Le réclusion criminelle à perpétuité a été requise contre Dahbia Benkired, jugée par la cour d’assises de Paris pour le meurtre, le viol et la torture de Lola, 12 ans. La défense a plaidé coupable sauf pour la torture, et espère une peine moins lourde.
L’essentiel
- Le procès du meurtre de Lola, une adolescente de 12 ans tuée, violée et torturée le 14 octobre 2022, touche à sa fin. Le verdict doit être rendu ce vendredi 24 octobre 2025 après une semaine d’audience.
- L’accusée, Dahbia Benkired, jugée pour « meurtre et viol aggravés » et pour « torture et acte de barbarie » encourt la réclusion criminelle à perpétuité. C’est cette peine maximale qu’a requis l’avocat général ce vendredi en raison de « l’extrême dangerosité » de l’accusée. Il a également requis une interdiction du territoire français.
- « Dahbia Benkired est coupable. Elle est coupable de viol, elle est coupable de meurtre. Elle n’est pas coupable d’actes de torture et de barbarie », a déclaré l’avocat de la défense a déclaré lors de sa plaidoirie. Me Valois a également insisté sur les violences que sa cliente affirme avoir subi les présentant comme l’origine de troubles dont souffre l’accusée.
- Plusieurs experts psychiatres ont toutefois affirmé à la barre au cours du procès que l’accusée peut être considérée comme pénalement responsable de ses actes. Le femme de 27 ans ne souffre pas de « trouble psychique qui aurait aboli ou altéré son discernement », mais présente « une haute tendance à la psychopathie ».
- Le jury, composé de six civils et de trois magistrats professionnels, s’est retiré pour délibérer et répondre aux six questions sur la culpabilité de l’accusée. Il doit rendre son verdict en fin de journée.
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15:38 – Les conditions pour que Dahbia Benkired soit condamnée au procès du meurtre de Lola.
Dans un procès à la cour d’assises, la condamnation d’un accusé ne peut être prononcée que si elle est soutenue à la majorité de sept voix sur les neufs membres du jury lors d’un jugement en première instance selon l’article 359 du Code de procédure pénale. Dans le cas du procès de Dahbia Benkired pour le meurtre de Lola, les jurés doivent répondre à six questions et l’accusée sera condamnée au non en fonction des réponses à ces questions qui portent distinctement sur le meurtre, le viol et la torture. Il faut qu’au moins sept jurés sur neuf jugent l’accusée coupable de chaque fait pour qu’elle soit condamnée à tout point de vue. Dès lors que trois jurés émettent des doutent sur la culpabilité de l’accusée sur une accusation, alors elle doit être relaxée du fait en question.
13:24 – Les jurés doivent répondre à six questions sur la culpabilité de Dahbia Benkired
Les jurés doivent à présent répondre à plusieurs questions concernant le meurtre de Lola et la culpabilité de Dahbia Benkired. Ils doivent statuer sur ces différents points : l’accusée a-t-elle tué l’adolescente ? L’a-t-elle violée ? Lui a-t-elle infligé des violences avant et pendant le meurtre se rendant ainsi coupable de torture ? A-t-elle fait preuve de barbarie ? Les réponses à chaque question détermineront la culpabilité de la jeune femme de 27 ans. S’ils la jugent coupables, les jurés devront s’accorder sur la peine de la condamnation à prononcer. S’ils la jugent innocente, l’accusée sera libérée.
13:09 – La séance est suspendue pour le délibéré
Après la longue plaidoirie de la défense et la dernière déclaration de l’accusée, la séance a été levée au procès du meurtre de Lola. Le jury s’est retiré pour aller délibérer. La séance reprendre à la cour d’assises de Paris pour le rendu du verdict attendu en fin de journée.
13:04 – « C’est horrible ce que j’ai fait » déclare Dahbia Benkired
Après les deux heures de plaidoiries de son avocat, Dahbia Benkired a pris une dernière fois la parole. « Je demande le pardon. C’est horrible ce que j’ai fait. C’est tout ce que j’ai à dire » a-t-elle déclaré après s’être levée dans le box des accusés.
12:58 – « Dahbia Benkired est coupable de viol et de meurtre », mais pas de torture selon son avocat
« On ne conçoit pas qu’une femme puisse commettre un tel acte, et dans l’histoire judiciaire, c’est déjà arrivé, mais c’est extrêmement rare », déclare Me Valois, qui estime que sa cliente a été « analysée comme un homme, alors que c’est une femme ». Il arrive à la fin de sa plaidoirie et résume l’affaire du meurtre de Lola : « C’est accepter que ça n’a rien à voir avec la sorcellerie (…). Ce passage à l’acte s’explique par des facteurs divers et variés. » « Il n’y a pas eu d’acte de torture et de barbarie. Pourquoi ajouter de l’horreur à l’horreur ? Pourquoi veut-on faire croire à la famille que leur enfant a forcément souffert d’acte de torture et de barbarie ? » « Dans ce dossier, vous avez une vérité nouvelle qui ne correspond pas à cette vérité qui vous a été assénée pendant trois ans et c’est très difficile de l’accepter », complète l’avocat.
« Dahbia Benkired est coupable. Elle est coupable de viol, elle est coupable de meurtre. Elle n’est pas coupable d’actes de torture et de barbarie » soutient l’avocat. « Elle n’est pas coupable de son existence, elle n’est coupable des traumatismes anciens dans son enfance qui ont ressurgi. Si vous acceptez cela, alors vous rendrez une décision de justice », conclut Me Valois.
12:45 – « L’acte de torture et de barbarie n’est pas caractérisé » soutient Me Valois
Après être revenu sur le déroulé précise des faits, l’avocat de Dahbia Benkired s’attarde sur le meurtre et assure sa cliente « ne peut pas tuer [Lola] de sang-froid car elle est lâche ». « Elle va se contenter si j’ose dire de la scotcher, de l’asphyxier, les mains, les pieds, le visage. Puis, elle part dans le salon, pour ne pas entendre les tremblements de l’enfant », déclare Me Valois. L’adolescente s’est évanouie et a agonisé 2 à 3 minutes avant de mourir selon les experts.
S’appuyant sur ces éléments, l’avocat tente de convaincre les jurés que la torture dont est accusée sa cliente n’est pas caractérisée. : « Vous êtes évanouie, vous ne ressentez plus rien. Votre corps fonctionne encore. Vous avez une activité cardiaque pendant 2 à 3 minutes mais vous ne ressentez plus rien (…) Il ne peut pas y avoir une souffrance aiguë, de douleur, l’acte de torture et de barbarie n’est pas caractérisé. » « Il y a une absence d’éléments matériels et intentionnels » et « il n’y a pas d’intention de faire souffrir » insiste l’avocat.
12:38 – Cet élément qui a été « détonateur » de Dahbia Benkired
Me Valois évoque tour à tour la consommation de drogue de l’accusée laquelle a pu engendré une « hyper paranoïa », une « hyper agressivité » ou « des hallucinations », la consommation de médicament et la prostitution de sa cliente. Autant d’éléments qui ont entraîné des troubles de la personnalité selon sa plaidoirie. Puis l’avocat de la défense en vient à l’ex-compagnon de Dahbia Benkired qui « la déshumanisait, la maltraitait ». Il rappelle que ce sont des SMS de cet homme qui auraient déclenché la haine de l’accusée qui voulait « se venger » : « Elle est remplie de haine, de colère, tout ce qu’elle veut, c’est de faire du mal. Elle ne peut pas faire de mal à l’homme qui exerce une emprise sur elle, mais elle va décharger sa haine » sur Lola, déroule l’avocat.
12:25 – L’avocat de Dahbia Benkired appelle les jurés à « se défaire des préjugés »
L’avocat de la défense revient sur l’enfance et les violences que Dahbia Benkired a subi ou dit avoir subi, notamment les violences sexuelles. Il évoque ensuite les conséquences du décès des parents de l’accusée sur cette dernière : une « perdition ». « Elle n’est plus cette Dahbia pudique, elle n’est plus cette Dahbia gentille, généreuse, elle n’est plus cette belle fille (…) Dahbia a changé depuis la mort de sa mère. Elle a un comportement bizarre, différent, incohérent. Elle parle toute seule, elle marmonne, elle déraille », poursuit Me Valois qui s’adresse ensuite aux jurés : « Il va vous être très difficile de vous défaire de vos préjugés ».
Et l’avocat déroule son argument expliquant que s’il n’y a rien dans le profil psychiatrique de sa cliente à même de justifier les crimes, il « y a un traumatisme ancien et enfoui qui pourrait expliquer la résurgence traumatique » énumérant une nouvelles les violences du père de Dahbia et les abus commis par ses tantes. « Voici ce qui caractérise les violences et qui construit une personnalité. Mais les experts expliquent que cela est insuffisant », complète-t-il.
12:18 – « De victime à bourreau, il n’y a parfois qu’un pas » : la plaidoirie de la défense
Après les réquisitions, l’avocat de Dahbia Benkired a pris la parole pour sa plaidoirei. « Plus la souffrance est grande, moins la justice est audible. Mais à travestir la vérité pour servir l’accusation, il a un risque de raisonnement simpliste qui serait le fondement à une décision qui ne saurait être de justice », déclare Me Valois. « Dans ce dossier il y a des certitudes : le constat de l’insoutenable. Mais cette certitude criminelle n’a pas de mobile sans l’acceptation d’une autre vérité : Dahbia Benkired n’était plus qu’une ombre fantomatique au gré de ses maltraitances et de son exploitation sexuelle » poursuit-il misant sur l’instabilité de l’accusée, malgré l’absence de troubles psychiatriques reconnus. « Vous ne serez pas seulement juge d’un acte criminel, mais vous serez juge de la vie de Dahbia Benkired. Car elle aussi en a eu une jusqu’à ce 14 octobre 2022. Et de victime à bourreau, il n’y a parfois qu’un pas », ajoute l’avocat de la défense.
10:55 – La réclusion criminelle à perpétuité requise contre Dahbia Benkired
L’avocat général requiert la réclusion criminelle à perpétuité incompressible à l’encontre de Dahbia Benkired pour le meurtre de Lola. Il a également requis une interdiction définitive de porter une arme, une interdiction d’exercer une profession au contact des enfants, une privation des droits d’éligibilité et une interdiction du territoire français.
10:48 – « Ces crimes sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité »
« Vous avez aujourd’hui à juger trois crimes qui par leur commission simultanée ouvrent des possibilités extraordinaires de la peine encourue ». « Vous allez devoir juger trois crimes marqués par une particulière cruauté, marqués par une totale gratuité, commis sur une jeune fille qui ignorait tout de Madame Benkired. Vous allez juger trois crimes qui ont fait basculer une famille dans une souffrance sans nom », poursuit l’avocat général à l’adresse des jurés. « Ces crimes sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité », souligne-t-il rappelant qu’il s’agit d’une « peine d’exclusion sociale pour protéger la société ».
10:42 – Dahbia Benkired « cherche à sauver sa peau »
Après avoir longuement évoqué les violences subies par Lola et reprochées à l’accusée, l’avocat général revient sur la fuite de Dahbia Benkired. « Est-ce qu’elle va se rendre, est-ce qu’elle va s’effondrer ? Pas du tout. Elle cherche à sauver sa peau », lance le magistrat. « Elle a réussi sa fuite, elle a trompé la police. […] La volonté de madame Benkired est très claire : sauver sa peau quitte à envoyer sa sœur au casse-pipe, quitte à mentir aux policiers ». La jeune femme avait d’abord feint la surprise et l’étonnement au moment de son interpellation.
10:37 – « Ces faits ne sont pas l’œuvre d’une malade mentale »
« Je vais vous demander de répondre oui aux six questions », déclare l’avocat général aux jurés en référence aux questions qui seront discutées durant le délibéré pour rendre un verdict. « Ces faits ne sont pas l’œuvre d’une malade mentale, d’un trouble de l’identité ou d’une bouffée délirante. Ces faits ont été réalisés en toute conscience, en toute connaissance de cause, par une femme déterminée », martèle l’avocat général.
10:36 – « Il n’y a rien à attendre des déclaratios de Dahbia Benkired »
« Pourquoi Lola et pas un autre enfant ? Pourquoi ce jour-là ? Pourquoi un tel déchaînement de violences ? » questionne l’avocat général. « Nous sommes suspendus aux explications de Dahbia Benkired qui en donnera 10, 20. En fonction de ses interlocuteurs, du public : des fantômes, des moutons, des ex que l’on accuse, la réminiscence d’un viol qu’elle aurait subi plus jeune, le Lyrica, médicament qu’elle aurait pris et qui l’aurait poussée au crime », poursuit-il s’attaquant aux déclarations de l’accusée. Puis, il s’adresse aux jurés : « N’entrez pas dans le jeu pervers de l’accusée. Mme Benkired est la seule à avoir les réponses. […] Il n’y a rien à attendre des déclarations de Mme Benkired ». Et le magistrat d’ajouter que l’accusée a fait fait du mal à Lola « pour assouvir ses pulsions sexuelles », « pour son plaisir ».
10:26 – Les « violences extrêmes » et le « sadisme » de Dahbia Benkired
L’avocat général insiste sur les « violences extrêmes » subies par Lola dans cette affaire : trois coups à la tête, 38 plaies sur le corps et plusieurs minutes d’agonie. « Les violences sont intervenues avant que Lola ne soit morte » soutient l’avocat souligne que « c’est la définition même de la torture ». Il évoque le « sadisme » de l’accusée qui chercher à asseoir sa domination sur une enfant qui « n’est plus là que pour le bon plaisir de sa tortionnaire ».
En savoir plus
C’est l’heure du verdict pour Dahbia Benkired. Cette femme de 27 ans est accusée du meurtre, du viol et de la torture infligée à Lola, une adolescente de 12 ans retrouvées morte dans une valise le 14 octobre 2022. Après une semaine de procès, le ministère public doit rendre ses réquisitions ce vendredi 24 octobre. La parole doit ensuite revenir aux avocats de la défense et à Dahbia Benkired avant que le jury composé des six jurés civils et de trois magistrats professionnels se retirent pour rendre le verdict également attendu ce vendredi. Dahbia Benkired encourt la peine maximal, soit la réclusion criminelle à perpétuité.
Le procès qui s’est ouvert le 17 octobre devant la cour d’assises de Paris doit permettre de faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à la mort de Lola. Ligotée et recroquevillée, la petite retrouvée dans une malle en plastique présentait plusieurs plaies importantes, notamment au niveau de la gorge. Les chiffres « zéro » et « un » étaient également inscrits sous ses pieds, et sa tête recouverte de ruban adhésif. La justice s’est aussi intéressée aux motivations de l’accusée et à son profil psychologique.
Aucun trouble psychique pour les experts
Si le profil de Dahbia Benkired a soulevé des questions concernant sa responsabilité, l’accusé est bien considérée comme pénalement responsable de ses actes après le passage à la barre de trois experts psychiatres. Ces dernier ont fait savoir que l’accusée ne souffrait pas de « trouble psychique qui aurait aboli ou altéré son discernement », Dahbia Benkired peut donc être jugée et condamnée. En effet, les médecins ont conclu qu’il n’existait aucune « pathologie psychiatrique » ni d’éléments en lien avec la psychose, de trouble anxieux ou de trouble de l’humeur permettant de la déclarer comme irresponsable de ses actes, rapporte RTL. Alors que le verdict est attendu dans les prochaines heures, vendredi 24 octobre, Dahbia Benkired encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un récit glaçant lors de ses auditions
Tout au long de son procès, Dahbia Benkired a répondu aux différentes questions qui lui ont été posées pour expliquer son terrible geste. Si, dès les premières auditions, l’accusée a exprimé ses regrets, cette dernière a également tenu à rejeter la faute de son passage à l’acte sur son ex-petit ami, Mustapha. « Je voulais simplement faire du mal à Mustapha et je me suis vengé sur la petite. C’était une personne plus faible que moi, je ne l’ai pas choisie, c’est venu comme ça d’un coup. Mais j’avais rien contre elle », a-t-elle ainsi expliqué depuis son box. Et d’ajouter : « J’ai fait n’importe quoi et je le regrette. » Détaillant également dans un récit glaçant, parfois incohérent, les sévices qu’elle a fait subir à la petite fille, Dahbia Benkired a notamment expliqué qu’elle ne voulait pas la tuer, mais seulement « faire du mal à quelqu’un ». « Mais vu que je l’avais violée, autant la tuer », a-t-elle encore expliqué.
Restée digne durant les différentes audiences, la famille de Lola, et notamment sa mère Delphine, a craqué devant la cour d’assises de Paris après avoir livré un témoignage bouleversant. Évoquant, d’une voix tremblante, sa fille comme « une jeune fille sociale, aimante, heureuse de vivre, naïve, toujours prête à aider son prochain », cette dernière, face aux jurés, a toutefois tenu à s’adresser lors du procès directement à l’accusée. « Qui aurait pu imaginer ce qu’il s’est passé quand Lola a croisé ce monstre, cette chose », a-t-elle déclaré avant de demander à la justice de prononcer « rien d’autre que la perpétuité » à l’encontre de Dahbia Benkired, rapporte La République du Centre. Expliquant que son mari et père de Lola était « mort de chagrin », la mère de la jeune fille, combattante, a encore déclaré : « Cette chose ne nous enlèvera pas l’amour de notre famille. Je demande à la justice de faire le nécessaire pour que cette chose soit enfermée toute sa vie. »
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