À Libreville, la Cour criminelle spéciale a ouvert ce lundi le procès très attendu visant Nourredine Bongo Valentin et sa mère, l’ex-Première dame Sylvia Bongo. Tous deux sont accusés de blanchiment de capitaux, de corruption et de falsification de signature dans une affaire qui secoue l’après-Bongo.
Un procès sous haute tension à Libreville
Lundi matin, la Cour criminelle spéciale de Libreville a donné le coup d’envoi du procès pour détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux impliquant plusieurs figures proches de l’ancien pouvoir. Parmi les accusés figurent Nourredine Bongo Valentin, fils de l’ex-président Ali Bongo Ondimba, et sa mère, l’ancienne Première dame Sylvia Bongo.
Selon les autorités judiciaires, ils sont poursuivis aux côtés d’anciens membres influents de la “Young Team”, le cercle rapproché du pouvoir d’Ali Bongo, dont Mohamed Ali Saliou, ex-directeur de cabinet du chef de l’État. Tous font face à de lourdes accusations : blanchiment de capitaux, corruption et falsification de la signature présidentielle.
Mais aucun d’eux n’a comparu. Les principaux accusés ont quitté le Gabon en mai dernier, dans le sillage d’un accord supposé avec les autorités. Ils sont donc jugés par contumace, une absence qui jette une ombre sur le déroulement du procès. Leurs avocats, pour leur part, ont décidé de boycotter les audiences. Dans une déclaration transmise à la presse, la défense dénonce “une parodie de justice”, estimant que les droits fondamentaux de leurs clients n’ont pas été respectés.
Les dessous d’une affaire emblématique
Le procès, qui devrait se poursuivre jusqu’au 14 novembre, vise à faire la lumière sur un système de corruption présumé ayant marqué les dernières années du régime Bongo. Pour le ministère public, il s’agit d’un dossier emblématique, symbole d’un pouvoir familial soupçonné d’avoir confondu intérêts privés et affaires de l’État.
Arrêtés une première fois le 30 août 2023, quelques jours après le coup d’État qui a renversé Ali Bongo, Sylvia Bongo et son fils affirment avoir été victimes de mauvais traitements. Selon leurs proches, ils auraient été détenus et torturés dans les sous-sols de la présidence avant de pouvoir quitter le territoire pour Londres en mai dernier.
Ces accusations de sévices et de détention arbitraire ajoutent une dimension sensible à ce dossier déjà explosif. Pour le Gabon, ce procès représente autant un test de transparence qu’une manière de solder les comptes d’un demi-siècle de pouvoir dynastique.



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