15 % sur la quasi-totalité des biens européens expédiés vers les États-Unis. Jusqu’ici épargnés, les colis de faible valeur sont désormais concernés. Une décision qui s’inscrit dans la continuité de la politique américaine, initiée dès mai par l’administration Trump avec la fin de l’exemption pour les produits chinois.
Et l’avenir ? PostEurop, qui fédère 51 opérateurs postaux, tire la sonnette d’alarme : si aucune solution n’est trouvée d’ici le 29 août, l’ensemble de ses membres pourrait être contraint de geler à son tour les colis vers l’Amérique.



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