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Pourquoi l’Institut Pasteur surveille de très près l’épidémie de grippe aviaire

Pourquoi l’Institut Pasteur surveille de très près l’épidémie de grippe aviaire

Avec la hausse des cas de grippe aviaire chez les animaux, dont plusieurs mammifères, les experts de l’Institut Pasteur redoublent d’attention pour éviter toute surprise chez l’humain.

À l’Institut Pasteur, la tension est palpable. Les scientifiques observent, scrutent, analysent… Car la grippe aviaire circule largement chez les oiseaux, progresse chez certains mammifères, et cette évolution fait craindre un passage chez l’humain. Un scénario que les spécialistes veulent absolument anticiper.

Une menace prise très au sérieux

Les avertissements se multiplient. « Le scénario catastrophe serait l’adaptation à l’homme d’un de ces virus d’origine aviaire, H5 ou autre, qui serait capable de se transmettre d’homme à homme et pourrait provoquer une pandémie grippale dans la population humaine », explique Marie-Anne Rameix-Welti. La chercheuse dirige à Paris le Centre national de référence des virus respiratoires, structure intégrée à l’Institut Pasteur et chargée de surveiller d’éventuels cas de grippe aviaire chez l’humain.

Elle précise même : « Une pandémie grippale serait probablement assez sévère, potentiellement même plus sévère que la pandémie [de Covid] que nous avons vécue », des propos relayés par La Tribune. Un constat qui illustre la prudence extrême adoptée par les spécialistes.

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Un peu plus loin, le directeur général de la santé, Didier Lepelletier, livre un message tout aussi préoccupant lors d’un point presse : « La saison 2025-2026 (…) semble plus défavorable que les deux précédentes. » En Europe, plus de 200 foyers de grippe aviaire ont déjà été repérés dans les élevages. En France, une soixantaine de cas touchent les volailles, un niveau supérieur à celui des années précédentes.

Une circulation du virus qui s’étend chez les mammifères

Depuis plus de deux ans, une vaste épizootie frappe oiseaux, mammifères et, plus rarement, quelques humains. Ces rares cas humains concernent principalement des personnes ayant été exposées directement à des animaux contaminés – volailles, vaches laitières – ou à des environnements très chargés en particules virales.

Pour l’instant, ces infections reposent sur des contaminations directes depuis les animaux. Mais l’augmentation des cas chez les mammifères change la donne. En mai, l’Organisation mondiale de la santé animale a rappelé que cette évolution accroît les probabilités de voir le virus s’adapter et, potentiellement, se transmettre entre humains.

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La France n’a détecté aucun cas humain, contrairement à l’Amérique du Nord ou à l’Asie du Sud-Est (États-Unis, Cambodge, Bangladesh…), mais les spécialistes restent vigilants. L’Hexagone se situe sur d’importantes routes migratoires et compte plusieurs animaux sauvages infectés, ainsi que des élevages touchés.

Lorsque la grippe aviaire atteint un humain, les symptômes ressemblent à ceux d’une grippe classique. Sauf que les personnes exposées ne bénéficient d’aucune immunité spécifique. Des vaccins existent toutefois pour limiter les risques. Depuis 2002, sur 876 cas humains recensés en Europe, 458 personnes ont perdu la vie.

Une surveillance continue dans les laboratoires parisiens

Depuis janvier 2025, le Centre national de référence de Paris a examiné une cinquantaine de suspicions dans la moitié nord du pays. À l’échelle nationale, on approche d’une centaine de cas suspects. Tous se sont révélés négatifs.

Dans l’un des laboratoires sécurisés – un espace étroit, vitré par endroits, où l’air expulsé est soigneusement filtré –, les manipulations sont réalisées par deux scientifiques équipés de combinaisons intégrales, masques FFP2, gants et surchaussures. Ils analysent des échantillons issus de prélèvements naso-pharyngés, potentiellement porteurs du virus H5N1. « Ils prennent ce liquide, le partagent en plusieurs tubes, en gardent une partie – qui sera congelée à -80 °C pour revenir dessus ensuite – et font plusieurs étapes de biologie moléculaire pour détecter, ou pas, le virus recherché », décrit Vincent Enouf.

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Les équipes utilisent des outils largement éprouvés depuis la crise du Covid : PCR, séquençage haut débit… « Le séquençage, on est capables de le faire dans les 24 heures suivant réception de l’échantillon », explique encore Marie-Anne Rameix-Welti. Cet examen permet d’identifier le virus précis, ses mutations éventuelles et sa sensibilité aux antiviraux.

Parallèlement, l’Institut Pasteur élabore aussi des tests sérologiques capables de repérer une infection passée via la présence d’anticorps dans le sang.

Le scénario d’une transmission entre humains reste, pour l’heure, la situation la plus redoutée. Pour y parvenir, le virus devrait franchir plusieurs étapes de mutations et pourrait, selon les spécialistes, utiliser un hôte intermédiaire comme le porc. « Si ce virus se met à circuler dans des élevages porcins, ce sera un facteur d’alerte », prévient la responsable du CNR.

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