À quelques jours des manifestations prévues sous le mot d’ordre « Bloquons Tout », les autorités françaises assurent n’avoir détecté aucune ingérence étrangère massive. Mais plusieurs réseaux liés à l’étranger tentent malgré tout d’amplifier la mobilisation en ligne.
Ingérences opportunistes venues de l’étranger
Les services français rappellent qu’en avril dernier, Paris avait officiellement accusé les services de renseignement militaire russes d’avoir mené des cyberattaques contre des institutions françaises, la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017 et même des organisations liées aux Jeux olympiques de Paris 2024.
Dans ce contexte, la question d’une influence étrangère sur les manifestations du 10 septembre refait surface.
Une source gouvernementale, spécialisée dans les affaires numériques, a confié à Radio France qu’aucune « campagne massive » n’avait été détectée. Mais elle pointe des phénomènes d’« amplification opportuniste » liés à des réseaux attribués à l’Iran, la Russie et l’Algérie.
Des analystes du groupe français Projet Fox ont identifié des centaines de faux comptes sur X (ex-Twitter), diffusant des hashtags comme #10septembre2025 et #MacronDémission. Certains profils, liés à l’Iran, utilisent des images générées par intelligence artificielle et multiplient les appels aux blocages ou à la démission du président.
Les autorités citent aussi des « activités d’influence » venues de médias progouvernementaux en Azerbaïdjan, Russie, Turquie, Iran et Algérie. Le site algérien Alfadjr a par exemple publié un article décrivant une « France assiégée », évoquant pauvreté croissante et emprise du FMI. « Tout ce qui est exploitable est exploité », a confié un responsable à France Info, précisant que l’objectif n’était pas forcément d’intervenir directement, mais de relayer l’image d’une France fragilisée.
Une mobilisation avant tout intérieure
Pour les autorités, les appels à bloquer le pays le 10 septembre restent néanmoins d’origine largement domestique. Des collectifs militants français, comme Les Essentiels ou encore des groupes Indignons Nous actifs sur Telegram et Signal, portent ce mot d’ordre depuis mai.
La plateforme de veille Visibrain a bien détecté des traces d’« astroturfing » — ces campagnes qui se font passer pour des mouvements citoyens spontanés alors qu’elles sont financées par des organisations politiques ou économiques. Mais la majorité de cette activité émane surtout des cercles de gauche et d’extrême gauche français.
« Un post vu un million de fois peut n’avoir aucun effet, alors qu’une centaine de vues dans les bons réseaux peuvent tout changer », explique un expert. Pour l’heure, ces tentatives étrangères semblent marginales, d’autant que la mobilisation est déjà au cœur du débat public.
Sous la bannière « Bloquons Tout », les organisateurs prévoient grèves, blocages et manifestations afin de « paralyser » le pays. L’appel survient deux jours seulement après le vote attendu contre le Premier ministre François Bayrou et son budget d’austérité pour 2026.
Bien que comparé aux Gilets jaunes de 2018-2019, le mouvement paraît moins structuré et n’a émergé sur les réseaux qu’en juillet. Il est soutenu par certains syndicats comme la CGT et SUD, ainsi que par le parti de gauche radicale La France insoumise.
Les services de renseignement intérieurs redoutent des actions ciblant les transports, l’énergie et même des sites liés à la défense.


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