Des agents fédéraux américains travaillant avec l’ICE ont abattu un homme dans la ville de Minneapolis, au Minnesota, le samedi 24 juin. Si les autorités fédérales évoquent une situation de légitime défense , des vidéos prises à des témoins remettent en cause cette version des faits.
La tension est à nouveau montée d’un cran à Minneapolis, ville du Minnesota aux États-Unis, après de nouveaux tirs effectués par des agents fédéraux de l’ICE, la police anti-immigration. Des tirs qui ont entrainé la mort d’un homme, un Américain de 37 ans nommé Alex Pretti, a indiqué le chef de la police de la ville, Brian O’Hara cité par CNN.
Les autorités fédérales américaines ont évoqué une situation de « légitime défense » des agents de police après l’annonce de la mort d’Alex Pretti. Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) rapporte sur X que la victime « s’est approchée avec un pistolet de 9 mm semi-automatique » des agents de la Border Patrol, la police aux frontières, qui « menaient une opération ciblée à Minneapolis contre un étranger en situation irrégulière recherché pour agression violente », en soutien de l’ICE. Les policiers ont alors tenté de désarmer le suspect qui a « violemment résisté » ajoute le DHS.
Selon cette même version, un agent « craignant pour sa vie » a ouvert le feu et mortellement touché l’Américain de 37 ans qui « était en possession de deux chargeurs et n’avait aucune pièce d’identité ». « Cela ressemble à une situation dans laquelle un individu voulait faire un maximum de dégâts et massacrer des forces de l’ordre », insiste le communiqué du ministère, accompagné d’une photo présentée comme celle de l’arme que portait la victime. Le DHS ajoute enfin que les secouristes ont immédiatement prodigué les premiers soins à Alex Pretti, mais que le décès a été constaté sur les lieux ».
At 9:05 AM CT, as DHS law enforcement officers were conducting a targeted operation in Minneapolis against an illegal alien wanted for violent assault, an individual approached US Border Patrol officers with a 9 mm semi-automatic handgun, seen here.
The officers attempted to pic.twitter.com/5Y50mYONGH
— Homeland Security (@DHSgov) January 24, 2026
La « légitime défense » remise en cause par les vidéos des tirs
Cette version des faits est toutefois remise en cause par plusieurs vidéos filmées par des témoins de la scène, dont certaines authentifiées par les autorités. Les images montrent plusieurs agents de police se démener pour immobiliser Alex Pretti au sol avant de le frapper à plusieurs reprises. Un premier tir est effectué avant que les policiers s’éloignent de la victime allongée dans la rue et que plusieurs coups soient à nouveau tirés.
L’analyse des images par média d’investigation Bellingcat indique que les agents de police sont se éloignés de la victime avec un pistolet semblable à l’arme photographiée par le DHS « quelques instants avant que le premier coup ne soit tiré », sous-entendant que les tirs ont visé un homme désarmé. « Deux agents différents tirent manifestement avec leurs armes et au moins dix coups sont tirés au total », ajoute Bellingcat précisant que « la plupart » des tirs ont eu lieu alors que « l’homme était déjà allongé au sol immobile ». L’analyse de Bellingcat contredit le thèse de la légitime défense, comme celle du New York Times qui souligne que les vidéos analysées montrent qu’Alex Pretti n’avait pas sorti son arme.
Une enquête réclamée, l’ICE vivement contestée
Le gouverneur du Minnesota et ex-colistier de Kamala Harris à la dernière élection présidentielle, Tim Walz, a dénoncé « de nouveaux tirs atroces » par des agents fédéraux. « Je viens juste de parler à la Maison Blanche après de nouveaux tirs atroces par des agents fédéraux ce matin. Le Minnesota en a assez. C’est ignoble », a déclaré l’élu démocrate sur le réseau social X après la mort d’Alex Pretti. Accusant l’ICE de semer « le chaos et la violence », le gouverneur a demandé à ce que l’enquête soit chapeautée par les autorités locales et non fédérales. Le maire de Minneapolis, Jacod Frey, a lui appelé Donald Trump à mettre fin aux opérations de l’ICE. Des réclamations balayées par le président américain sur Truth Social : « Le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante ».
I just spoke with the White House after another horrific shooting by federal agents this morning. Minnesota has had it. This is sickening.
The President must end this operation. Pull the thousands of violent, untrained officers out of Minnesota. Now.
— Governor Tim Walz (@GovTimWalz) January 24, 2026
Mais plusieurs élus républicains réclament également une enquête sur la mort d’Alex Pretti. Le sénateur de Louisiane, Bill Cassidy, a appelé à une enquête conjointe, locale et fédérale estimant que « la crédibilité de l’ICE et du DHS sont en jeu ». Si les élus républicains pointent les politiques démocrates, certains comme le sénateur du Nebraska Pete Ricketts que l’événement de Minneapolis est une « situation horrible » nécessitant une « enquête prioritaire et transparente ».
Les événements de Minneapolis renforcent l’opposition d’une partie de la population américaine à l’ICE. Des manifestations contre la police de l’immigration avaient déjà lieu à Minneapolis après la mort de Renee Good, une femme de 37 ans tuée au volant de sa voiture par un agent de l’ICE le 7 janvier, toujours à Minneapolis,
Qui est la victime ?
Alex Pretti, un Américain de 37 ans, a donc été abattu. L’homme tué travaillait comme infirmier en soins intensifs dans un hôpital. Selon sa famille, « c’était un homme bon ». Il a déjà participé à d’autres manifestations, notamment celles qui ont suivi la mort de Renee Nicole Good, tuée par un policier de l’immigration à Minneapolis début janvier, ou de George Floyd, abattu par un policier en 2020.
Alex Pretti n’était pas connu des services de police. Des membres de l’administration Trump ont qualifié Alex Pretti de « terroriste intérieur ». « Les mensonges écoeurants proférés par l’administration à propos de notre fils sont répréhensibles et répugnants », a réagi sa famille.
08:54 – Des vidéos de la mort d’Alex Pretti remettent en cause la thèse de la « légitime défense »
Alors que les autorités fédérales assurent que les agents de la police aux frontières et ceux de la police de l’immigration ont fait usage de la « légitime défense » en tirant mortellement sur Alex Pretti, des vidéos de la scène filmées par des témoins et analysées par des médias américains remettent en cause cette version des faits. Le média indépendant Bellingcat avance que les tirs des agents ont été effectuées après le désarmement de l’Américain de 37 ans et alors que celui-ci était immobilisé au sol. Une version des faits soutenue par le New York Times qui a également examinées plusieurs vidéos.
25/01/26 – 17:02 – « Il voulait aider les gens » : les mots touchants d’un collègue d’Alex Pretti
Plusieurs proches d’Alex Pretti ont pris la parole après la mort de cet infirmier qui a provoqué une onde de choc à Minneapolis et aux États-Unis. Dimitri Drekonja, collègue et chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital où travaillait l’homme de 37 ans, a notamment réagi. « Il voulait aider les gens », a-t-il souligné selon The Guardian. Il a salué le travail du trentenaire auprès de ses patients, le décrivant comme un infirmier « exceptionnel ». « C’était vraiment quelqu’un de bien », a également affirmé Dimitri Drekonja.
25/01/26 – 15:45 – Retour sur la mort de Renee Nicole Good
La ville de Minneapolis a donc été secouée par la mort d’Alex Pretti, abattu par des agents de l’ICE. Début janvier, Renee Nicole Good, une mère de famille de 37 ans, avait été tuée à bord de son véhicule par l’ICE. À l’image de la mort d’Alex Pretti, plusieurs versions s’étaient opposées après les faits. Alex Pretti avait d’ailleurs manifesté après le décès de la mère de famille. Renee Nicole Good a été tuée par plusieurs balles, dont une reçue au niveau de la tête, selon Fox News.
25/01/26 – 13:56 – « Je ne l’ai pas vu avec une arme » : le témoignage d’un témoin de la scène
Les circonstances de la mort d’Alex Pretti sont au centre de nombreuses interrogations. L’administration Trump a affirmé que les policiers étaient dans une situation de légitime défense. Cette version des autorités a été critiquée et contredite. BFMTV évoque le témoignage d’une femme qui a parlé sous serment au tribunal fédéral du Minnesota. « Il n’avait pas l’air de résister, il essayait juste d’aider la femme à se relever. Je ne l’ai pas vu armé », a-t-elle notamment souligné. Elle a accusé les autorités de ne pas dire la vérité autour de la mort d’Alex Pretti. « Quatre ou cinq agents l’ont maintenu au sol et ils ont commencé à lui tirer dessus. Ils lui ont tiré dessus tellement de fois… Je ne comprends pas pourquoi ils lui ont tiré dessus. Il aidait, c’est tout », a déclaré cette femme.
Donald Trump a réagi sur sa plateforme Truth Social. « Le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante », a lancé le président américain. Selon le locataire de la Maison-Blanche, la police de l’immigration doit être laissée tranquille afin qu’elle puisse « faire son boulot ». De son côté, le maire de Minneapolis a lancé un message au président américain. « Président Trump : c’est un moment où il faut se comporter en leader. Faites passer Minneapolis, faites passer l’Amérique d’abord. Rétablissons la paix. Mettons fin à cette opération », a réclamé Jacob Frey lors d’une conférence de presse.
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