La garde à vue des onze personnes interpellées touche à sa fin ce jeudi. Elles devraient commencer à être présentées à un juge à Lyon en fin de journée pour de potentielles mises en examen.
L’essentiel :
- Quentin Deranque, un militant nationaliste a été battu à mort jeudi 12 février en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon pendant qu’il assurait la sécurité des membres du collectif Némésis venus pour mener une action de contestation.
- Ce jeudi 19 février, les gardes à vue des onze personnes interpellées dans le cadre de l’enquête sur la mort du militant nationaliste touchent à leur fin. Elles devraient commencer à être présentées à un juge à Lyon en fin de journée pour leur éventuelle mise en examen. Certains font l’objet de fiches S.
- Sept sont soupçonnés d’avoir joué un rôle direct dans les violences et sont en garde à vue pour « homicide volontaire, violences aggravées » et « association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Les quatre autres le sont pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches ».
- Parmi les 11 suspects figurent trois anciens collaborateurs de l’élu du LFI du Vaucluse Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifasciste la Jeune Garde, dissous par le ministère de l’intérieur en juin 2025 pour actions violentes : un ancien stagiaire du député LFI et surtout deux assistants parlementaires, Jacques-Elie Favrot, et Robin C.
- De leur côté, les parents de la victime appellent au « calme et à la retenue » a indiqué leur avocat sur RTL ce jeudi. Ils ne participeront pas samedi à une marche en hommage à leur fils et « souhaitent que si des personnes veulent s’agréger à cette initiative, qu’elles le fassent dans le calme, dans la retenue et sans expression politique », a déclaré Fabien Rajon.
En direct
09:44 – Deuxième assistant LFI mis en cause, Robin C. opérait aux côtés de Jacques-Elie Favrot
Robin Chalendard est le deuxième assistant parlementaire de la France insoumise à avoir été interpellé mardi. Il a fait l’objet d’une fiche de renseignement territorial, que Le Figaro a pu consulter en exclusivité. Au sein du collectif « Réseau Lycéen Haute-Loire », il a pu « pousser à son paroxysme les limites de l’expression syndicale lycéenne », peut-on lire sur la fiche du renseignement territorial, avant de rejoindre la Jeune Garde.
Il devient même le « principal architecte d’initiatives antifascistes menées sous le patronage de la Jeune Garde Lyon, notamment sur la période 2022-2023 », poursuit le renseignement territorial dans sa fiche. Il opérait déjà aux côtés de Jacques-Elie Favrot, notamment lors d’une «démonstration de force menée le 22 juillet 2023» au Puy-en-Velay. Depuis plus d’un an, « sa présence sur des événements n’est plus constatée ». « Il paraît avoir suivi son mentor Raphaël Arnault, ancien leader de la Jeune Garde et parvenu à la députation en 2024, entérinant son éloignement effectif du département ». Il est également enregistré à l’Assemblée nationale sous le pseudonyme « Robin Michel », révèle le quotidien.
09:03 – Qui est Jacques-Elie Favrot, alias « Jef » ?
Membre du mouvement antifasciste la Jeune Garde et proche d’un député de LFI, Jacques-Elie Favrot est l’une des sept personnes suspectées d' »homicide volontaire » après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon. Il a reconnu « sa présence sur les lieux » et « la commission de violences » à l’encontre de Quentin Deranque la semaine dernière, selon son avocat cité par France Info mercredi. En revanche, « il a indiqué qu’il n’était pas l’auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque ».
08:53 – Les parents de Quentin Deranque appellent « au calme et à la retenue »
Alors que les gardes à vue concernant les 11 interpellées dans le cadre de l’enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque se terminent ce jeudi après-midi, les parents de ce dernier appellent au « calme et à la retenue » a indiqué leur avocat sur RTL. « La famille dénonce toute forme d’appel à la violence. Toute forme de violence politique » et appelle « au calme et à la retenue », a déclaré Fabien Rajon. Ils ne participeront pas samedi à une marche en hommage à leur fils et « souhaitent que si des personnes veulent s’agréger à cette initiative, qu’elles le fassent dans le calme, dans la retenue et sans expression politique », dit-il.
08:50 – Raphaël Arnault ne sera « certainement pas » exclu ou suspendu du groupe LFI à l’Assemblée, assure Bompard
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, ne change pas de ligne concernant le député Raphaël Arnault. Il persiste et signe ce matin sur France Info : « Je défends les groupes antifascistes qui font de l’auto défense », insiste-t-il au sujet du co-fondateur de la Jeune Garde, au coeur de vives polémiques ces derniers jours. Raphaël Arnault ne sera « certainement pas » exclu ou suspendu du groupe LFI à l’Assemblée, assure le parlementaire.
Le 12 février dernier, Quentin Deranque a été « jeté et frappé au sol à de nombreuses reprises par plusieurs hommes. Lors de sa conférence de presse du lundi 16 janvier, le procureur de la République de Lyon a précisé qu’une enquête criminelle des chefs d’homicide volontaire et une enquête délictuelle pour violences aggravées par trois circonstances (réunion, marqué et porteur d’arme) et du chef d’association de malfaiteurs en vue de commettre un délit punis de cinq ans d’emprisonnement sont en cours. De plus, l’autopsie du corps de Quentin Deranque a permis de déterminer qu’il présentait « des lésions à la tête, un traumatisme crânio-encéphalique majeur et mortel à brève échéance ».
Selon le gouvernement, le profil des responsables de l’agression ne faisait pas vraiment de doute. Le ministre de l’Intérieur affirmait dès dimanche soir sur France 2 que « manifestement c’est l’ultragauche qui était à la manœuvre », pointant du doigt la possible implication du groupe antifasciste « La Jeune Garde ». Sans mettre en cause le mouvement, Emmanuel Macron a, lui, dénoncé un « déferlement de violence inouï ». « En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue », a écrit le chef de l’Etat sur X, appelant au calme. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin adopte le même discours que le ministre de l’Intérieur. « Aujourd’hui, c’est l’ultragauche qui a tué, c’est incontestable », a déclaré le garde des Sceaux, invité du Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6 dimanche.
« Nous n’avons rien à voir avec cette histoire », clame Jean-Luc Mélenchon
« Il n’y a pas de lien entre LFI et la Jeune garde », a insisté le député LFI Eric Coquerel sur RTL mardi 17 février. « Je ne sais s’il y avait des ex-militants de l’ex-Jeune garde dans ce qu’il s’est passé mais ça ne concerne pas, ça n’engage pas les liens que nous avons pu avoir », a-t-il surenchéri. Il a aussi dénoncé le « récit construit » sur LFI par des personnes allant de « l’extrême droite à Glucksmann ».
Ces accusations ont également fait bondir le leader historique du mouvement. « Nous n’avons rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent sont des calomniateurs », a réagi Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Montpellier. « Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches », a-t-il ajouté, soulignant avoir « dit des dizaines de fois que nous étions hostiles et opposés à la violence ». « La France insoumise ne porte aucune responsabilité » dans ce drame, a ainsi affirmé Manuel Bompard sur LCI, le coordinateur de LFI.
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