Bousculé par une alliance à gauche et un RN en embuscade, Olivier Galzi est en danger lors du deuxième tour des municipales à Avignon. La triangulaire dans laquelle il est engagée est très indécise ce dimanche 22 mars.
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Bien malin est celui ou celle capable de pronostiquer le résultat du second tour de l’élection municipale 2026 à Avignon. Il mettra aux prises trois listes : celle de l’ancien journaliste Olivier Galzi – arrivé en tête avec plus de 27% des suffrages au premier tour – mais également la candidate du Rassemblement national, Anne-Sophie Rigault, à plus de 25%. Enfin, les radicaux de gauche et LFI ont décidé de s’unir pour ce second tour, présentant une liste commune. David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) avaient respectivement réalisé des scores de 19,89% et 19,03%. De quoi envisager la victoire ce dimanche et doubler Olivier Galzi au dernier moment.
En effet, une surprise pourrait tout à fait arriver à Avignon. La gauche unie semble même partir avec un certain avantage en multipliant ses forces, à moins que le Rassemblement national ne créé une surprise encore plus importante, fort d’un bon score au premier tour et profitant d’une dynamique favorable dans le sud-est de la France. De son côté, le candidat sans étiquette candidat soutenu par Horizons et l’UDI, Olivier Galzi, espère barrer la route au RN lors du deuxième tour des municipales.
Pourtant, rien ne prédestinait cet ancien visage du petit écran à briguer l’Hôtel de Ville. Passé par France 2, puis par LCI et i-Télé, il a longtemps incarné l’information avant de rejoindre le secteur privé, où il occupe un poste de cadre dirigeant dans un groupe spécialisé dans l’ingénierie au service des collectivités. À 53 ans, il revient désormais dans la ville où il a grandi, étudié et où il réside depuis plusieurs années, avec l’ambition assumée d’en prendre les rênes et de mettre son carnet d’adresse au service d’Avignon.
« Sécurité, propreté, mobilité » : un programme ancré à droite
Pour rendre Avignon plus attractive, Olivier Galzi mise sur trois priorités : la sécurité, la propreté et la mobilité. Entre doublement des effectifs de la police municipale et équipement de tasers, il entend rendre à la police les moyens de combattre une ville en proie aux narcotrafiquants selon lui. L’installation de 100 caméras supplémentaires, intégrant de l’intelligence artificielle, viendra compléter ce dispositif sécuritaire afin de pallier les « défaillances » du système actuel de vidéoprotection selon lui. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux le 16 février, il affirmait qu’une soixantaine de caméras seraient hors service. Une accusation démentie par la municipalité en place, qui a assuré dans un communiqué que le dispositif fonctionnait correctement. Une controverse qui a contribué à tendre les relations avec David Fournier, adjoint au maire sortant et candidat socialiste aux municipales.
En matière de propreté, un « Monsieur ou Madame Propreté » sera chargé de centraliser les signalements afin d’améliorer la réactivité des services municipaux. La modernisation des équipements et le renforcement de la lutte contre les dépôts sauvages a également été cités. Côté mobilités, il entend revoir le « plan faubourgs » en concertation avec les habitants. Il propose de déplacer la gare routière hors du centre-ville afin de fluidifier la circulation et envisage la suppression de certains feux tricolores. Autre dossier majeur : la LEO, la liaison Est-Ouest, un projet de route nationale destiné à contourner Avignon par le sud et dont seule une partie a été réalisée à ce jour. Olivier Galzi compte peser politiquement pour obtenir les financements nécessaires afin de le finir.
Certains observateurs pointent toutefois un angle mort dans ce programme : l’absence de mesures sociales marquantes, alors que près de 33 % des habitants d’Avignon vivent sous le seuil de pauvreté. Un manque qui pourrait lui coûter des voix. La candidate de La France insoumise Mathilde Louvain dénonce un « projet politique qui occulte une grande partie des préoccupations des Avignonnaises et des Avignonnais ».
Renaissance tenu à distance de la liste d’Olivier Galzi
Si Horizons et l’UDI ont rejoint sa liste, Olivier Galzi a clairement fermé la porte au parti macroniste Renaissance. « Je ne suis pas soutenu par Renaissance et je ne demande pas ce soutien. Leur chef de file n’est pas dans mes équipes et il ne sera pas sur ma liste… Je ne saurais être plus clair », a-t-il déclaré lors de la présentation de son programme.
Cette décision laisse le pilote local de Renaissance, Julien Paudoie, sans piste d’atterrissage. Ce dernier n’a pas caché son amertume, comparant sur Facebook Olivier Galzi à « un gourou » au « récit parfaitement huilé ». Malika Di Fraja, ancienne présidente de Renaissance Vaucluse, applaudit pourtant le projet du candidat, révélant que le désaccord tient davantage à des questions de personnes qu’à des divergences programmatiques.
Une première campagne pour Oliver Galzi
À 54 ans, Olivier Galzi, ancien présentateur du journal de France 2 puis animateur sur LCI et i-Télé, s’est lancé dans sa toute première campagne électorale pour conquérir Avignon. Sa seule expérience électorale passée ? Son élection au conseil d’administration de l’université d’Avignon comme représentant des étudiants. « Entre une liste marquée à droite et une à gauche, on a gagné en disant qu’on était apolitique », raconte-t-il lui-même comme le rapporte Le Monde, y voyant presque un présage.
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