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Résultat de Catherine Trautmann aux municipales 2026 à Strasbourg : l’ancienne édile va-t-elle revenir 25 ans plus tard ?

Résultat de Catherine Trautmann aux municipales 2026 à Strasbourg : l’ancienne édile va-t-elle revenir 25 ans plus tard ?

Catherine Trautmann, candidate à l’élection municipale de Strasbourg, a bien l’intention de retrouver la place qu’elle avait en 2001. Elle fait face à de nombreux concurrents.

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Catherine Trautmann pourrait faire son grand retour lors de l’élection municipale à Strasbourg. Ce 15 mars, les habitants de la ville alsacienne peuvent voter pour celle qui a été leur maire de 1989 à 1997 et de 2000 à 2001. Forte de sa longue expérience en politique, elle écope d’une certaine renommée. Elle avait notamment relancé le tramway dans la commune de 295 000 habitants. Lors de la dernière élection municipale à Strasbourg en 2020, elle avait remplacé la tête de liste socialiste Mathieu Cahn en dernière minute et avait obtenu 20% des suffrages au premier tour. Catherine Trautmann présente cette année sa liste « Pour Strasbourg » qu’elle qualifie de « liste de rassemblement, d’engagement et de compétences » avec une équipe « sans étiquette unique ».

Lors de cette élection 2026, la conseillère municipale de 75 ans fait face à la maire sortante de 30 ans sa cadette, Jeanne Barseghian, qui a remporté le scrutin en 2020 avec 41,71% des suffrages. Parmi les autres principaux candidats, on retrouve le conseiller municipal LR Jean-Philippe Vetter, le candidat Horizons Pierre Jakubowicz, le conseiller départemental Florian Kobryn pour LFI et la députée européenne Virginie Joron pour le RN. C’est un nombre record de listes qui se présente à Strasbourg cette année : elles sont au nombre de 12.

Les résultats de Catherine Trautmann dans les sondages des municipales de 2026

Avec la pluralité de candidatures, le résultat de l’élection municipale à Strasbourg est encore plus incertain. La France insoumise et le RN ont, lors des élections législatives en 2024, fait de bons scores, mais l’élection municipale reste très différente, les habitants se concentrant sur le maire et pas sur l’échelle nationale. Dans les différents sondages réalisés et publiés avant la date butoir du vendredi 13 mars, Catherine Trautmann était placée en tête avec autour de 30% des intentions de vote, soit 10 points d’avance sur la maire sortante Jeanne Barseghian et le candidat de la droite Jean-Philippe Vetter. Ils se disputent la seconde place. Les listes de Virginie Joron et de Florian Kobryn pourraient parvenir à se qualifier pour le second tour. Une quinquangulaire est donc possible.

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Le second tour pourrait alors faire l’objet d’alliances. Or, Catherine Trautmann a déjà annoncé qu’elle ne ferait pas de coalition avec la liste écologiste ou avec celle de LFI. Pour le chercheur alsacien Sébastien Michon, « ce retour de Catherine Trautmann en première ligne peut surprendre, alors que beaucoup la voyaient en fin de carrière. C’est sa notoriété qui lui a permis de s’imposer. Mais, si elle est en bonne position pour le premier tour, elle n’a pas de réserve de voix pour le second », rapporte Ouest-France.

Les principales propositions de Catherine Trautmann pour Strasbourg

Le programme de Catherine Trautmann se concentre sur la sécurité, mais aussi sur les mesures sociales et la propreté de la ville. Elle estime que les électeurs de gauche sont désabusés par le mandat écoulé et prône donc le changement. L’ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin déplore notamment l’endettement doublé en six ans ainsi que la politique de mobilité. Elle se concentre donc aussi sur les transports avec la proposition de la création d’une « grande gare urbaine du 21e siècle », la transformation de la M35, la refonte du stationnement résidentiel et la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Elle souhaite aussi végétaliser la ville et encadrer les loyers.

Son adversaire de droite l’a attaquée sur l’onglet de la sécurité, pour lequel elle souhaite augmenter le nombre de policiers municipaux : « Elle peut parler sécurité, elle n’en fera pas. J’ai proposé en 2025 un texte anti-mendicité agressive. Le groupe socialiste ne l’a pas voté », a déclaré Jean-Philippe Vetter, comme le rapporte Les Echos. Il lui ai, par ailleurs, reproché « une déconnexion avec le terrain » par LFI. 

Un parcours strasbourgeois de longue date

La carrière politique de Catherine Trautmann a débuté à Strasbourg en 1983, lorsqu’elle est entrée au conseil municipal dans l’opposition, dans une ville alors traditionnellement ancrée à droite. 

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Née dans la capitale alsacienne, cette membre du Parti socialiste a consacré l’essentiel de sa vie publique à cette ville, accumulant les mandats locaux, nationaux et européens sur plus de quatre décennies. Elle a été maire de Strasbourg et présidente de la communauté urbaine de Strasbourg de 1989 à 1997, puis de 2000 à 2001, avant de siéger au Parlement européen à plusieurs reprises. Un engagement continu qui fait d’elle l’une des figures politiques les plus durables de la scène strasbourgeoise.

Sécurité, solidarité et démocratie locale : les axes forts de Trautmann

Catherine Trautmann promet, si elle est élue, un mandat « du redressement et de la réparation ». La sécurité constitue l’un des piliers de sa campagne. Elle souhaite augmenter les effectifs de la police municipale et multiplier les patrouilles, tout en renforçant la médiation. « Je compte augmenter la police municipale parce qu’elle même m’a dit ne pas être assez nombreuse pour répondre à cette tâche. Mais je souhaite aussi augmenter le nombre de médiateurs et le nombre d’éducateurs de rue. Parce qu’il n’y a pas de sécurité possible s’il n’y a pas les moyens », a-t-elle déclaré à ICI Alsace.

Elle propose également de « remettre en place la démocratie locale avec des adjoints de quartiers chargés d’un pouvoir d’initiative et de décision ». Enfin, elle défend la gratuité des transports pour les plus de 65 ans, estimant que « les plus âgés sont aussi les plus modestes ».

Une popularité conservée, malgré les années

À 75 ans, Catherine Trautmann suscite encore l’enthousiasme. Lors d’un déplacement sur le marché Broglie, les passants l’ont immédiatement reconnu et l’ont spontanément encouragé : « J’espère que vous allez gagner », a glissé l’un d’entre eux, comme le relate La Tribune du Dimanche.  « Je sens chez les Strasbourgeois une certaine affection », s’est réjouit la candidate du Parti socialiste.

François Hollande a lui-même salué en elle quelqu’un de « rassurante, réfléchie, courageuse », ajoutant qu' »elle incarne une forme de volonté et de fermeté » et lui trouvant « un côté Merkel, « Mutti » ». La comparaison a amusé l’ex-maire : « Il me compare à Merkel car je suis insubmersible On m’avait coupé la tête, elle a repoussé. Ça, ce n’est possible qu’en politique ».

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Une campagne offensive contre le bilan de la maire sortante

Catherine Trautmann n’a pas mâché ses mots contre la gestion sortante de Strasbourg. « Strasbourg va mal », a-t-elle déclaré à l’AFP, s’attaquant notamment au bilan sur les mobilités : « Ils ont fait de l’antivoiture une sorte de marque et ils ont pensé qu’ils effaceraient ce que j’avais fait à l’époque pour réduire la circulation automobile. Mais ils ont été incapables de faire un plan de circulation valable ». 

Un positionnement offensif qui s’inscrit dans une dynamique favorable : selon le journaliste Jules Scheuer du média Pokaa,  « chaque conférence de presse de l’opposition est l’occasion de dire que la ville a été très mal gérée, notamment sur le plan économique ». 

Si la campagne est restée « assez fair play » sur le terrain selon le journaliste, la dernière ligne droite a été marquée par des tensions. Le local de campagne de Jeanne Barseghian a été tagué avec des slogans menaçants, et une colistière LFI a été agressée et  « menacée de mort » dans le centre-ville le 6 mars. Un suspect a été placé en garde à vue le 9 mars par le parquet de Strasbourg.

Une liste ancrée à gauche, non sans polémiques

Le 24 janvier, Catherine Trautmann a dévoilé sa liste de 63 colistiers à la brasserie Louise, affirmant : « Mon équipe sera celle de la Ville, à son service. Je serai la maire de toutes et tous ». L’équipe est très ancrée au PS, avec notamment le député Thierry Sother, plusieurs anciens adjoints de l’ex-maire Roland Ries, ou encore la conseillère régionale Nawel Rafik-Elmrini. 

Mais la liste ne s’est pas constituée sans remous. En 8e position figure Mathieu Cahn, écarté en 2020 après une polémique liée à un blog de photos érotiques d’étudiantes. Il a justifié son retour en ces termes : « Aujourd’hui, si je m’engage sur cette liste, c’est dans un esprit clair : être utile à un projet collectif. J’intègre une équipe unie, prête à agir et tournée vers l’avenir ». Deux autres colistiers, Bahar Ceviz et Ahmet Yesil, ont également suscité des interrogations en raison de leurs liens avec la Ditib, organisation gérant 270 mosquées en France.

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